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À la découverte du cinéma de demain

Philothée
Philothée
22 octobre 2018

Pour lutter contre la concurrence des services de vidéo à la demande comme Netflix, le cinéma (c’est-à-dire les réalisateurs, producteurs, distributeurs et exploitants de salles) est plus que jamais engagé dans une véritable course à l’innovation. Objectif : faire de la séance de cinéma une expérience unique, plus immersive et créative que jamais.

Comme le montre cette jolie bande-annonce pour l’exposition “De Méliès à la 3D : la machine cinéma” de la Cinémathèque, la technologie dans le cinéma, ce n’est pas franchement nouveau. Les premières tentatives de films en relief (l’ancêtre de la 3D) datent de la toute fin du XIXe siècle, et Georges Méliès s’y serait essayé au début du XXe.

Dans les années 1950, quelques cinéastes — dont Hitchcock — s’y frottent aussi, mais c’est la généralisation du tournage en numérique qui fait exploser le cinéma en 3D dans les années 2000 : en 2009, Avatar de James Cameron fait l’événement, devenant une sorte de standard du film 3D “réussi”. Neuf ans plus tard, on regarde toujours des films en 3D, mais la cadence des innovations n’a pas faibli — bien au contraire. Les systèmes IMAX, HFR, ICE ou encore 4DX se mènent une concurrence féroce pour savoir qui dessinera le futur du cinéma. Rien que ça.

Avatar sans lunettes, ça donne mal à la tête

Une réalisation toujours plus virtuelle

Côté réalisation, les images de synthèse et effets spéciaux prennent une part de plus en plus importante : d’après James Cameron, Avatar était composé à 60 % d’images de synthèse et à 40 % de scènes tournées en direct ; Le Livre de la Jungle, réalisé par Jon Favreau en 2015 était, lui, presque entièrement virtuel. “Seul Mowgli est réel. Nous avons créé presque tout le reste : les animaux, les plantes, l’eau, les nuages… Même les autres humains faisant de courtes apparitions dans le film sont numériques”, explique au Figaro Frédéric Rose, directeur général de Technicolor, qui a réalisé les effets spéciaux du film. Pour lui, “a priori, les effets spéciaux peuvent envahir jusqu’à 99% d’une œuvre : tout en-dehors de l’acteur lui-même” : la créativité et l’invention face à une caméra qui tourne sont, heureusement, irremplaçables par une image de synthèse. Mais à part ça, il n’y a pas de limites à ce que les effets spéciaux peuvent faire. Ils permettent de donner vie aux visions des cinéastes, aussi incroyables soient-elles, et de faire de sérieuses économies : plus de dépendance à la météo pour les tournages en extérieur, plus besoin d’embaucher des milliers de figurants pour les scènes de foule… L’écran vert est à ce point devenu une norme au cinéma que, selon Frédéric Rose, les films que nous voyons tous les jours peuvent facilement être à 75% virtuels, sans que l’on s’en rende toujours compte.

Autre innovation dont se délectent les réalisateurs, le High Frame Rate (HFR) consiste à augmenter le nombre d’images par seconde au-delà des traditionnelles 24. Cette technique est censée renforcer “la fluidité, le réalisme, l’immersion, ainsi que le confort pour la 3D”, comme l’explique 20 Minutes. Les réactions ont pourtant été assez mitigées à la sortie de la trilogie du Hobbit en 60 images par seconde (2012-2014). En 2016, Ang Lee tournait en 3D et en 120 images par seconde Un Jour dans la vie de Billy Lynn, malheureusement visible dans ce format dans seulement une poignée de salles. “Nous avons pour notre part eu la chance de le voir dans le format original et pouvons l’affirmer : il ne s’agit pas d’un gadget mais d’une révolution, ou pour le moins d’un outil génial de mise en scène”, écrivaient alors Les Inrocks.

Expériences ultra-immersives

En attendant que davantage de salles soient équipées pour diffuser les formats HFR, on peut se rabattre sur une série d’innovations en salle qui rendent déjà l’expérience assez spectaculaire. Le procédé IMAX, qui existe depuis un moment mais se développe de plus en plus dans le circuit des salles de cinéma “traditionnelles”, est en train de s’imposer comme le format premium de référence. Avec ses écrans géants (375 m2 pour celui de Montpellier) et incurvés et sa netteté d’image, l’IMAX offre une expérience immersive particulièrement appropriée aux blockbusters. Après quatre films tournés en partie en IMAX (Transformers 2, Mission : Impossible 4, The Dark Knight et The Dark Knight Rises), Avengers : Infinity War a été le premier à l’être intégralement.

Mais c’est avec la technologie coréenne 4DX, qui a fait son arrivée en France en mars 2017, que les choses sont réellement entrées dans une autre dimension : la salle est désormais équipée de sièges qui vibrent et bougent (de haut en bas, de droite à gauche, d’avant en arrière), de diffuseurs de parfums, d’eau, de bulles, de neige et de brouillard, de flashs, d’engins qui chatouillent, etc. Au final, comme l’écrit 20 Minutes, “on a moins l’impression d’être au cinéma qu’à Disney ou au Futuroscope”. Aller au cinéma devient plus qu’une expérience : une attraction. Pour ses promoteurs, la 4DX est rien de moins que le “futur de l’industrie du film”. Mais l’innovation ne s’arrête pas là…

Adopter la vision à 270°

Aujourd’hui, la course à l’immersion se développe sur d’autres terrains, comme la lumière : Philips a ainsi contribué à l’élaboration du concept français ICE avec la technologie Light Vibes, qui se rapproche du Ambilight utilisé sur ses téléviseurs. Des panneaux luminotextiles LED disposés sur les murs latéraux de la salle permettent de “prolonger” l’expérience visuelle dans laquelle le spectateur est plongé.

L’idée ressemble furieusement à Screen X, la toute dernière innovation à faire son entrée dans les cinémas Pathé Gaumont à l’été 2018 : trois écrans (un en face et deux sur les côtés de la salle) pour projeter à 270° non seulement le film, mais aussi des images additionnelles “obtenues lors du tournage quand le format est anticipé, mais la plupart du temps extrapolées en post-production”, explique 01.net, qui a pu voir Ant-Man et la Guêpe dans ce format. “Comptez environ un million de dollars par panneau et six à huit mois de travail comprenant la scénarisation, la création des images, et la validation du réalisateur et des studios.”

Les salles Pathé Gaumont de la Villette et Beaugrenelle sont les deux premières en Europe à accueillir cette technologie, développée par la société coréenne CJ 4DPLEX. Beaugrenelle va même jusqu’à coupler Screen X et 4DX : à ce jour, seule une autre salle dans le monde propose cette combinaison. Mais à 23€ le ticket, le cinéma complètement immersif demeure encore un luxe.


Philothée
Ecrit par
Philothée Gaymard
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