Simplifiez-vous l'innovation

#astuce
catégories

#astuce
partage

#astuce
liens internes

cover-DNA-data

Échange brin d’ADN contre 10000 disques durs

Jean Pierre Fourcade
Jean Pierre
8 juin 2016

Comment conserver un énorme volume de données numériques pendant une longue période  ? Les technologies et matériaux existants ne répondent pas à cette double contrainte. Toutes les solutions sont envisagées, même le stockage sur… du vivant.


Face au défi croissant du stockage des données

La masse de données produites chaque année dans le monde devrait sur la période 2013-2020 être multipliée par douze et atteindre 44 zettaoctets (source cabinet IDC). Les causes : la numérisation de l’information,  la montée en puissance des communications de machine à machine et surtout l’explosion de l’Internet des objets avec 200 milliards d’objets connectés en 2020 qui représenteront plus du quart des données générées à la fin de la décennie et plus de la moitié à l’horizon 2025.

L’un des plus grands défis des années à venir sera de gérer cette augmentation exponentielle de données produites : notre civilisation numérique aura de plus en plus de peine à suivre en matière de stockage informatique de masse.

Centre de données Google

L’ADN sera-t-il le disque dur de demain ?

Chercheurs et ingénieurs explorent de nombreuses pistes dans l’espoir de parvenir à de véritables ruptures technologiques capables de résoudre ces problématiques de stockage.

Une de leur source d’inspiration est de se tourner vers ce que la nature a fait de mieux dans le domaine, à savoir l’acide désoxyribonucléique, plus connu sous le nom d’ADN, une macromolécule biologique composée de deux brins appelés polymères.

L’ADN contient énormément d’informations dans un espace minuscule. En théorie, un volume d’ADN de la taille d’un cube de sucre pourrait contenir autant de données que d’un centre de stockage Walmart ou Amazon.

1 gramme d’ADN serait capable de stocker près d’1 milliard de téraoctets de données.

L’ADN est également remarquablement robuste, au contraire des supports digitaux actuels il peut rester inchangé pendant des milliers d’années.

10M de brins d’ADN synthétiques commandés par Microsoft

Microsoft démontre que la technologie fonctionne

Microsoft a décidé en avril 2016 de se tourner vers le stockage des données dans des brins d’ADN synthétiques et a commandé auprès de l’entreprise californienne Twist Bioscience dix millions de brins d’ADN synthétiques « personnalisés ». Microsoft qui ne possède pas la technologie pour stocker des informations dans la précieuse molécule, envoie les informations à Twist, qui se charge de les transcrire sous forme de paires de bases azotées (adénine, cytosine, guanine et thymine), reconstituant la structure bicaténaire hélicoïdale que tout le monde connaît.

Les premiers essais de Microsoft avec Twist se sont apparemment bien passés, si l’on en croit le communiqué de la startup californienne. La totalité des informations a pu être codée dans l’ADN puis lue ensuite, sans problèmes particuliers. Mais comme l’indique le chercheur Doug Carmean de chez Microsoft, il faudra encore plusieurs années avant que ces opérations puissent être viables économiquement.

TwistBioscience

D’autres technologies disponibles

Parallèlement à ces recherches prometteuses mais encore futuristes, d’autres voies technologiques plus classiques sont loin d’avoir dit leur dernier mot. C’est le cas notamment de l’enregistrement magnétique des données qui a effectué des progrès spectaculaires : Sony a ainsi pulvérisé le record de densité sur cassette magnétique et atteint désormais 18,5 To par pouce carré.

De son côté, Seagate mise sur une technologie encore plus prometteuse, baptisée HAMR (Heat Assisted Magnetic Recording ou Enregistrement magnétique assisté thermiquement). Cette technique repose sur l’utilisation de matrices magnétiques composées de particules en alliage fer et platine et devrait permettre dès 2020 de fabriquer des disques durs de 20 To.

Enfin, après le premier disque dur de 5 Mo produit par IBM en 1956 il y tout juste 60 ans, des chercheurs de l’université de Southampton viennent de stocker 360 To sur un mini disque de quartz d’une taille d’une pièce de monnaie . Une grosse capacité mais surtout un support de stockage qui pourrait durer des milliards d’années.

Eternal 5 Dimensional Data Storage
Eternal 5 Dimensional Data Storage

Jean Pierre Fourcade
Ecrit par
Jean Pierre Fourcade
A la frontière entre l’information, la recherche et le développement, ma mission est de surveiller l’évolution des technologies dans des domaines bien déterminés mais aussi au-delà. Je suis très souvent connecté sur de nombreux réseaux pour alimenter ma soif de connaissances par mes explorations dans le nouveau monde du numérique.

Partagez cet article

Partager
Commentaires (0)
S’inscrire
à la newsletter