Simplifiez-vous l'innovation

#astuce
catégories

#astuce
partage

#astuce
liens internes

Abonnement-3-1080-1080

L’abonnement, un modèle florissant

LD
Lilas
12 novembre 2018

Dans une économie où la majorité des biens et services est désormais virtuelle, nombre de startups optent pour un modèle d’affaires tourné vers l’abonnement.

Vous pensiez que le modèle d’affaires de l’abonnement — les plus vieux de nos lecteurs se rappelleront des Éditions Atlas et l’âge d’or de la vente de livres par correspondance — était enterré ? Eh bien non. Selon The Economist Intelligence Unit (2014), “61% des jeunes de 18 à 25 ans déclarent vouloir consommer plus de produits ou services par abonnement”.

Surfant d’une part sur les aspirations anti-gaspi de consommateurs plus avertis et d’autre part sur une virtualisation des biens et services, des startups européennes et américaines toujours plus nombreuses revendiquent une “économie de l’abonnement”, c’est-à-dire une économie dans laquelle la propriété d’un bien est temporaire et la relation avec le consommateur s’établit sur le long terme.

La "Subscription Economy" accessible depuis votre poche (source : Colliers International)

L’avènement de la “subscription economy”

Qu’on se le dise : ce que le PDG Zuora, la firme américaine qui vend aux entreprises un abonnement à des logiciels, appelle “la subscription economy” n’est pas un phénomène nouveau. C’est plutôt un phénomène hybride. Les modèles d’abonnement ont en effet toujours existé, même dans les temps presque oubliés d’avant internet. D’ailleurs les boxes à domicile avec échantillons sont un modèle qui reste populaire. Selon Ziqy, une startup qui aide les grandes entreprises à se lancer dans l’économie de l’abonnement, “250 Boxs sont désormais proposées en France, soit plus de 600.000 abonnés à une ou plusieurs Boxs”.  Mais là où on paye encore pour posséder un produit, il semblerait que les aspirations des consommateurs sont en train de changer. Ainsi, selon une étude de l’IFOP/Zuora en 2014, 50% des Français voulaient “changer de modèle de propriété de biens et optent pour l’abonnement. Outre-Manche, 89% de la population (Yougov, 2017) souscrit à au moins un abonnement. Cette nouvelle tendance de consommation s’incarne dans des biens et services virtuels, souvent proposés par des startups. Ainsi vous avez remisé votre collection de DVDs au placard et avez opté pour un abonnement Netflix, abandonné vos CD pour Spotify et confié le stockage de vos documents à Dropbox.

Une propriété temporaire

Après la vague d’abonnement culturels (Netflix & consorts) et des fameuses boxs beauté, whisky ou encore geek, d’autres acteurs ont décidé de se positionner sur le créneau de l’abonnement. Mais cette fois, cela concerne des biens physiques dont la propriété était auparavant envisagée de manière permanente. La startup allemande Get Grover propose ainsi de louer n’importe quel bien technologique d’une période allant de 1 mois à 2 ans. Le concept permet de contourner l’obsolescence programmée et ravira les chasseurs de cool qui souhaitent toujours avoir le dernier smartphone à la mode ou le home cinéma dernier cri. Dans un autre registre, le constructeur hollandais de vélos VanMoof a lancé en avril dernier Van Moof Plus, un système d’abonnement à un vélo électrique. Vous n’achetez pas le vélo :  vous payez les clefs ainsi qu’un abonnement mensuel pour utiliser un vélo électrique. Là où l’économie du partage est basée sur l’utilisation partagée et la recirculation d’un même bien auprès de plusieurs personnes, l’abonnement à un bien spécifique crée une relation exclusive avec utilisateur. Cette “propriété temporaire” est un concept qui fonctionne pour les biens onéreux où le consommateur souhaite se “distinguer” (comme un vélo électrique) ou pouvoir bénéficier d’un équipement pointu (comme dans le cas d’un appareil photo numérique). Mais ce n’est pas parce que la propriété est à durée déterminée que la relation client, elle, ne se fait pas sur le long terme. Bien au contraire !

Miser sur le temps long

Toujours selon Zuora, l’économie de l’abonnement est une manne financière pour les entreprises qui se lancent dans l’aventure. Aux États-Unis, 41% du chiffre d’affaires du commerce de détail provient du business model de l’abonnement. En revanche, cela ne veut pas dire que toutes celles qui se lancent dedans réussiront. En effet, pour le CEO de Zuora, la clé est de miser sur la relation client. “L’économie de l’abonnement a augmenté l’intimité entre les entreprises et leurs clients. Chaque entreprise doit mieux gérer une relation client multi-channel, directe, complexe et réactive. […] Pour une entreprise qui se lance dans ce modèle d’affaires, c’est une question de vie ou de mort”, explique-t-il dans Forbes. Moralité, pour faire de l’abonnement à la sauce 2018, il faut surtout savoir tisser une vraie relation personnalisée avec ses clients.


LD
Ecrit par
Lilas D
Journaliste, chercheuse et consultante. Depuis Berlin, j'écris sur les enjeux sociétaux des technologies et questionne le futur que nous sommes en train de construire.
Partager
Commentaires (0)
S’inscrire
à la newsletter