Simplifiez-vous l'innovation

#astuce
catégories

#astuce
partage

#astuce
liens internes

ces2019

CES 2019 : Des gadgets attendus et des surprises

LD
Lilas
21 janvier 2019

Le CES, la messe de l’internet des objets, s’est tenue début janvier, comme le veut la tradition, à Las Vegas. Quels sont les gadgets et innovations qui ont marqué cette édition 2019 ?

La grande messe des objets connectés, le CES (Consumer Electronic Show) s’est tenue à Las Vegas du 9 au 11 janvier. Parmi les innovations qui ont déjà fait couler de l’encre, on compte — entre autres — un sofa connecté (French Tech, cocorico), un aérateur de vin connecté (French Tech aussi) ou encore un piano à parfums d’ambiance.

Mais quels sont les gadgets de ce cru 2019 qui ont retenu l’attention de Yellow ? Entre les innovations aux usages les plus prometteurs et la polémique dont tout le monde parle, morceaux choisis du CES 2019.

L'écran pliable par Royole
L'écran pliable par Royole

Les incontournables

Les principales innovations de l’année 2019 ont laissé la part belle… aux sonnettes et portes d’entrée connectées. La société française Netatmo, par exemple, a lancé une sonnette vidéo intelligente, compatible avec le HomeKit d’Apple et utilisant une carte microSD pour le stockage vidéo (contrairement à la concurrence qui vous fait payer un abonnement pour les sauvegarder). Amazon, de son côté, a présenté son prototype de clef pour garage. Initialement, l’idée est de permettre aux livreurs de déverrouiller la porte d’entrée de leurs clients avec une Amazon Key ; Key for Garage, comme son nom l’indique, devrait leur faciliter la tâche pour les livraisons dans les zones péri-urbaines.

Autre sujet de conversation au CES 2019 : l’écran flexible, attendu depuis si longtemps et matérialisé sous les traits du FlexPai de Royole, un smartphone (et un écran surtout) de facture néerlandaise. Mais les poids lourds du secteur, tels que Samsung et les marques chinoises, attendront le Mobile World Congress de Barcelone pour dévoiler leurs créations…

La beauté connectée très remarquée

Cette édition du CES a surtout propulsé l’industrie de la beauté sur le devant de la scène. My Skin Track a été développé en collaboration entre La Roche-Posay, la marque de soins de la peau de L’Oréal, et une start-up nommée Epicore Biosystems. C’est le premier capteur qui peut mesurer le pH de la peau et calculer comment celle-ci réagit à la pollution, au pollen et aux UVs. L’autre innovation qui a marqué la presse a été surnommée le “filtre beauté de la vie réelle” par le site tech The Verge. Opté est un système de soins et beauté pour le visage : présenté par la grande multinationale Procter & Gamble, le gadget, doté d’un appareil photo qui capture 200 images de votre peau chaque seconde et d’une imprimante à jet d’encre thermique portable de 120 buses, peut détecter la couleur et la pigmentation de votre peau et d’éventuelles tâches. Puis, elle applique précisément de minuscules jets de la couleur de maquillage exacte sur ces tâches, sans toucher le reste de votre peau.

À l’autre bout du spectre, sous l’étendard French Tech, il y a Beautymix. Loin de la baguette magique de Procter & Gamble, BeautyMix donne dans les formules cosmétiques faits à la maison. Elle se présente sous la forme d’une station avec laquelle l’utilisateur peut créer lui-même crèmes et lotions. “Un premier modèle, constitué d’un mixeur, d’une balance et de produits de base (huile, eau florale, conservateur, glycérine), sera bientôt complété d’un second,« tout en un », qui permettra la création avec un seul appareil. Tout est bio, naturel, et fonctionne avec des ingrédient français ou européens,” explique Le Monde. Les deux fondatrices sont soutenues par Sephora depuis 2018.

Les miscéllannées

Comme d’habitude, le CES a aussi brillé par ses gadgets parfois inutiles ou futiles. Parmi eux, la palme revient sans doute aux toilettes connectées qui intègrent… Alexa. Sur le côté du trône se trouve un éclairage qui évolue constamment pour moduler l’ambiance, tandis que des haut-parleurs ambiophoniques émettent des bruits d’oiseaux pendant que vous soulagez vos besoins naturels. Ex-aequo, il y a les toilettes connectées pour chat, lancées par une firme coréenne. Cette litière nouvelle génération se nettoie et se remplit toute seule, pour ne plus jamais avoir à mettre les mains dans le bac de votre chat. Enfin, la start-up qui semble presque trop futuriste pour être vraie s’appelle Sniffy. Elle fabrique le premier écran qui fait appel à nos 5 sens : la vue, l’audition et le toucher, comme tous les autres, mais aussi l’odorat et “par conséquent le goût”, promet l’entreprise. “Affichage hautement émotionnel, Sniffy apporte à une publicité dynamique des odeurs de bons petits plats, de parfums ou de fruits, sublimant l’expérience client.”

Les toilettes connectées Numi 2.0 de Kohler
Les toilettes connectées Numi 2.0 de Kohler

La polémique : Un CES sexiste et pudibond

Enfin, cette édition 2019 aura été également marquée par un scandale sexiste que le CES n’a que tièdement cherché à dissiper. Alors que la startup Lora Dicarlo, entreprise de sex toys, avait reçu un prix pour un objet sexuel connecté à destination des femmes qu’elle devait présenter lors du CES, son prix a été révoqué et elle a été déprogrammée du jour au lendemain. Comme l’explique 20 Minutes, “nommé Osé, ce robot ‘simule les sensations procurées par les doigts, la bouche et la langue’ et promet l’orgasme sans utiliser les mains. D’abord primé le 12 octobre dans la catégorie Robotique et Drones des CES Innovation Awards, son prix lui a été retiré et le produit a été banni du salon.” Le salon après avoir prétendu que l’innovation était contraire à sa charte (alors qu’ils ont primé et accueilli des sextoys en 2016 et 2017), a ensuite trouvé que le sex toy ne correspondait à aucune de leurs catégories. La fondatrice de la startup, Lora Haddock, s’est tout de même fendue d’une lettre dénonçant l’inégalité de traitement : “Il y a manifestement deux poids, deux mesures lorsqu’il s’agit de sexualité et de santé sexuelle”, dénonce-t-elle. “La sexualité masculine peut être explicite (au CES, ndlr) avec un robot sexuel qui prend les traits d’une femme aux proportions irréalistes et de la pornographie en réalité virtuelle. (…) En excluant les techniques sexuelles axées sur les femmes, le CES envoie essentiellement le message que la sexualité et la santé sexuelle des femmes ne sont pas dignes d’innovation.” Une erreur aussi rétrograde que stratégique, quand on sait que le marché de la femtech pourrait atteindre les 50 milliards de dollars en 2050.


LD
Ecrit par
Lilas D
Journaliste, chercheuse et consultante. Depuis Berlin, j'écris sur les enjeux sociétaux des technologies et questionne le futur que nous sommes en train de construire.
Partager
Commentaires (0)
S’inscrire
à la newsletter