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Des livres et des jeux pour apprendre à coder et à aimer la science

Philothée
Philothée
4 septembre 2018

En attendant la généralisation des cours de code à l’école, de plus en plus de livres et activités pour enfants visent à rendre la technologie et les sciences plus amusantes, pour les filles comme les garçons.

En 2015, l’Américain Eric Redmond lançait une campagne Kickstarter pour un projet au titre pour le moins intrigant : “Computer Science for Babies”. L’idée était de lancer une collection de livres en tissu — pour bébés et très jeunes enfants, donc — qui familiarise les jeunes lecteurs avec les concepts de base du code informatique. Trois ans plus tard, la collection comporte trois livres, dont le niveau de complexité progresse avec l’âge de l’enfant. Le tout premier, Boolean Logic for Babies, leur apprend à raisonner avec les termes “and”, “or” et “not”, qui sont à la base de la logique informatique. Le deuxième, Functions for Toddlers, les initie au concept de fonction avec des exemples simples : le ronronnement (image) vient du chat (fonction) quand on le caresse (antécédent). Enfin, Binary for Tykes explique aux enfants comment compter en binaire, à l’aide d’une histoire en rimes. D’autres livres pour enfants plus âgés sont à l’étude. L’idée, pour Eric Redmond, est de permettre aux enfants de maîtriser les bases informatiques : “même si votre enfant ne choisit pas une carrière dans l’informatique, cette compréhension profonde leur restera et leur facilitera la vie dans une société toujours plus gouvernée par l’informatique”, argumente son site.

Coding pour tous !

En effet, le consensus est aujourd’hui quasiment acquis : il faut enseigner le code à l’école. Comme l’écrivait la journaliste Nadia Daam sur Slate en 2014, à quelques exceptions près, tout le monde s’accorde à dire que même s’il n’est pas nécessairement question de faire de tous les enfants des développeurs en herbe, l’enseignement ne peut s’envisager aujourd’hui sans une initiation aux technologies de l’information en général, et au code en particulier.” Mais en attendant que les cours de technologie et d’informatique soient dépoussiérés et le langage informatique inscrit dans les programmes, c’est encore aux parents d’introduire leurs enfants à ces concepts — avec l’aide de livres, jeux et programmes spécialement conçus pour intéresser les petits à l’informatique, mais aussi aux sciences et technologies en général.

En France, les “Coding Goûters”, créés par les développeurs Jonathan Perret et Raphaël Pierquin et l’organisateur d’événements “techno-créatifs” Julien Dorra, apprennent ainsi depuis 2012 les bases de la programmation aux enfants (et à leurs parents) de manière ludique et créative. Pour ceux qui ont envie d’aller plus loin, les éditions Eyrolles ont lancé en 2015 deux ouvrages sur la programmation dédiés aux enfants : Scratch pour les Kids (dès 8 ans), qui enseigne les bases de la programmation en s’appuyant sur l’environnement éducatif Scratch, mis au point par le MIT, et Python pour les Kids (dès 10 ans) : “Cet ouvrage guide le lecteur parmi les bases de programmation avec Python, à mesure qu’il s’essaiera à des exemples de programmes uniques et parfois hilarants, qui mettent en lumière des monstres voraces, des sorciers, des agents secrets, des corbeaux voleurs et d’autres curiosités du genre”, expliquait alors l’éditeur. Depuis, la collection s’est enrichie avec Python pour les maths, Javascript pour les Kids ou encore Arduino pour les Kids.

Des héroïnes qui aiment la tech

Reste une question : comment intéresser au code et aux STEM (science, technology, engineering, and mathematics) tous les enfants, y compris ceux qui se disent a priori que ce n’est pas pour eux ? C’est à cette question qu’entend répondre l’Américaine Emily Calandrelli, diplômée de Harvard et ancienne employée de la Nasa, avec la série de livres pour enfants Ada Lace. “Quand j’étais enfant, je ne pensais pas que la technologie, la science ou l’ingénierie étaient pour moi, raconte-t-elle à Wired dans le podcast “The Geek’s Guide to the Galaxy”. Une des raisons pour ça, c’est que dans tous les livres que je lisais, s’il y avait de la science ou même juste des aventures, tous les personnages principaux étaient des garçons. Ça ne m’empêchait pas de lire ces livres, mais ça m’empêchait de m’imaginer comme quelqu’un qui pouvait être le personnage principal et avoir ce type d’aventures.”

