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Les apps pour optimiser votre temps #rentrée

LD
Lilas
11 septembre 2017

Pour se déconnecter, plus besoin de la seule force de votre volonté, il y a une app pour ça.

Pour gagner en concentration, éloigner votre smartphone de votre horizon immédiat est souvent la solution. Des récentes études accusent même les smartphones de participer au mal-être d’une génération. C’est dire si l’appareil est une redoutable source de distractions et d’éparpillement de notre cerveau. Parmi ces distractions, certaines sont évidemment très utiles : elles nous font gagner du temps et améliorent notre quotidien, comme les apps de localisation ou d’apprentissage. Mais d’autres ajoutent au bruit ambiant et nous laissent dériver en prolongeant notre inattention.

Selon une étude de l’université américaine Carnegie Mellon, il faudrait en moyenne 20 à 25 minutes pour retrouver sa concentration après qu’elle a été interrompue. Il paraît qu’il faut soigner le mal par le mal : une ribambelle d’applications promettant de nous aider à déconnecter et à profiter du moment présent ont ainsi émergé ces dernières années. Mais la conception de ces applications permet-elle vraiment de déconnecter ? Ne berceraient-elles pas plutôt nos cerveaux paresseux avec des notifications à répétition qui sonnent comme des promesses creuses? Yellow Vision plonge dans les paradoxes du design de la déconnexion et explore les différentes stratégies proposées.

moment

Changer son comportement par la quantification de soi

Vous sentez votre volonté fléchir rapidement lorsque vous êtes près de votre téléphone ? Impossible de résister à l’appel des réseaux sociaux ou à Angry Birds ? Une app peut vous aider à regagner le contrôle. L’objectif du mouvement quantification de soi, ou quantified self, est de permettre, par la collecte des données relatives à soi et à ses comportements, de rectifier ou changer une attitude donnée. Ainsi, pour lutter contre votre fâcheuse tendance à tout le temps regarder votre téléphone portable, l’application Moment (uniquement disponible sur iOs pour le moment) propose de mesurer combien de temps vous passez dessus. L’application fonctionne en permanence sur votre téléphone et mesure le temps passé sur chaque application. Elle vous donne ainsi une image des apps sur lesquelles vous passez le plus de temps. Armé de ces informations, vous pouvez ainsi corriger votre attitude et dégager plus de temps pour vous concentrer sur les choses qui vous importent.

Les apps de méditation : notification et gamification

La deuxième méthode proposée est plus douce et classique. Elle promeut une idée du bien-être très en vogue : la méditation. On compte plus d’une centaine d’apps de méditation (tous pays confondus) ; à l’heure actuelle, les deux leaders du marché sont Calm (qui revendique 12 millions de téléchargements) et Headspace (17 millions de téléchargements). Dans le magazine américain Wired, Scott Rosenberg se fend d’une critique de ces apps censées nous aider à parvenir à la sérénité tout en nous bombardant de notifications :“Ne faites rien pendant 15 secondes”, vous ordonne Calm, tandis que Headspace vous indique qu’il est temps de méditer. En plus des notifications, le journaliste évoque également leur recours à une interface gamifiée ou au partage social, des fonctionnalités conçues pour vous inciter à ne pas perdre votre objectif de vue. “Toutes ces fonctionnalités sont pensées comme des facteurs de motivation et je suis sûr que cela fonctionne pour certains utilisateurs. […] Pour moi, il existe d’autres routes vers le calme qui vous emmènent loin de votre smartphone”, commente-t-il.

Off by design : une utopie ?

Si les fonctionnalités des apps de méditation accentuent la distraction chez certains utilisateurs, pourquoi ne pas incorporer une possibilité de se déconnecter par défaut dans nos téléphones ? Dès 2012, des ingénieurs d’Apple (puis de Google) y ont pensé avec le mode “ne pas déranger”. Une fonctionnalité précieuse : votre smartphone rend silencieux notifications et appels et priorise les informations que vous souhaitez recevoir. Finies les séances de procrastination ! Vous pouvez paramétrer précisément quelles sont les heures où vous êtes assaillis d’informations et établir vous-mêmes des règles d’utilisation de certaines applications pour les téléphones Android.

Reste que pour notre éternel sceptique Scott Rosenberg, seules les méthodes low-tech peuvent fonctionner : rien de tel que mettre son smartphone dans une autre pièce. Certes, la méthode ne réinvente pas la roue et vient corroborer tous les articles de LifeHacker que vous avez pu lire sur la question. Demander à son smartphone de nous aider à nous déconnecter et nous concentrer est impossible car le smartphone est par essence programmé pour nous être indispensable et nous distraire constamment. Cela révèle aussi notre propre dépendance : on attend que le smartphone s’auto-régule à notre place, remisant notre volonté au placard. Peut-être alors que la réponse doit venir d’ailleurs. Demain qui sait, la sécurité sociale inscrirera le manque de concentration à la liste des priorités nationales et obligera les citoyens français à la trois heures minimum de déconnexion pour garantir leur santé mentale. Ou bien les retraites et autres digital detox se mueront en de nouvelles formes de religions où l’on vénèrera le divin “moment présent”.

Pour continuer la lecture sur les sujets liés à la déconnexion, Nous écrivons il y a quelques mois un article sur Tristan Harris, ancien Product Philosopher chez Google devenu depuis apôtre de la déconnexion.

Note : cet article a été initialement publié sous le titre : “Les apps pour se déconnecter : une fausse bonne idée ?”


LD
Ecrit par
Lilas D
Journaliste, chercheuse et consultante. Depuis Berlin, j'écris sur les enjeux sociétaux des technologies et questionne le futur que nous sommes en train de construire.

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