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Dans l’enfer des mines de Bitcoin

Sébastien Louradour
Sébastien
23 octobre 2017

La blockchain a acquis sa confiance et son essor grâce à une protection cryptée infaillible. Mais pour générer cette protection, une nouvelle activité s’est développée : les mines de bitcoin.

Cette année, l’inflation au Venezuela pourrait atteindre les 1 600%. Le coût de la vie a augmenté de façon si violente qu’il faut l’équivalent de la moitié d’un salaire mensuel pour acheter un Big Mac. Dans ce contexte de précarité généralisée, l’e-commerce offre une échappatoire aux rayons vides des magasins. Or pour s’offrir ces biens, inutile de penser passer par la devise locale. C’est ainsi qu’interviennent les cryptocurrencies, dont la plus célèbre d’entre elles, le Bitcoin.

Les mines de Bitcoin : de quoi parle-t-on ?

Comme le titre de l’article l’indique, les Bitcoins, comme toutes les autres monnaies virtuelles, ont besoin d’un carburant qu’il faut aller extraire. Pas de risque de coup de grisou dans ces énergies futuristes, puisque le matériaux extrait n’est autre qu’une série de 1 et de 0.

Le bitcoin a en effet besoin d’un carburant pour pouvoir être échangé. Celui-ci provient des processeurs d’ordinateurs qui passent leur journée à tourner pour réaliser des opérations de calculs dont l’hyper complexité est le garant de la devise et son caractère totalement décentralisé. Le bitcoin mining s’est tellement développé ces dernières années, que sa consommation en énergie électrique équivaudrait désormais à la consommation électrique de l’Islande.

Quiconque, dès lors qu’il est équipé d’un ordinateur et doué de l’âme un peu geek, peut se lancer dans le bitcoin mining, cet activité peut donc être réalisée comme un simple hobby ou comme un vrai full time job, dans ce dernier cas, le simple ordinateur est remplacé par un veritable data center.

Mineur, une profession à risque

C’est cette seconde option qui a été privilégiée par des milliers de vénézuéliens, poussés à imaginer de nouvelles sources de revenus. Dans un reportage réalisé par The Atlantic, on apprend que le Bitcoin est devenu pour certains de ces derniers une valeur refuge. Pour se glisser dans l’économie réelle, des plateformes virtuelles permettent de se payer directement en Bitcoin, permettant d’éviter de passer par le bolivar vénézuélien et créant au passage une économie parallèle que le gouvernement voit d’un assez mauvais oeil. Un mineur peut ainsi réaliser près de 500$ par mois, une fortune dans ce pays où la chute du prix du baril de pétrole et la gestion politique ont laissé des millions de vénézuéliens au bord du gouffre. La rumeur voudrait que le minage de Bitcoin soit devenu un passe temps qui n’a pas seulement conquis les étudiants mais également les autorités publiques, hommes politiques et police compris. Une information sensible quand on sait que le Bitcoin n’a aucune reconnaissance légale et qu’être arrêté pour avoir réalisé ce type d’activité peut conduire à être jugé pour contrebande.

Pour éviter d’être pris la main dans le sac, les vénézuéliens se tournent de plus en plus vers les Ethereums, une autre devise numérique qui nécessite simplement un ordinateur pour générer d’importants revenus. Grâce à cette alternative, difficile pour la police de faire la différence entre un ordinateur de bureau et une machine à cash placée dans un coin du salon…

L’électricité à faible coût : une aubaine pour les mineurs, moins pour le climat.

L’autre facteur qui a poussé les vénézuéliens à se tourner vers le minage de devises virtuelles est le coût quasi-nul de l’électricité dans ce pays où les pétrodollars ont longtemps servi de levier pour jouer des bras sur la scène internationale. Car créer de la monnaie virtuelle consomme beaucoup d’énergie. Dutch Bank ING a d’ailleurs fait ses calculs : selon eux, une transaction en Bitcoin consomme 200 kWh, soit l’énergie qu’il faut pour alimenter une maison pendant un mois… Beaucoup plus modeste, une transaction en Ethereum consommerait 37 kWh, quand à un paiement par carte bleue visa, 0.01 kWh.

Cette caractéristique n’est généralement pas évoquée quand il s’agit de parler de l’euphorie des monnaies virtuelles. Or si le Bitcoin devient, comme l’annonce certains analystes, la monnaie du futur, celle-ci est en l’état totalement incompatible avec le principal défi du XXIème siècle qui est la bataille contre le réchauffement climatique.

La Chine, première mine de Bitcoins

Autre lieu où l’énergie coûte peu, la Chine. Ce pays, largement engagé dans la course au numérique, produit à lui seul le quart de la production mondiale de Bitcoin. Le New York Times et Quartz sont allé enquêter dans une région lointaine de Chine, au beau milieu de la Mongolie, pour découvrir la plus grandes ferme dédiée au minage de Bitcoins au monde. A elle seule, celle-ci représente près d’un vingtième de la production mondiale de Bitcoins. Dans cette zone perdue au milieu du désert de Kubuqi, la ferme de Bitcoin emploie des salariés travaillant auparavant dans des mines de la région, des vraies cette fois-ci. Ironie du sort, cette ferme est alimentée en énergie par les centrales à charbon très présentes dans cette zone également. Chaque jour, cette mine produit près de 1 700 Bitcoins pour un coût journalier d’électricité de 39 000 dollars. Rapporté au taux de change actuel (extrêmement volatile) de 6 000 dollars le Bitcoin, cela représente 10.5 millions de dollars générés par jour.

Haute consommation en électricité, énergie issue de centrales à charbon, il est certain que le Bitcoin, malgré son caractère alternatif, a peu de chances de se mettre dans la poche les défenseurs du climat. Un point noir qui devrait être soulevé dès maintenant, tant que ce mode de paiement reste encore marginal.


Sébastien Louradour
Ecrit par
Sébastien Louradour
Rédacteur en chef de Yellow Vision, je décrypte les dernières tendances, essaye d'écouter les signaux faibles et de rendre l'ensemble compréhensible pour tous. Contactez-moi, j'échangerai avec plaisir !
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