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BabytechCarre

Baby Tech : Big brother dès le berceau ?

LD
Lilas
23 avril 2019

Berceaux et tables à langer connectées, moniteurs qui suivent la respiration du bébé, siège bébé capable de le calmer… jusqu’où “la baby tech” peut-elle aller ?

Être parent n’a jamais été simple. Et l’être en 2019 l’est encore moins, car cela implique de potentiellement utiliser tout un arsenal technologique pour s’assurer de la bonne santé et du développement de votre enfant. Qu’il s’agisse d’une caméra pour surveiller sa respiration ou d’un lit connecté pour mesurer ses cycles de sommeil, difficile de ne pas craquer pour la surveillance constante de votre enfant, qui vous donne le sentiment que vous pouvez le protéger de tout.

Quelles sont ces nouveautés qui s’immiscent au berceau, faisant de vous des parents omniscients, des Big Father et Mother ? Yellow vous livre des éléments de réponse.

Le moniteur Nanit filme votre bébé et analyse ses habitudes de sommeil
Le moniteur Nanit filme votre bébé et analyse ses habitudes de sommeil

Quantified-self pour bébés

Aujourd’hui, une ribambelle de moniteurs pour bébés permettent de mesurer et surveiller la moindre respiration et battement de cœur d’un enfant. Cette année, à Las Vegas, le moniteur Nanit a brillé au Consumer Electronic Show. Il incorpore une technologie appelée “Breathing Wear” permettant de suivre visuellement l’expansion et la contraction des petits poumons de votre enfant. Pour le même résultat, le moniteur Raybaby, en forme de poupée, combine des capteurs radar avec l’intelligence artificielle, tandis que Miku utilise des capteurs optiques et sans fil et protège les données stockées sur une puce réputée “inviolable”. La plupart des fabricants de ces nouveaux objets connectés spécial bébés mette en avant la “tranquillité d’esprit”  pour susciter l’achat. Difficile de ne pas succomber à la tentation, surtout lorsqu’on est soi-même utilisateur de capteurs domestiques et d’objets connectés personnels. Pour rappel, en 2017, 2,9 millions d’objets connectés dédiés à la maison ont été écoulés en France”, selon le Figaro. Et vue que ce marché est en pleine croissance, il y a parier que les données concernant la vie de bébé soient une vraie mine d’or pour ces fabricants.

Voici Owlet, la chaussette pemettant d'analyser les besoins de votre nourisson
Voici Owlet, la chaussette pemettant d'analyser les besoins de votre nourisson

Données et sécurité

Évidemment, le marché des objets connectés pour bébés et enfants en bas âge ne s’arrête pas qu’aux moniteurs intelligents, qui ne sont que la version contemporaine du classique babytalkie. On compte par exemple une chaussette connectée capable de mesurer la respiration, un trackeur GPS pour savoir où se trouve votre enfant juste en regardant votre téléphone ou encore un siège bébé capable de calmer votre progéniture quand elle est agitée. La vraie question n’est pas tant l’efficacité de ses dispositifs : l’enjeu, c’est plutôt la collecte permanente de données intimes sur un être qui n’a théoriquement pas donné son consentement. Ces données sont de plus exposées à des tentatives d’appropriation malveillantes. Le magazine américain Wired rapportait ainsi en 2017 que la société de jouets Spiral Toys avait laissé deux millions de messages enregistrés par sa marque d’ours en peluche connecté Cloudpets exposés dans une base de données en ligne, de sorte que n’importe qui pourrait trouver les messages avec le moteur de recherche IoT Shodan et écouter les messages. En septembre 2018, c’est une application pour smartphone appelée Fun Kid Racing qui a été épinglée par le New York Times car elle exploitait les données d’enfants et les envoyait à des parties tierces, une action contraire à la loi protégeant les mineurs en ligne.

Un retour au vieux baby phones ?

Malgré les risques encourus pour les données des bébés et enfants en bas âge, il semblerait que le marché des objets connectés et dispositifs intelligents ait le vent en poupe. Une situation paradoxale et extrêmement ironique, si l’on se souvient de cette enquête de Business Insider, dans laquelle le magazine suivait des familles qui ont fait le choix d’exposer leurs enfants le plus tard possible aux nouvelles technologies (objets connectés, vidéos sur Youtube et smartphones). En effet, ces parents responsables travaillent… pour des entreprises de la Silicon Valley. L’éthique du “low-tech parenting”, comme on l’appelle, est l’une des bases de l’éducation des enfants de ceux qui font la tech de nos vies quotidiennes. Étonnamment, ce n’est pas une éthique qui est encouragée par le marché… Et c’est peut-être pour cela que les parents les plus soucieux du respect de la vie privée de leur progéniture devront ressortir leurs baby phones analogues.

Pour en savoir plus : 

Comment les apps de jeux qui captivent les enfants ont collecté leurs données (The New York Times)
Il n’a jamais été aussi facile d’enregistrer les données de votre enfant mais devez-vous le faire pour autant ? (Wired)


LD
Ecrit par
Lilas D
Journaliste, chercheuse et consultante. Depuis Berlin, j'écris sur les enjeux sociétaux des technologies et questionne le futur que nous sommes en train de construire.
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