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Stadia

Google Stadia, l’avenir du gaming ?

LD
Lilas
2 avril 2019

Il y a quelques semaines, Google a lancé son “Netflix du jeu vidéo” surnommé “Stadia”. Ce nouveau service annonce une ère où jouer aux jeux vidéo sera devenu une activité massivement quotidienne et complètement mobile.

Après un nombre incalculable d’activités et de services, Google se lance dans les jeux vidéo. Le projet, officialisé le 20 mars dernier, porte le nom de “Stadia”. Si l’annonce peut en étonner certains, il faut dire que la firme de Mountain View n’est pas complètement étrangère à ce médium créatif. Pour rappel, Niantic Labs, mère des jeux mobiles Ingress ou Pokemon Go, a vu le jour chez Google avant de prendre le large.

Là où Stadia constitue une rupture nette par rapport à ce qui a été tenté par Google jusqu’alors, c’est que le projet s’appuie fortement sur l’infrastructure des produits et services de la firme et préfigure un nouveau rapport au médium : omniprésent et immédiat. Pour comprendre quel futur Stadia nous réserve, Yellow décrypte.

La manette Stadia a été présentée le 20 mars peu après son officialisation
La manette Stadia a été présentée le 20 mars peu après son officialisation

Stadia s’appuie sur les services Google

YouTube et Chrome, deux produits de Google, sont au coeur du dispositif de cloud gaming Stadia. En effet, Stadia est une console de jeu qui fonctionne sur le cloud. C’est à dire que les jeux sont streamés et utilisent le débit de votre connection internet. Avec Stadia, Google s’appuie sur le succès populaire de la plateforme YouTube et de ses clips vidéos. En effet, chaque jour,  des créateurs de jeux ou des joueurs y diffusent régulièrement des jeux en continu à des millions de personnes. Avec Stadia, vous pourrez regarder la partie d’un de vos YouTubeurs préférés et y jouer instantanément, ou même lancer le jeu au même endroit du clip que vous regardiez. Les diffuseurs pourront aussi créer des passerelles pour que les fans d’un jeu puissent les rejoindre et jouer avec eux sur YouTube, et Stadia prendra en charge l’écrêtage instantané sur le service vidéo. En tant que navigateur Web de Google, Chrome a également un grand rôle dans le dispositif. Stadia ne sera disponible que par Chrome, Chromecast, et sur les appareils Android initialement. Les utilisateurs des produits Apple devront patienter… ou changer de système d’opération.

Des développeurs de jeu à séduire

Selon le site américain The Verge, Google a cependant encore quelques obstacles importants à surmonter s’il veut s’imposer dans l’arène vidéo-ludique. Le défi principal est d’attirer les créateurs et éditeurs de jeux sur sa plateforme. En octobre, Google avait en effet fait un partenariat avec Ubisoft pour tester Stadia et streamer le nouvel opus de leur écurie : Assassin’s Creed Odyssey. Le 20 mars, même si une centaine de studios de jeu a reçu des kits de développements, le seul titre à avoir été annoncé est le classique Doom Eternal. Google a quand même même dévoilé son propre studio, Stadia Games and Entertainment, destiné à créer des titres exclusifs, mais aucun détail concernant les titres n’a encore été dévoilé. L’autre obstacle – indépendant de Stadia – sera la connectivité des utilisateurs. Car pour en profiter ans ralentissements (60 images par secondes et une résolution de 1080 pixels), les utilisateurs devront avoir une connection d’au moins 25 mégabytes par seconde. D’autres questions restent carrément en suspens: quel sera le prix du service ? S’agira-t-il d’un abonnement ? Selon The Verge, Google devra y répondre courant de l’été.

La concurrence se met en ordre de bataille

Enfin, il y a un autre défi pour Google : faire face à une rude concurrence. En effet, les tenants Sony diffuse déjà les jeux PlayStation sur ses consoles et PC via son service PlayStation Now. L’entreprise a acquis le service de streaming de jeux Gaikai pour le transformer en PlayStation Now, et a même acquis son concurrent OnLive pour l’arrêter. Microsoft planifie également son propre service de streaming de jeux xCloud, avec des essais publics qui devraient débuter plus tard cette année. Les approches de Sony et de Microsoft ne sont pas faites pour le “cloud” contrairement à celles de Google. Ce qui veut direr qu’elles n’obligent pas les développeurs à adapter leurs jeux ou à les reconstruire pour leur service de streaming. C’est un avantage compétitif de taille car Sony et Microsoft peuvent offrir des librairies de gros jeux sans que les développeurs aient besoin de changer quoi que ce soit. En plus de la concurrences des tenants historiques, Google devra faire face à Amazon ou encore Nvidia et même Valve, la maison mère de la plateforme de jeux Steam.

Une chose est sûre la guerre du cloud gaming ne fait que commencer et Sony, Microsoft, Amazon et Google seront les protagonistes de cette lutte acharnée. Chacun pourra compter sur ses armes : Sony son catalogue de jeux et son service PlayStation Now, Microsoft ses centres de données Azure et le service multijoueurs Xbox Game Pass, et Amazon pourra s’appuyer sur sa domination du cloud avec son service Prime, et sa plateforme Twitch pour attirer les joueurs.

Pour en savoir plus : 


LD
Ecrit par
Lilas D
Journaliste, chercheuse et consultante. Depuis Berlin, j'écris sur les enjeux sociétaux des technologies et questionne le futur que nous sommes en train de construire.
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