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Hyperloop : à quoi ressemble le train du futur ?

LD
Lilas
22 octobre 2018

Paris-Marseille en 40 minutes, San Francisco-Los Angeles en 27 minutes, voici les promesses de ce mode de transport du futur nommé Hyperloop.

Tout a commencé en 2012 quand Elon Musk, patron de Tesla et SpaceX évoque une solution de transport hybride entre l’avion et le train, capable de se déplacer à 1200 kilomètres / heure : l’Hyperloop. Ce concept n’est pourtant pas nouveau, il a vu le jour dans la science fiction du XIXème siècle. En effet, la nouvelle de Jules Verne «la Journée d’un journaliste américain en 2889» évoquait déjà un moyen de transport utilisant des tubes pneumatiques pour faire voyager les passagers à 1500 kilomètres par heure. Ce qui est nouveau c’est sa faisabilité technique.

En 2013, Musk détaille son projet dans une note de 57 pages. Hyperloop peut atteindre une vitesse jusqu’ici inégalée grâce à l’absence de deux facteurs qui ralentissent les véhicules existants : la friction et la résistance à l’air. Même si Musk a décrété publiquement qu’il ne construirait pas l’Hyperloop, il a suscité un engouement autour du projet. Désormais, quatre constructeurs d’Hyperloop sont sur les starting blocks et les villes du monde entier souhaitent devenir un terrain d’expérimentation. Bienvenue dans le futur !

Premiers croquis de l'Hyperloop alpha, dévoilés par Elon Musk en 2013

Hyper hype

Qui n’a jamais rêvé de diminuer ses temps de trajet par 3 ou 4 ? Quelle ville n’a pas un jour pensé à créer un réseau de transport rapide et ayant un impact quasi nul sur l’environnement (pollution et bruit) ? La merveille de l’Hyperloop c’est que le concept permettrait de satisfaire usagers et villes en même temps. D’ailleurs, quels sont les constructeurs d’Hyperloop qui travaillent d’arrache pied sur des projets en Californie, au Colorado, en Inde, en Slovénie, à Dubaï et à Abu Dhabi ?

Virgin Hyperloop One, établie à Los Angeles et détenue par Richard Branson, apparaît la firme la plus sérieuse. Sans doute, parce qu’elle est la seule à avoir vraiment testé son “hypertrain” à sustentation magnétique en propulsant une capsule à 387 km/h sur une piste d’essai de 500 mètres dans le désert du Nevada. Un autre acteur revendiqué de cette hypercourse se nomme Hyperloop Transportation Technology et a récemment scellé un accord avec la métropole Toulousaine pour construire un centre de recherche sur l’ancien terrain militaire de Francazal, au sud-ouest de la ville. “Le choix de Toulouse s’est imposé pour l’Europe, nos technologies ont énormément à voir avec l’aéronautique, explique dans Libération Bibop Gresta, le président-fondateur italien d’Hyperloop TT, créé en 2013. Il y a ici un écosystème particulièrement en phase avec nos projets grâce à Airbus et deux pôles de compétitivité autour du transport aérien et spatial et des systèmes embarqués dans les véhicules. C’est la ville des transports de demain.” Enfin, après avoir démenti se lancer dans la construction d’un Hyperloop et organisé des concours étudiants pour le design des pods, Elon Musk a fait état d’un récent rétropédalage. Une des ses entreprises appelée The Boring Company se lancera dans la construction d’un hyperloop.

L'Hyperloop One imaginé par Virgin Hyperloop

Hyper compétitif


A priori, le plus grand obstacle à Hyperloop n’est pas la faisabilité technique. Comme l’explique cette vidéo, ces entreprises savent comment faire (voir ci-dessous).

Au contraire, il s’agira surtout de proposer aux voyageurs une alternative sûre et abordable aux transports que l’on connaît comme l’avion, le train ou la voiture. Ces systèmes de transport sont loins d’être parfaits mais ils ont comme le souligne Wired “des bases établies d’usagers et sont suffisamment sûrs pour satisfaire personnes et organismes de réglementation. Jusque là ces modes de transport sont gérés par des opératuers qui travaillent avec des gouvernements locaux ou nationaux du monde entier et savent comment construire et gérer une infrastructure. Ce n’est pas le cas de l’Hyperloop où tout est à inventer.”

C’est pourquoi avant d’exaucer la prophétie de Musk et de relier San Francisco et Los Angeles, les premiers systèmes Hyperloop vont sans doute cibler des cas d’usage très spécifiques où un nombre de passagers sera quasi assuré et les obstacles politiques minimes. Ainsi un hyperloop reliera un aéroport à un centre-ville ou permettra d’envoyer rapidement des marchandises d’un port à un centre de distribution. La longue distance de ville en ville attendra sans doute.

Hyper flou (encore)

Dûment informés désormais, vous vous demandez mais quand un Hyperloop verra-t-il le jour ? Eh bien personne ne le sait encore. Hyperloop One évoque qu’elle sera dotée de trois unités de production sur son site internet dès 2021. Et Libération annonçait il y a quelques mois que le site d’Hyperloop TT à Francazal tandis que des discussions ont été ouvertes à Limoges pour un autre acteur nommé Transpod. Mais quand on parle délais, législation et… date de première traversée en hyperloop c’est encore plus qu’évasif. Il y a fort à parier qu’Elon Musk ait de nouveaux tours dans son sac. Pour l’heure, on peut – des images plein la tête – un peu mieux se figurer à quoi ressemblera un des modes de transport du futur… et rêver.


LD
Ecrit par
Lilas D
Journaliste, chercheuse et consultante. Depuis Berlin, j'écris sur les enjeux sociétaux des technologies et questionne le futur que nous sommes en train de construire.
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