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Ce qui se joue derrière la voiture autonome

Sébastien Louradour
Sébastien
22 novembre 2017

“Les voitures entièrement autonomes sont là”, a déclaré  le CEO de Waymo John Krafcik lors du Web Summit 2017 à Lisbonne. Explications.

Une première mondiale vient de survenir dans la course à la voiture autonome. Waymo, une entité d’Alphabet (la maison mère de Google) a dévoilé  au cours du Web Summit de Lisbonne qu’elle faisait rouler une  flotte de voitures autonomes depuis près d’un mois sur les routes d’Arizona, et ce sans aucun chauffeur au volant (vidéo).

Cette avancée décisive dans la course aux véhicules autonomes représente en réalité une étape parfaitement prévisible au regard des objectifs à long terme que les nouveaux acteurs de l’automobile ont esquissé en matière de transport. Yellow vision fait le point.

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La fin de la voiture personnelle ?

Certains protagonistes de la voiture autonome, parmi lesquels le CEO de Waymo, veulent radicalement changer notre façon de concevoir le transport individuel. En cela, la voiture autonome représente une opportunité idéale pour transformer non seulement nos déplacements, mais aussi le marché automobile lui-même.. Il faut dire qu’une voiture sans chauffeur, c’est certes la possibilité d’être conduit sans effort d’un point A vers un point B, mais c’est surtout la transformation radicale du modèle économique de tout un secteur économique avec la possibilité offerte à n’importe quel propriétaire de véhicule autonome de le faire travailler pour soi.

Dès lors, les acteurs de la voiture autonome se mobilisent pour remporter la bataille qui s’annonce : les entreprises de “ride-sharing” telles qu’Uber, Lyft mais également Waymo misent sur l’émergence de leurs propres flottes de véhicules sans chauffeurs et offrant des tarifs de courses tellement compétitifs qu’il ne sera plus nécessaire de disposer de son propre véhicule.

De l’autre, Tesla, et loin derrière les constructeurs automobiles traditionnels, qui misent sur la disparition de l’intermédiation dans le secteur du transport type VTC : les particuliers disposant de leur véhicule autonome auront entre les mains un outil capable de rouler de façon quasi-permanente, générant seul des revenus toute la journée plutôt que de rester garés 95% de leur temps. Dans les deux cas de figure, on peut envisager que le marché automobile vive un cataclysme lié à la disparition de la voiture individuelle, moteur de la consommation de masse depuis les années 50.

Google, pionnier qui fait la course en tête

Lancé en 2009, le programme de voitures autonomes de Google a pris une avance considerable sur ses concurrents grace à “l’exeperience” acquise de ses vehicules. Selon le New York times, la compagnie dit en effet avoir fait rouler ses véhicules près de 5,5 millions de kilomètres et réalisé 16 millions de kilomètres quotidiennement à travers un simulateur virtuel, soit bien plus que certains compétiteurs comme Uber. Les données acquises au cours de ces essais sont fondamentales au perfectionnement de la technologie car elles “nourissent” les algorithmes en charge du pilotage, qui sont ainsi de plus en plus “expérimentés”. Les essais de conduite totalement autonome sont aujourd’hui restreints dans une zone autour de Phoenix ou quelques familles de riverains ont été séléctionnées pour réaliser leurs trajets quotidiens sans chauffeur. Ces tests devraient s’étendre à d’autres villes aux Etats-Unis, avant d’entrer dans une phase de généralisation. Bien sûr, nous ne disposons encore d’aucune indication à ce sujet. Waymo n’a pas non plus partagé d’information sur les conditions de test et les types de terrains pratiqués. Une information capitale pour estimer le degré d’avancement de la technologie développée. Nous ne savons par exemple pas si les véhicules sont déjà considérés aptes à circuler dans des zones dites complexes telles que des ponts ou des tunnels, ou dans des conditions de fortes précipitations.

Uber propose des courses autonomes… avec chauffeur

Uber quant à eux effectuent des tests de véhicules autonomes à Pittsburg, en Arizona et à San Francisco. Si vous souhaitez réaliser une course Uber à Pittsburgh par exemple, un véhicule autonome peut de façon totalement aléatoire venir se garer devant vous. En revanche, vous serez toujours bien accueilli par un chauffeur prêt à remettre la main sur le volant en cas de problème. D’ailleurs, Uber mesure les progrès de sa technologie notamment grâce à une mesure simple : le nombre de Kms parcours par le véhicule sans que le chauffeur n’ait à mettre la main sur le volant. En moyenne, les voitures testées ne font actuellement qu’environ 3 kilomètres avant qu’un évènement ne conduise le conducteur à reprendre la main…

Lyft fait le pari de l’open source

Lyft, contrairement à Uber, a du se rapprocher de la startup Drive.AI spécialisée dans la conduite autonome pour développer sa technologie. Lyft prévoit de mettre à disposition des passagers des voitures semi-autonomes avant la fin de l’année dans la Baie de San Francisco. Comme l’évoque Recode, Lyft, a en outre créé une plateforme en open source pour accélérer le développement de cette technologie. Il faut dire que dans ce domaine comme tous ceux concernés par le machine learning, seule une quantité astronomique de données peut permettre à un ordinateur de pouvoir anticiper toutes les situations de conduite, et en particulier les plus rares. Une façon aussi de tenter de regagner le retard pris sur Google et Uber.

