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À quoi ressemblera l’après Uber ?

LD
Lilas
8 février 2018

Uber, jadis précurseur, sera-il le looser de 2018 ?

Quiconque était devant un écran en 2011 se souvient des premières vives tensions (et c’est un euphémisme) qui ont accompagné la venue d’Uber en France (et en Europe), quelques années après son lancement aux États-Unis. La tactique du géant de la Silicon Valley est directe (déploiement rapide du service sans se soucier des barrières administratives et légales). Le comité d’administration d’Uber espère ainsi qu’en occupant vite le terrain et avec un lobbying agressif Uber pourra se faire rapidement un place de choix sur un marché inexistant.  L’objectif : partout où elle se lance, l’idée est de créer un nouveau réflexe chez le consommateur urbain. Après s’être déployé rapidement dans près de 60 pays, quel est le bilan ?

Le service d’Uber a été entièrement ou partiellement interdit par une douzaine de pays (dans des villes et états des États-Unis, au Danemark, etc.) où il n’était pas conforme à la loi ou jugé comme une concurrence déloyale aux taxis. Dernier revers en date : un procès pour vol de secret industriel qui se déroule en ce moment à San Francisco. À ses difficultés retentissantes, s’ajoute un climat managérial très critiqué (management sexiste et dysfonctionnel imputé à l’ex-CEO Travis Kalanick), des démêlés avec le fisc (preuves d’évasion fiscale) et surtout une mauvaise gestion de sa relation avec celles et ceux qui font Uber : les chauffeurs. Pour autant, l’arrivée d’Uber a profondément changé les habitudes des urbains mobiles, quitte à ouvrir la voie à d’autres pure players qui, eux gagneront les suffrages des clients, déçus par Uber ou qui cherchent une compagnie plus éthique. Qui sont les candidats qui vont peut-être façonner un “après Uber” ? Yellow fait le bilan.

Des rivaux aux dents longues

My Taxi, le protégé de Daimler :

Présente dans 11 pays (dont la Roumanie, le Pérou, le Chili, l’Allemagne, le Royaume-Uni etc.) et 70 villes, MyTaxi est le joyau de l’Allemagne. Créée en 2009 à Hambourg, l’application a été rachetée en 2014 par le géant automobile Daimler. Depuis elle a bénéficié de la force de frappe du constructeur pour se développer. À la différence d’Uber qui met en relation particuliers et particuliers (sauf en France où il faut détenir une licence VTC), MyTaxi met en relation passagers et chauffeurs de taxi qui ont leur licence de chauffeur.

Heetch, le phoenix :

Lancé en France en 2013 (et dans 4 pays européens), Heetch était présenté comme un rival d’Uber en France. Le pitch ? Heetch se présente comme “le transport social”, soit un service “proche du covoiturage, ciblant essentiellement les jeunes, pour qu’ils puissent rentrer de soirées ou la nuit chez eux facilement — principalement quand l’offre de transport est insuffisante, notamment sur les trajets de banlieue à banlieue, boudés par les taxis. Particularité importante : le tarif de la course n’est pas imposé. En 2017, le tribunal interdit pourtant le service selon le motif que l’activité est illégale puisque mettant en relation chauffeurs non professionnels et particuliers. Pourtant, Heetch a pu se relever et renaître de ses cendres. En janvier dernier, la société annonçait avoir lever 20 millions d’euros et exprimait sans détour leur objectif “détrôner Uber” sur Maddyness.

Taxify, un cheval de troie :

Petit dernier des VTC, Taxify est né en Estonie. La jeune pousse est présente sur le continent africain (au Nigeria, en Egypte ou encore au Ghana) mais également en Europe. Son atout ? Des prix très attractifs ou low-cost pour l’utilisateur. Mais comment une startup inconnue au bataillon peut-elle espérer concurrencer le colosse américain, qui a beaucoup plus d’ancienneté. Comme le rappelle le site d’Europe 1 : “Taxify possède un atout de poids dans sa manche : Didi Chuxing, géant chinois des VTC qui y a investi plusieurs millions d’euros”. Indirectement, Didi place ainsi ses pions en France et en Europe pour essayer de titiller Uber”. Évincé de Londres avec Uber (qui a fait appel à la décision du juge), après que TfL (Transport for London) ait regardé de plus près les licences de ses chauffeurs, la start-up a jeté son dévolu à Paris en octobre 2017 pour continuer sa croissance.

Les chauffeurs : l’enjeu humain

Outre le prix, le service ou les horaires, d’autres concurrents appuient là où Uber a failli ses dernières années : la relation avec ses chauffeurs. En France, l’application Chauffeur Privé (duquel le groupe allemand Daimler est devenu actionnaire majoritaire en 2017) s’est hissé à la deuxième place des services VTC après Uber. Pour ce faire, elle a misé sur une relation plus proche de ses chauffeurs et une rétribution plus juste à leur égard. Et ce n’est pas la ville d’Austin qui dira le contraire. Dans cette ville des États-Unis, Uber et son concurrent américain Lyft ont été évincés. Et surprise c’est un service de covoiturage appelé Ride Austin, une plateforme à but non lucratif, mettant en relation chauffeurs non-professionnels et passagers, qui a récupéré l’essentiel du marché.

Nouvelles verticales : le défi d’avenir

Mais Uber sent-il le vent tourner ? C’est peut–être pour cela que la start-up a prévu le lancement d’un service de location de vélos électriques à San Francisco le 5 février. Pour le moment ce test est circonscrit à la ville californienne mais s’il s’avère concluant peut-être qu’Uber continuera sa diversification. Certes l’entreprise n’est pas à son coup d’essai : par le passé, le groupe a créé de nouvelles verticales pour se diversifier (Uber Eats pour la livraison de repas, Uber Jets pour les avions, etc.), donc pourquoi ne pas se lancer dans l’intermodalité ? D’autant que le leader chinois Didi lui aussi fait de l’intermodalité (avec le covoiturage et les vélos) son cheval de bataille. Et puis, soyons réalistes malgré des pertes financières gigantesques, liées au déploiement du service dans d’autres pays, et les critiques acerbes à l’encontre du management de son ex patron et co-fondateur Travis Kalanick, Uber reste solidement implanté dans les pays où ils se trouvent. Si la chute du colosse est espérée par ses détracteurs, Uber ne semble qu’il n’a pas encore dit son dernier mot.


LD
Ecrit par
Lilas D
Journaliste, chercheuse et consultante. Depuis Berlin, j'écris sur les enjeux sociétaux des technologies et questionne le futur que nous sommes en train de construire.
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