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Le big data pour gagner les élections américaines

Ariane
Ariane
1 novembre 2016

Les sondages traditionnels par téléphone n’arrivent plus à augurer les intentions de vote des citoyens américains en 2016.  La start-up Civis Analytics teste de nouvelles méthodes de sondage en ligne pour mieux connaitre l’opinion des jeunes générations

Nous sommes tous devenus plus habiles pour éviter les coups de fil indésirables : inscription sur liste d’opposition au démarchage téléphonique, rejet des numéros d’appel masqués etc. Ces stratégies qui nous permettent d’éviter les sollicitations commerciales posent un problème épineux aux instituts de sondages, qui se retrouvent privés de leur modalité principale d’accès à l’opinion.

Pourquoi les sondages sont-ils importants ?

Les sondages donnent à entendre dans le débat public la voix des citoyens.  Ils fournissent aussi aux analystes et experts une vue en temps presque réel du paysage politique, pour éviter une déconnexion trop grande entre le pays et ses dirigeants.

Pour les politiciens, les sondages sont aussi un enjeu stratégique de première importance lors des campagnes, pour savoir où investir les ressources et mobiliser les militants. Les primaires américaines ont fourni de nombreux exemple de prédictions qui sont tombées à côté de la plaque avec de lourdes conséquences politiques, comme la victoire « surprise » de Bernie Sanders dans le Michigan sur Hillary, alors que les sondages prévoyaient gagnante à plus de 20% sur son opposant démocrate.

Bernie Sanders remportant l'état du Michigan
Bernie Sanders remportant l'état du Michigan

L’échec des sondages traditionnels

Aux Etats-Unis, les régulations interdisent les coups de fil des sondeurs aux téléphones portables. Avec l’évolution des comportements des jeunes générations, le fait d’appeler seulement les lignes de téléphone fixes pour sonder l’opinion publique a introduit un biais important : les sondeurs arrivent à joindre de moins en moins de personnes, et ces personnes sont de plus en plus âgées.

L’évolution est drastique. Dans les années 1970 ou 1980, les sondeurs avaient un taux de réponse d’environ 70%. Ce taux s’est effondré, et en 2016, il est inférieur à 1%. Pour les élections présidentielles américaines, où les résultats sont souvent décidés par le vote d’une poignée d’états clés, la décision stratégique d’investir les ressources de campagne dans tel ou tel endroit peuvent assurer la victoire – c’est ce qui s’est passé avec l’état du Michigan pour Barack Obama en 2012. Les sondages sont devenus tellement inexacts en 2016 que le leader en la matière, Gallup, a décidé de ne pas proposer de sondage sur les intentions de vote pour la présidentielle Clinton vs. Trump.

Big Data à la rescousse

Depuis les deux campagnes de Barack Obama, le parti démocrate mène la course aux données fiables. Campagne après campagne, le parti a construit une équipe de data scientists et une infrastructure de bases de données pour capturer l’image la plus fidèle de l’électorat. Chaque votant est identifié par un numéro unique auquel sont rattachés de nombreux paramètres de comportement politique, identité Facebook, abonnement à des magazines etc. Le QG où l’équipe de 54 statisticiens travaillait pendant la campagne Obama de 2012 était surnommé « la grotte » – isolement physique pour empêcher les fuites d’informations. Ils fournissaient chaque matin modélisations et prédictions directement au manager de campagne.

Dan Wagner, fondateur de "la grotte" participant à une conférence sur la Big Data
Dan Wagner, fondateur de "la grotte" participant à une conférence sur la Big Data

Une startup issue de la campagne d’Obama 2012

De « la grotte » émergea une structure plus pérenne : Civis Analytics. Son fondateur, Dan Wagner, a reçu des fonds d’Eric Schmidt, Président exécutif d’Alphabet, la maison mère de Google, pour lancer cette start-up qui compte maintenant plus d’une centaine d’employés.

Civis Analytics expérimente de nouvelles méthodes de sondage en ligne. Un partenariat avec Google permet actuellement de tester un système où pour pouvoir accéder à un site, l’internaute doit tout d’abord remplir un sondage. Google reçoit un pourcentage payé par l’équipe qui souhaite diffuser le sondage, et reverse une participation à Civis Analytics.

D’autres méthodes explorées analysent les Tweets et posts Facebook pour détecter quels sont les thèmes importants dans nos conversations. La base de données plus précise ainsi constituée permet de mieux cibler la population. Elle a été utilisée par exemple pour mieux détecter les personnes non couvertes par une assurance santé lors de la réforme ObamaCare.

Une révolution est en cours dans le fonctionnement des campagnes politiques, qui placent les statistiques au cœur de leur stratégie, plutôt que l’intuition ou le flair. Reste désormais à voir quels seront les écarts entre le résultat des élections américaines du 8 novembre et les sondages communiqués tout au long de la campagne. Ce sera alors l’occasion de confirmer définitivement si oui ou non les sondages traditionnels apportent encore une valeur aux prédictions de vote.


Ariane
Ecrit par
Ariane Zambiras
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