Les français aussi dans la bataille

Un acteur français s’est également lancé dans la course aux véhicules de courses sans chauffeur. Présenté le 7 novembre à la Cité du cinéma, Autonom Cab de la société Navya dispose par ailleurs d’un moteur tout électrique.

Déjà testé à Las Vegas, Autonom Cab devrait être aperçu dans les rues de Paris dès 2018.

Tesla : un achat rentabilisé par les courses réalisées par son véhicule

Pour réussir le pari de la voiture autonome ouverte au marché de masse, Tesla a déjà équipé l’ensemble de ses véhicules commercialisés d’équipements (capteurs, caméras, etc.) pour les rendre « self-driving ready ». Cela signifie qu’une fois le software prêt, celui-ci sera téléchargé dans l’ensemble de ses véhicules pour les rendre autonomes. Une promesse du constructeur qui contribue largement au succès de Tesla, à la fois au niveau commercial et boursier : sa capitalisation ayant récemment dépassé celle de GM. En attendant, les conducteurs de Tesla doivent se contenter d’un auto-pilote qui permet de lâcher le volant sur autoroute (mais qui oblige à remettre régulièrement les mains sur le volant pour montrer que l’on est attentif à la route).

Ce objectif, au delà d’apporter le confort d’un déplacement sans avoir à prendre le volant, vise à optimiser l’utilisation des voitures personnelles stationnées 95% de leur temps. Pour cela Musk souhaite saisir l’opportunité que représente la voiture autonome pour la transformer en machine à générer par elle-même des revenus pour son propriétaire. Il faut dire que les Tesla ont avant tout été pensées sous le prisme du service. Connectées, intelligentes, simples d’usage, elles intègrent des applications régulièrement mises à jour un peu comme un iPhone. Il est donc très simple de connecter les véhicules à des applications, et une fois autonomes de leur permettre de se mouvoir seules pour aller chercher et déposer des passagers, aller se charger, puis venir chercher leur propriétaire à la sortie de leur travail…

S’agissant du niveau d’autonomie des Tesla, il reste néanmoins encore beaucoup de progrès à faire. Selon la Society of Automotive Engineers, qui a conçu une échelle d’autonomie des voitures allant de 0 à 5 (les véhicules niveau 5 étant considérés entièrement autonomes), Tesla est aujourd’hui au niveau 2. Musk a cependant promis un voyage entre les deux côtes américaines en autonomie complète d’ici la fin de l’année.

Quelle place pour les constructeurs traditionnels ?

Même s’ils ne seront pas les premiers à proposer des voitures entièrement autonomes sur le marché, les constructeurs automobiles ont des cartes importantes en mains et font bel et bien partie de la course. Les vétérans de l’industrie – General Motors et Ford, ou encore BMW et Audi – bénéficient pour cela de leurs importantes réserves de liquidités et de leur expérience industrielle. Ces constructeurs peuvent investir massivement dans la recherche, dépenser des centaines de millions de dollars pour acheter des start-ups, et tenter ainsi de rester compétitifs face à leurs plus jeunes compétiteurs.

Un des cas les plus médiatisés aujourd’hui, la technologie Super Cruise de General Motors permet la conduite semi-autonome de certains véhicules. Actuellement disponible sur les Cadillac CT6. Ce système sera prochainement implanté dans d’autres modèles, nous rappelle le magazine Autonews. La startup Cruise, rachetée par GM l’année dernière pour près d’un milliard de dollars, acquiert elle-même d’autres entreprises développant des solutions pour voitures sans chauffeur. La dernière à date est la startup Strobe, qui construit des radars permettant aux voitures de “voir” autour d’elles, comme le confirme The Verge.

Bien que toujours dans une phase d’expérimentation, la voiture sans chauffeur se rapproche à grands pas de nos villes. Les tests se font dans des centres urbains de plus en plus complexes, et la technologie a dans les cas les plus avancés considérablement progressée en termes de fiabilité et de sécurité. Les deux à cinq prochaines années pourraient être clé dans le développement de ces voitures sans chauffeurs. A moins que les voitures volantes ne s’imposent d’ici là comme la solution la plus crédible… mais dans ce domaine aussi, les Uber et consœurs n’ont pas prévu de se faire doubler…


Sébastien Louradour
Ecrit par
Sébastien Louradour
Rédacteur en chef de Yellow Vision, je décrypte les dernières tendances, essaye d'écouter les signaux faibles et de rendre l'ensemble compréhensible pour tous. Contactez-moi, j'échangerai avec plaisir !
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