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La bibliothèque de Marc Andreessen

Ariane
Ariane
9 janvier 2017

Lorsque vous franchissez le hall d’entrée du prestigieux fonds Andreessen Horowitz, crée par Marc Andreessen et Ben Horowitz, une ambiance singulière s’installe : vous venez de mettre les pieds dans la bibliothèque personnelle de Marc Andreessen.

Andreessen Horowitz (également appelé a16z) est l’un des fonds de capital-risque les plus emblématiques de la Silicon Valley. Le fond a levé plus de 5 milliards de dollars depuis sa création en 2009. Il reçoit chaque année plus de 3 000 demandes de financement de la part de startups, principalement dans le secteur de la tech, invite 1 000 entrepreneurs à « pitcher », pour au final financer 20 à 25 heureux élus.

Le capital-risque est une activité essentielle en Silicon Valley. L’argent investi est un peu comme l’essence injectée dans le moteur de l’innovation. Les fonds d’investissement prennent des parts généralement minoritaires dans des sociétés en phase de démarrage. Ils leur apportent une injection de capital nécessaire à leur développement en échange de l’espoir d’un retour lucratif. Etant donné le taux d’échec élevé des startups (environ 70 – 80 % d’échec), la première qualité des investisseurs en capital-risque est de savoir repérer la perle rare, la startup qui deviendra le prochain Facebook.

Des succès emblématiques

Andreessen Horowitz a collectionné les succès : Skype, Twitter, Facebook, Airbnb, Oculus VR, Pinterest, Box sont quelques exemples qui montrent la bonne intuition, la rigueur et le talent des associés de ce fonds d’investissement, l’un des plus renommé sur Sand Hill Road – la route où les plus grands fonds ont leur enseigne, pas loin de l’Université de Stanford.

Ce succès fascine, et beaucoup essaient de comprendre à quoi sont dus ce sens aigu des affaires et cette capacité à se projeter dans notre futur pour réaliser des investissements aussi judicieux. Des deux co-fondateurs, Marc Andreessen est le plus visible : le théoriste, la personnalité la plus écoutée, avec plus d’un demi-million de followers Twitter à lui seul. L’une des hypothèses avancées pour comprendre la préscience d’Andreessen: sa bibliothèque.

Lire pour réussir ?

La première chose qui frappe quand on pousse la porte d’Andreessen Horowitz, ce sont les murs du spacieux hall d’entrée tapissés d’étagères remplies de livres en papier – qui sont de plus en plus rares au royaume de l’iPhone ou autre Kindle Reader (pour des photos, on pourra se reporter à l’article publié par Wired sur le même sujet). Une façon d’honorer la forme traditionnelle du capital culturel ? Pas exactement.

Si l’on regarde de plus près les titres rassemblés ici, dont la plupart ont été choisis par Marc Andreessen, on trouve bien sûr les titres attendus sur les acteurs clés de l’écosystème de la Valley : les startups, les fondateurs, les technologies. On se rend toutefois compte très rapidement qu’une grande partie de la collection est consacrée aux débuts d’Hollywood : Who the Devil Made It : Conversations with Legendary Film Directors, du réalisateur Peter Bogdanovich ; The Star Machine de Jeanine Basinger, The Whole Equation : A History of Hollywood de David Thomson.

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Echapper à l’establishment

Quel point commun entre Hollywood, et la Silicon Valley ? A priori, pas grand-chose, si ce n’est la Californie. Et cela n’est finalement pas si anodin. La Silicon Valley et les studios d’Hollywood ont été fondés par des pionniers qui sont venus sur la côte Ouest des Etats-Unis pour y trouver leur indépendance, et échapper aux manières de faire qui prévalaient sur la côte Est. Les cinéastes voulaient échapper au monopole de la Movie Picture Patents Company, fondée en 1908 par les neufs plus grandes sociétés cinématographiques qui possédaient le brevet de la caméra créée par Edison, et qui voulaient ainsi s’assurer le contrôle l’industrie. William Shockley, l’inventeur du semi-conducteur, est venu s’installer dans les années 1950 en Californie pour échapper à la culture d’entreprise hiérarchisée, lente et bureaucratique des grosses entreprises d’ingénierie de la côte Est. Pour Hollywood, et pour la Silicon Valley, le moment de la fondation est placé sous le signe de la rupture avec l’establishment, qui fait place à la culture du risque, de l’ouverture, de l’innovation.

Un autre point commun aux deux industries : leur capacité à mythifier – les plus cyniques d’entre vous pourront ici lire « mystifier ». Hollywood produit des stars, leur légende, à l’écran et dans les magazines etc. La Silicon Valley sait aussi créer du mythe : celui de la startup créée dans le garage des fondateurs géniaux, le storytelling autour de l’idée initiale – souvent retravaillée – le côté « glamour » de la vie de « cofounder », les nouvelles startups vont rendre notre monde meilleur… Les mythes sont même maintenant relayés par des séries TV, des codes vestimentaires.

La Californie est une terre de conquête, celle de ceux qui veulent aller de l’avant, en cultivant l’irrévérence propre à l’outsider. Il nous restera à observer comment les conditions propices à l’innovation et l’esprit d’aventure réussissent à se maintenir avec le temps qui passe.

 

Source: “Silicon Valley’s Secrets Are Hiding in Marc Andreessen’s Library“.


Ariane
Ecrit par
Ariane Zambiras

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