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Des carburants innovants pour remplacer le pétrole

Jean Pierre Fourcade
Jean Pierre
28 septembre 2017

La raréfaction de nos ressources naturelles pose le problème de l’énergie et nécessitera des alternatives aux énergies polluantes et limitées tel que le charbon ou le pétrole.

Allons-nous enfin tourner la page des énergies fossiles avec cette dépendance totale de l’activité liée au pétrole? Nicolas Hulot ministre de la transition écologique souhaite avec son « plan climat » en finir avec la commercialisation des véhicules les plus polluants d’ici 2040.

Ces dernières années, les scientifiques et les ingénieurs ont travaillé d’arrache-pied pour élaborer de nouveaux carburants qui respectent plus l’environnement en générant moins de gaz à effet de serre. Ces carburants sont fabriqués principalement à partir de la biomasse composée de matériaux organiques pouvant être transformés en énergie. Issus de matières renouvelables et non de matières fossiles, ces carburants peuvent ainsi se substituer au pétrole et permettre de réduire la dépendance énergétique aux énergies fossiles en limitant les émissions polluantes liées à la consommation des carburants classiques.

Cependant le bilan environnemental des agro-carburants avec les premières générations comme le bioéthanol n’est pas aussi intéressant qu’il y paraît. Ils peuvent même représenter une menace pour le climat et la sécurité alimentaire car ils nécessitent pour une production de masse de plus en plus d’espaces cultivables et dans certaines régions du monde aggravent la déforestation. En Europe, la France est le premier producteur européen et exporte 30% de ses 19 millions d’hectolitres annuels à partir de betteraves (50%), maïs (17%) et blé (33%).

Aussi, de nombreuses autres matières sont disponibles pour échapper au carbone et les chercheurs traquent l’énergie partout. Voici un zoom sur des pistes prometteuses.

Cette voiture roule au « bi-Ion », un carburant à base d’eau salée.

Le «bi-Ion» est une solution liquide aqueuse contenant à la fois des sels organiques et inorganiques, une technologie utilisée par la Nasa dans les années 1970 et remise au goût du jour par la société NanoFlowcell. Cette société a élaboré  le Quantino 48Volt un véhicule électrique alimenté par ses batteries à électrolytes liquides et qui a pu démontrer récemment son endurance extraordinaire à partir de son premier essai de durabilité – 14 heures de conduite sans arrêt et sans ravitaillement.

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Le Bio-Bus roule grâce à nos déchets organiques

La société britanique GENeco spécialisée dans le traitement des eaux usées de la ville de Bristol, traitent chaque année environ 75 millions de mètres cubes de déchets d’eaux usées et 35 000 tonnes de déchets alimentaires. Ces déchets sont collectés auprès des supermarchés, des fabricants de produits alimentaires et des ménages. La transformation de ces déchets en gaz de biométhane est le résultat d’un processus de méthanisation (ou digestion anaérobie) lié à la dégradation de la matière organique.

Ce carburant renouvelable peut être utilisé comme un substitut direct du gaz naturel pour les maisons ou les véhicules tel que le Bio-Bus. Ce Bio-Bus d’une capacité de 40 places peut parcourir jusqu’à 300 km avec son réservoir complet de gaz.

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Un jet Falcon 20 carbure au biocarburant à base de moutarde.

Agrisoma Biosciences Inc est une société canadienne de technologie agricole qui développe une culture d’oléagineux non alimentaire pour la production avancée de biocarburants. Notamment ils ont créé un carburant végétal conçu à partir d’une graine oléagineuse, la Brassica carinata, dite moutarde éthiopienne. Cette plante a également la particularité de fertiliser les sols et peut permettre l’amélioration des cultures alimentaires.

C’est à bord d’un avion civil, un jet Falcon 20 appartenant au Centre national de recherches du Canada (CNRC) que ce carburant à pu être testé en volant plus d’une heure et demie entre Montréal et Ottawa.

Ce carburant 100% végétal intéressera l’industrie de l’aviation mondiale qui s’est engagée à devenir neutre en carbone d’ici 2020 puis à réduire ses émissions de 50% d’ici 2050 par rapport au niveau de 2005.

Le double effet des algues qui captent le CO2 et produit du biocarburant.

Les scientifiques et les écologistes se tournent depuis plusieurs années vers  un nouvel ingrédient dans la production de biocarburants que sont les micro-algues marines. Les algues qui sont au bas de la chaîne alimentaire aquatique, ont la possibilité de s’attaquer aux problèmes du réchauffement climatique et de l’insécurité alimentaire. Les micro-algues, avec des taux de croissance très élevés et leur teneur en huile riche en énergie, sont idéales comme ingrédient dans la production de biocarburants.

La start-up française Fermentalg experte en bio technologie et le groupe Suez, spécialiste français dans la gestion de l’eau et des déchets, ont lancé une expérimentation qui va dans ce sens. Ils testent dans le 14ème arrondissement de Paris un mobilier urbain sous la forme d’une colonne Morris qui a la capacité de purifier l’air en captant le C02 puis de produire de la biomasse qui sera ensuite transformée en biogaz pour alimenter le réseau de gaz de ville. Cette  colonne remplie d’eau et de millions de micro-algues permet de fixer une tonne de CO2 par an mais aussi serait capable d’absorber le dioxyde d’azote rejeté par les pots d’échappement des voitures. Si cette expérimentation se révèle positive, ces grands tubes verts pourraient être industrialisés dès la fin de l’année pour s’implanter dans les grandes villes et en milieu industriel.

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De nombreuses industries novatrices se tournent vers une foule de technologies novatrices de transformation de la biomasse pour relever ses défis. Les biocarburants verts pourraient ainsi constituer un élément important de l’avenir des émissions zéro envisagé par l’accord climatique de Paris .


Jean Pierre Fourcade
Ecrit par
Jean Pierre Fourcade
A la frontière entre l’information, la recherche et le développement, ma mission est de surveiller l’évolution des technologies dans des domaines bien déterminés mais aussi au-delà. Je suis très souvent connecté sur de nombreux réseaux pour alimenter ma soif de connaissances par mes explorations dans le nouveau monde du numérique.

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