Avec sa co-auteure Tamson Weston, Emily Calandrelli a donc inventé Ada Lace pour intéresser les enfants, et surtout les filles, aux sujets scientifiques et technologiques. L’idée étant de faire vivre des aventures à une petite fille de huit ans, qui démonte au passage les clichés sur les geeks forcément étranges ou mal à l’aise avec les autres : “Je donne à ces enfants une raison d’être fiers d’aimer la science et la technologie. Ils peuvent la regarder et se dire, ‘J’aimerais bien être Ada. Ada a l’air cool.’” Les enfants des années 1980 et 1990 penseront peut-être à Sophie, la nièce de l’Inspecteur Gadget, qui utilise la technologie (notamment un livre-ordinateur et une sorte de montre connectée tout à fait visionnaire) pour résoudre ses enquêtes. Mais à part elle, il existe en effet peu d’exemples d’héroïnes intéressées par la technologie.

Des histoires et bijoux connectés pour réduire les disparités

Or, c’est loin d’être anodin. Aujourd’hui encore, les femmes sont sous-représentées dans les STEM. Selon une étude du Pew Research Center publiée en janvier 2018, les emplois dans ce secteur ont progressé de 79% depuis 1990, mais la part des femmes y est restée à peu près la même. Dans certains domaines, comme la biologie (où elles représentent 47% des salariés) ou les mathématiques (46%), elles sont bien représentées. Mais elles restent très minoritaires dans d’autres, comme l’ingénierie (14%). La part des femmes dans les emplois informatiques a même diminué, passant de 32% en 1990 à 25% aujourd’hui. Il existe évidemment toute une série d’obstacles systémiques à cette disparité. Mais l’une des causes est peut-être l’absence de modèles féminins (ce qu’essaient de corriger des initiatives comme le Ada Lovelace Day ou la publicité mettant en scène la physicienne Millie Dresselhaus en véritable rock star) et d’opportunités pour les filles de découvrir que la technologie les intéresse.

C’est le raisonnement des créatrices de Jewelbots, une start-up qui fabrique des bracelets d’amitié programmables destinés aux jeunes filles et adolescentes. Le bracelet, contrôlé par une app, vibre et clignote grâce à des LED  de différentes couleurs, permettant à celles qui les portent de communiquer en morse, par exemple. Mais il y a un côté “cheval de Troie” dans cette idée : le code étant open source, une fois familiarisées avec les fonctions de base du bracelet, les filles peuvent elles-mêmes en inventer de nouvelles (comme recevoir une notification à chaque commentaire sur Instagram ou quand une copine est dans les parages).

Jewelbots est volontairement très genré (“Être girly n’empêche pas d’aimer la science et la technologie”, explique l’une des co-fondatrices). Mais ce n’est pas le seul “jouet” à coder qui s’adresse aux enfants et préadolescents : Evo, un petit robot tout rond commercialisé par Ozobot, permet ainsi aux filles comme aux garçons d’apprendre à coder pour lui enseigner de nouveaux “tours”. Grâce à ses capteurs, Evo sait naturellement faire de la musique, suivre le mouvement d’un doigt et échapper à un objet qui le poursuit. La suite, c’est aux enfants de l’inventer. Qu’il s’agisse de customiser son bracelet d’amitié ou d’apprendre de nouveaux tours à un robot, ces jouets ont donc le mérite de montrer que si la technologie s’applique à tous les aspects de la vie, en maîtriser les ressorts rend tout ça bien plus amusant.


Philothée
Ecrit par
Philothée Gaymard
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