Simplifiez-vous l'innovation

#astuce
catégories

#astuce
partage

#astuce
liens internes

tour_cover-yellow-innovation

La tournée qui veut rendre la France connectée et durable

Mickael Guerin
Mickael
15 mars 2017

Avec le projet de la Tournée Numérique, le jeune élu Jean-Philippe Delbonnel, découvre le panorama des initiatives numériques en France.

Jean-Philippe Delbonnel, jeune conseiller municipal en charge du numérique de Fleury-les Aubrais, près d’Orléans, a parcouru la France et l’Europe à la recherche des meilleures initiatives dans le numérique. Plus d’un millier de personnes, élus, chefs d’entreprise, startupeurs, responsables associatifs, membres des communautés French Tech, lui ont exposé l’importance que le numérique a pris dans leur activité, les perspectives d’évolution qui s’offrent à eux ainsi que les problématiques de développement qu’ils rencontrent au quotidien. De ces témoignages, il en a fait un livre.

Que retires-tu de l’expérience de la Tournée Numérique ? 

JPD : En prenant un peu de recul, on s’aperçoit que la révolution digitale amenée par l’évolution des technologies est déjà passée et nous a tous emportés, dans son tsunami. Il est ainsi indispensable pour chaque acteur de se laisser guider dans la direction prise par les vents du digital afin de ne pas se retrouver, à contre-courant, dans le creux de la vague, mais plutôt de rester dans une dynamique d’action afin d’être vecteur à part entière de la mutation de notre société est une priorité. Une mutation positive bien sûr, respectueuse de l’homme, et pensée pour l’homme, qui ne doit en aucun cas le sacrifier à une rentabilité à toute épreuve et immédiate.

Concrètement, comment cela se traduit-il ?

JPD : Dans une collectivité, la transition numérique peut intervenir sous différents angles. Notamment en interne, en mettant l’accent sur la dématérialisation, l’open source, le data, ou encore le bon suivi des travaux de la fibre optique qui sont à la base de tout développement. Pour les élus, il ne faut pas se tromper de « stratégie », la médiation sociale pour les citoyens paraît déjà d’un temps révolu. L’heure n’est plus à la communication mais au Usercentric, autrement dit l’utilisateur d’abord. L’action ne se fait en direction de tous les publics mais se concentre sur la cible concernée afin d’optimiser le service pour ceux qui le feront vivre. Se mettre à la place du citoyen et résonner en fonction de ses besoins et de ses préoccupations à l’instant T, voilà une direction vers laquelle il faudra tendre à l’avenir.

Le numérique suppléé par la technologie se mue en réducteur de distances et en tremplin de service public dans les zones reculées. Le numérique n’est ni un cap, ni objectif, ni une finalité en soit. C’est une philosophie qui se cultive et pour cela s’inscrit dans la continuité des évolutions de notre temps.

Au-delà de ta vision d’élu local, donc centrée sur les problématiques du citoyen, quelles tendances vois-tu venir ?

JPD : Une ville servicielle, où les smartphones seront les télécommandes : Applications pour la gestion des places de parking disponibles dans les villes, réservation et suivi de l’actualité de la cantine scolaire depuis un smartphone, optimisation du temps de trajet pour faire ses courses, bornes wifi, déploiement du wifi linéaire ou même encore les plateformes de la CivicTech sont autant de services, trop peu répandus aujourd’hui mais qui feront partie de notre quotidien demain.

 Au-delà de la France, tu as vécu des expériences fortes en Europe, notamment en Espagne ou en Estonie. Que peux-tu nous en dire ?

JPD : L’Estonie, devrais-je dire la E-Estonie, est le pays le plus numérique d’Europe avec son ID card, qui permet à tout citoyen du monde entier de devenir e-résident du pays.( Bien plus qu’une simple carte d’identité légale, elle sert de carte d’accès numérique pour tous les services électroniques en ligne de l’Estonie. : identité, assurance maladie, identification lors de l’enregistrement dans des comptes bancaires à partir d’un ordinateur personne, signatures numériques,  vote électronique… ).

A Jun, petite ville en Espagne non loin de Grenade, j’ai découvert la démocratie horizontale, où le Maire gère sa commune via le réseau social Twitter : il considère que les coups de téléphones et les mails sont d’un temps révolu. 70% des 3700 habitants possèdent un compte Twitter. Les différents services et les élus de la ville communiquent directement avec les Junéros. Le service voirie mais aussi la police municipale peuvent intervenir directement selon les besoins exprimés par les habitants. C’est assez surprenant, mais très efficace pour les prises de décision dans l’intérêt local.

Revenons à la France. Que retires tu de cette plongée digitale pour l’avenir du pays. ?

JPD : En France, il faut nous atteler à l’acculturation au numérique. Ce qui passe par une éducation et une sensibilisation de chacun, quel que soit l’âge, le sexe, la profession ou l’origine sociale. L’Eduction Nationale devrait être garante d’une telle politique de formation, avec au coeur de sa mission la lutte contre l’exclusion numérique, la fracture numérique.

Par ailleurs, si le numérique est aujourd’hui l’un des axes autour desquels tourne notre société, il est loin d’être le seul, et il n’est peut-être pas le plus important, il ne doit pas balayer d’un revers de main l’ensemble des valeurs et sentiments que l’homme a développé depuis son origine. Cependant, c’est un outil qui articule notre société et impacte notre vie quotidienne. Les perspectives d’évolution du niveau de vie de chaque pays semblent associées au développement numérique, donc à nous de prendre le bon wagon…

C’est le sens de ton livre, d’une certaine façon, répertorier des pistes d’action ?

JPD : Oui, je mets en avant 48 idées pour une France numérique. Globalement, cela repose sur la capacité des élus et des instances dirigeantes à comprendre les enjeux du numérique et l’importance et les avantages de son utilisation. Le numérique doit servir comme levier d’économies pour les collectivités et comme accélérateur d’innovations organisationnelles.

La question que je n’ai cessé de poser à mes interlocuteurs au début de mes échanges, lors de mes déplacements était : qu’est-ce que le numérique pour vous ? Sur le millier de personnes rencontrées, très peu, en réalité, ont su définir les fondamentaux du numérique. Cela montre la complexité de ce qui peut être englobé par ce terme.

Un dernier mot ?

JPD : Avec ce livre, j’ai voulu faire un panorama des initiatives numériques dans notre pays. Mais ce n’est pas simplement un catalogue de l’existant. Pour moi cette démarche est aussi un questionnement sociologique et sociétal : étudier le numérique c’est aussi chercher à comprendre notre société, car si une technologie émerge, c’est que la civilisation en a besoin et elle ne vient pas de nulle part. A force de parler de nouveauté, on oublie qu’entre le principe d’auto-organisation des algorithmes de Google et celui des fractales africaines du Banama du Xème siècle, il n’y a qu’un pas.

Propos recueillis par Mickael GUERIN

Pour en savoir plus sur la Tournée du Numérique : Site Web, Facebook, Twitter.


Mickael Guerin
Ecrit par
Mickael Guerin

Partagez cet article

Partager
Commentaires (1)

Les commentaires sont fermés.

S’inscrire
à la newsletter