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Comment se diffusent de faux articles sur les réseaux sociaux

Sébastien Louradour
Sébastien
23 novembre 2016

Au plus fort de la campagne électorale américaine, sur les 10 articles les plus commentés sur Facebook, 7 étaient des faux. Le réseau social doit-il désormais agir ?

Alors que les commentateurs politiques se remettent peu à peu du choc du résultat des élections américaines, une information vient à nouveau semer le doute sur le rôle que les réseaux sociaux ont vraiment joué pendant la campagne : diffuser de fausses informations virales, et induire les électeurs en erreur ?

Nous l’écrivions dans un article précédent Qui sont les vrais gagnants des élections américaines, sur Twitter, les bots on largement contribué à soutenir les candidats à l’élection. Jusqu’à 1/3 des messages de soutien ont en effet été rédigés par des bots. Mais le rôle des réseaux sociaux dans la campagne ne s’arrête pas là. Le site Buzzfeed dévoile qu’au plus fort de la course présidentielle, les articles les plus cités et commentés sur Facebook, étaient de faux articles.

Difficile a priori de dire si ces articles ont vraiment influencé les électeurs, mais cela met en tous cas la lumière sur un phénomène de plus en plus observé : la percée des sites véhiculant de faux articles.

La vérité sur les e-mails d’Hillary

Parmi les 10 articles les plus cités et commentés sur Facebook, 7 sont des faux. Et parmi ceux-là, florilège de “vérités” sur la candidate démocrate : “C’EST TERMINÉ : un e-mail d’Hillary envoyé à ISIS vient de fuiter, et c’est pire que tout ce que l’on aurait pu imaginer” ou encore “Wikileaks confirme qu’Hillary a vendu des armes à ISIS“… bref, des titres chocs, et des affirmations brutales, mais totalement…fausses. L’article le plus cité sur les trois derniers mois de la campagne affirme que Le Pape François aurait soutenu Donald Trump, l’article a bénéficié de 960 000 engagements, c’est à dire des partages, réactions ou des commentaires. Diffusé sur le site EndingtheFED.com, l’article a depuis été supprimé.

Selon Buzzfeed, au cours des derniers jours de l’élection, les faux articles ont même réussi à dépasser les vrais en nombre total d’engagements. Les premiers réussissant à atteindre les 8,7 millions contre 7,3 pour les vraies informations.

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Mais d’où viennent ces articles ?

Buzzfeed a par exemple découvert que la petite ville de Veles, au coeur de la Macédoine, héberge une centaine de sites pro-Trump, hyper-agressifs et diffusant à la pelle des faux articles sous couvert de source crédible. Les noms des sites générés ont en effet l’air de tenir la route : WorldPoliticus.com, USADailyPolitics.com… et la motivation des auteurs n’a rien de politique, il s’agit simplement de gagner de l’argent. Pour cela ils ont constaté que pour remporter un maximum de clics, les articles politiques à sensation remportaient un franc succès, et que Trump ou les e-mails d’Hillary animaient les passions. Ajouté à cela les dizaines de publicités accessibles sur ces sites et les recettes publicitaires coulent à flot.

D’autres sites américains, clairement positionnés aux extrêmes, en particulier à l’extrême droite et revendiquant de diffuser de vraies informations, ont largement versé dans la diffusion de fausses actualités comme le site EndingtheFED.com, qui a lui seul a engrangé plus de 3 millions d’engagements avec seulement 5 articles.

Enfin, des sites satiriques ou parodiques ont également connu un franc succès. Problème, ces sites n’ont rien à voir avec Le Gorafi français, dont l’humour ne laisse généralement pas de doute sur l’absurdité des affirmations. Les sites tels que The Burrard Street Journal, présentent leurs actualités avec un sensationnalisme qui peut facilement tromper les lecteurs, à tel point que la page d’accueil du site affirme sans détour écrire n’importe quoi. Le problème est que le succès viral de ces news repose essentiellement sur le partage de leur titre alors que leur contenu peut ne jamais être lu. La viralité de ces articles est alors telle qu’elle agit presque comme preuve de leur bien fondé.

Neutralité des réseaux sociaux ?

Alors que des voix se sont élevées contre Facebook, Mark Zuckerberg s’est d’abord contenté d’affirmer que prétendre que les fausses informations circulant sur Facebook avaient pu influencer les élections était une “idée folle”. D’un côté Facebook vend de la publicité aux marques en vantant le pouvoir des réseaux sociaux, et d’un autre côté se défend d’avoir toute influence sur les décisions des utilisateurs. Un double discours de plus en plus difficile à défendre.

Élément encourageant, Mark Zuckerberg a depuis annoncé dans un post que Facebook travaillait à une solution pour pouvoir signaler les faux contenus sur Facebook. Buzzfeed affirme en outre que Facebook a récemment mobilisé une task force pour s’attaquer à ce sujet.

Du côté de Google, le WSJ affirme que la firme de Mountain View étudie l’idée de ne plus autoriser aux sites diffusant de fausses informations de pouvoir utiliser son logiciel AdSense qui leur permet de diffuser de la publicité. Cela couperait une importante source de revenus pour ces sites dont la seule existence est parfois de se rémunérer avec les contenus publicitaires.

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Astuces pour déceler les faux contenus

De nombreux sites permettent de traquer les fausses informations qui circulent sur internet ainsi que des guides très bien documentés pour auto-vérifier les contenus tels que celui réalisé par la rédaction de France 24 ou celui proposé par l’INA. S’il peut parfois être complexe de vérifier la véracité d’un contenu, voici quelques astuces simples pour au moins débusquer les plus évidents :

  1. Quelle historique a le site ? Les sites propageant de fausses informations ont généralement un historique d’existence assez faible. Pour vérifier cela, il suffit de se rendre sur la page Facebook du site d’information et voir depuis quand il a été créé.
  2. Quelle est la source des images ? Il n’est pas rare que les fausses informations s’accompagnent d’images ou de vidéos qui ont été ré-utilisées et détournées de leur contexte initial. Pour cela, des sites permettent de vérifier la source du contenu tels que TinEye.
  3. Qui est l’auteur du contenu ? A-t-il un profil Twitter ? Quels sont ses followers ? Pour analyser ses tweet, vérifier s’il a de vrais followers, le site twopcharts est un bon outil.
  4. Quelle est la date du contenu ? Parfois, un contenu peut être juste, mais très vieux… Sauf que remis dans le contexte actuel, l’information peut surprendre et faire le buzz. Le site factcheck.org présente notamment un exemple éclairant. Il y a quelques jours une information a prétendu que Ford avait déplacé une usine basée au Mexique vers l’Ohio suite à l’élection de D. Trump. Or l’information est vraie mais elle date d’il y a… un an, donc aucun rapport avec les résultats de l’élection.

Vous l’aurez compris, naviguer dans l’actualité qui circule sur les réseaux sociaux est parfois délicat, et il devient grand temps de pouvoir s’assurer que ce que l’on lit est juste. Les progrès réalisés en intelligence artificielle sont suffisants pour le faire, on attend désormais que les réseaux sociaux eux-mêmes le rendent possible.


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Sébastien Louradour
Ecrit par
Sébastien Louradour
Analyste en stratégie pour Le Groupe La Poste à San Francisco, je suis et décrypte les dernières tendances dans la baie, du presse orange connecté à la dernière app de Google. Mes sujets du moment : intelligence artificielle, objets connectés et fintech. Mon défi à court terme : tester la Tesla model X.
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Commentaires (1)

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  1. Gabrielle.mocilnikar dit :

    J’ai RT car trés bon article