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La femtech, grande tendance de 2018

Philothée
Philothée
28 mai 2018

À mesure que les applis et objets connectés dédiés à la santé et au bien-être des femmes se multiplient, la femtech voit son poids économique grandir de manière exponentielle.

Au mois de mars 2018, lors de la conférence WIRED Health organisée à Londres par le magazine du même nom, un panel a été consacré à la santé des femmes, et on a beaucoup parlé de femtech. La femtech, c’est l’ensemble des solutions technologiques qui visent à améliorer la santé et le bien-être des femmes. Elle comprend principalement les innovations liées à la fertilité, au cycle menstruel, à la maternité et au bien-être sexuel, mais aussi à la santé générale des femmes. Le terme a été inventé par Ida Tin, Danoise installée à Berlin et fondatrice de la start-up Clue, un outil de suivi du cycle menstruel et de la fertilité. Depuis quelques petites années, le secteur de la femtech grandit lentement mais sûrement. Et son boom sera peut-être bien pour 2018.

Source : FemTechers

La santé des femmes oubliée de la tech

Comme le rappelle un article de Forbes, la santé des femmes ne représente que 4% des fonds alloués à la recherche et au développement de produits et services de santé. Et la majorité des dépenses sur les maladies “générales” finance des recherches concentrées sur les hommes (alors même qu’hommes et femmes réagissent différemment à certains traitements). Or, les femmes représentent 49,6% de la population mondiale, et le poids économique de leurs maladies avoisine les 500 milliards de dollars. Dans certaines régions du monde, les femmes ont peu ou pas accès à des services de santé qui répondent à leurs problématiques spécifiques.

“Il est étonnant que le monde de la tech ait attendu aussi longtemps pour se lancer sur ce marché. Les ONG se battent depuis des décennies pour apporter des services de santé aux femmes dans les pays en développement, alors pourquoi la Silicon Valley a-t-elle attendu aussi longtemps pour disrupter et numériser ce secteur ?”, s’interroge la journaliste Bérénice Magistretti chez VentureBeat. La réponse est aussi simple que déprimante : avec environ 7% de femmes parmi les Venture Capitalists, les entrepreneures de la femtech se retrouvent souvent à pitcher devant une salle remplie d’hommes qui ne se sentent pas concernés par le problème qu’elles tentent de résoudre. “On me disait, c’est un peu une niche comme domaine, et je disais non, ça affecte 50% de la population. C’est tout aussi légitime qu’un FitBit pour tracker le fitness”, raconte Bérénice Magistretti dans une vidéo sur la femtech.

L’enfance de la femtech

C’est heureusement en train de changer. Ces dernières années ont vu se multiplier des start-up femtech, de Clue aux culottes périodiques Thinx, en passant par Elvie, l’appareil connecté pour exercices Kegel, ou encore Naya, le tire-lait connecté. En 2015, la femtech a levé environ 82 million de dollars ; en mars 2017, le montant levé depuis 2014 atteignait les 1,1 milliards de dollars. D’après une récente étude de Frost & Sullivan, le marché pourrait atteindre les 50 milliards en 2050.

Pour Tania Boler, co-fondatrice de Elvie, l’avènement de la femtech est dû à l’intersection de trois facteurs : le renouveau féministe notamment porté par le mouvement #metoo, la révolution technologique qui repose sur les données personnelles, et un changement de paradigme dans lequel les patients sont de plus en plus en contrôle de leur santé. Et les investisseurs commencent à prendre le train en marche. “Ils ne se posent plus la question : la santé des femmes est une grosse opportunité”, se félicitait Tania Boler lors de la conférence WIRED Health. Comme l’écrit  avec une pointe d’ironie  Jill Richmond chez Forbes, “les investisseurs sont en train de comprendre l’importance et le potentiel de technologies qui répondent aux besoins médicaux quasiment complètement ignorés de près de la moitié de la population.”

http://www.zinc-group.com/index.php/news/2017/the-future-is-femtech

Source: zinc-group.com 

Pink ghetto?

La femtech n’est pourtant pas sans rencontrer certaines critiques. Comme l’explique Bérénice Magistretti, “le terme n’est pas encore très accepté : il y a des gens qui disent que vous prenez une technologie légitime et que vous la mettez dans un ‘pink ghetto’. Je pense que malheureusement, au début de ce genre de mouvements, il faut avoir un terme qui est représentatif pour brander, pour marketer.”

Par ailleurs, si elle veut vraiment répondre aux besoins spécifiques des femmes, la femtech devra s’élargir à d’autres secteurs. “Les services de santé pour les femmes se centrent pour le moment sur la santé des mères et des enfants, la contraception et la fertilité, souligne Reenita Das chez Forbes. Il est intéressant d’observer que la prévalence de certaines maladies est bien plus importante chez les femmes que chez les hommes.” C’est le cas de l’arthrite (1,5 fois plus fréquente chez les femmes aux États-Unis en 2017), de la dépression et des troubles anxieux (2 fois plus), des maladies auto-immunes (3 fois plus) ou d’Alzheimer (1,5 fois plus). “Il existe des différences fondamentales dans la manière dont les femmes métabolisent les médicaments comparé aux hommes, et il est donc crucial d’inclure plus de femmes dans les recherches et tests cliniques, dans le développement des produits et dans le marketing direct”, insiste Reenita Das. En attendant, les start-up spécifiquement tournées vers les femmes se donnent pour mission de combler les lacunes d’un système de santé qui les prend encore trop peu en compte.


Philothée
Ecrit par
Philothée Gaymard
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