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La blockchain peut-elle sauver le monde ?

Philothée
Philothée
19 novembre 2018

La blockchain pourrait bien aider à accélérer notre progression collective vers les Objectifs de développement durable.

À l’occasion du forum ChangeNOW, qui s’est tenu à Paris les 28 et 29 septembre 2018, Yellow explore les initiatives qui s’appuient sur la technologie pour changer le monde. Après un article dédié aux start-ups dont la raison d’être est de contribuer à l’atteinte des Objectifs de développement durable des Nations Unies, penchons-nous aujourd’hui sur celles qui utilisent la technologie la plus hype du moment, la blockchain, pour développer des projets à impact social positif.

Au-delà de la hype, un impact réel

“La technologie blockchain peut contribuer à l’atteinte des 17 Objectifs de développement durable pour mettre fin à la pauvreté, protéger la planète et autonomiser les femmes et les hommes d’ici à 2030, en accord avec les objectifs des entreprises inclusives”, écrit sans ambages le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). En effet, la blockchain a de multiples applications, au-delà des crypto-monnaies qui l’ont rendue célèbre. Elle peut être employée à des fins d’inclusion financière, pour améliorer la traçabilité de la chaîne d’approvisionnement, pour aider les populations vulnérables ou dans l’énergie et l’environnement. Ce sont les quatre domaines d’action que l’incubateur Blockchain for Social Impact Coalition (BSIC), basé à New York, a choisi de développer. Mais la blockchain joue aussi un rôle important dans la santé, la démocratie et la gouvernance, les droits du sol, l’aide et la philanthropie ou encore l’agriculture.

Et ce n’est pas qu’une mode : d’après les travaux menés par Doug Galen, de la Stanford Graduate School of Business, sur 193 initiatives à impact social qui reposent sur la blockchain, ça marche. Son étude, Blockchain for Social Impact: Moving Beyond the Hype, montre qu’alors que la plupart des initiatives sont récentes, 55% d’entre elles devraient avoir un impact tangible pour les bénéficiaires d’ici la fin 2018. Leur utilisation de la blockchain est plus qu’un gadget, puisque que 20% des projets proposent une solution qui n’aurait pas été possible sans cette technologie, et 86% offrent un progrès par rapport à l’existant. Enfin, Doug Galen observe que le secteur le plus vivace pour la blockchain for good est la santé (25% des initiatives), suivi de l’inclusion financière (13%), de la philanthropie et aide (11%) et de la démocratie et gouvernance (également 11%).

Favoriser l’inclusion financière

La blockchain s’est d’abord développée dans le secteur financier parce qu’elle permet de sécuriser les transferts d’argent et de réduire les risques de fraude ainsi que les coûts. Aujourd’hui, peut-on lire chez Blockchain for Social Impact Coalition, alors que le World Food Programme estime que 50% de ses aides seront délivrées sous forme de transferts d’argent d’ici 2020, l’organisation compte sur la blockchain pour réduire les coûts de transaction à moins d’1%, ce qui représenterait des millions de dollars d’économie.

Le PNUD dresse une liste d’entreprises qui l’utilisent pour améliorer l’accès aux services financiers des populations traditionnellement déconnectées : Coins.ph (Philippines), BitPesa (Kenya), Bitso (Mexique) ou encore Unocoin (Inde) permettent des transferts d’argent plus rapides et beaucoup moins chers comparés aux banques traditionnelles. La Gates Foundation, de son côté, soutient Mojaloop, un code open source qui vise à réduire le coût des paiements en ligne dans les pays en développement. “Cela se traduit par davantage de revenu disponible, une meilleure résilience face aux chocs économiques, et une participation plus large des populations les plus vulnérables au système financier”, écrit le PNUD.

La blockchain peut aussi aider les populations sans identité économique formelle et les réfugiés à accéder à ce genre de services. C’est le positionnement de la start-up américaine BanQu : elle propose une app grâce à laquelle la personne peut construire son profil en utilisant la reconnaissance faciale et vocale et en retrouvant toute une série d’informations (historique de transactions, parcours académique, etc.). Avec le temps, l’utilisateur dispose ainsi d’une identité financière qui lui permet d’ouvrir un compte en banque et d’avoir accès à l’assurance maladie.

Des chaînes d’approvisionnement plus éthiques et un environnement protégé

Autre grand domaine d’application de la “blockchain for good” : la traçabilité dans les chaînes d’approvisionnement globalisée. La start-up londonienne Provenance a ainsi testé l’utilisation de la technologie sur le très controversé cycle de vie du thon d’Indonésie : les pêcheurs envoient un SMS à chaque prise, ce qui lui donne une identité numérique qu’il est ensuite possible de suivre jusqu’à l’arrivée du poisson sur les tables japonaises. Dans le domaine de la santé, la start-up zurichoise Modum.io se concentre sur la traçabilité des médicaments, afin de s’assurer qu’ils sont authentiques et qu’ils ont correctement été stockés tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Pour le PNUD, cette approche pourrait être élargie pour vérifier que les engagements éthiques de tout type d’entreprises sont respectés, notamment sur les plans sociaux (droit du travail) et environnementaux.

En parlant d’environnement, justement, la chaîne de blocs ouvre aussi des voies très prometteuses. Elle permet de créer des réseaux (grids) électriques sans intermédiaires centraux, comme Grid Singularity et Power Ledger, pour partager en pair-à-pair la production d’énergie renouvelable. Elle offre une alternative aux mécanismes traditionnels de certification carbone, coûteux et pas infaillibles, qui excluent de fait les petits producteurs d’électricité verte du marché du carbone (c’est notamment ce que fait la start-up française Inuk, pour rendre la compensation carbone accessible au plus grand nombre).

Contribuer à l’économie locale

Enfin, la blockchain peut appuyer le développement de projets à impact et de l’économie locale. La start-up française POI proposera très prochainement un “nouveau type de monnaie créé pour encourager les comportements positifs et aide à revitaliser les économies locales”. L’idée : “récompenser” les utilisateurs pour chaque action positive qu’ils effectuent au travers de l’app (acheter chez un commerçant solidaire, donner à une association, choisir un mode de transport vert, etc.) en monnaie virtuelle (le POI), qu’il peut ensuite utiliser chez les commerçants locaux, reverser à des projets ou revendre à des organisations. Le tout repose sur des monnaies locales, dans une logique de contribution à l’économie réelle.

Comme l’écrit le PNUD, reste à résoudre un certain nombre de défis réglementaires et technologiques pour que la blockchain puisse être à la hauteur de son potentiel en termes d’impact social. Et cette collection d’initiatives montre bien que, “comme toujours avec l’innovation, tous les yeux se tournent vers le secteur privé pour faire progresser cette technologie afin qu’elle aie un impact à grande échelle.”


Philothée
Ecrit par
Philothée Gaymard
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