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Le boom de la food tech arrive en France

Philothée
Philothée
3 décembre 2018

La food tech, ou l’innovation technologique mise au service de toute la chaîne de valeur alimentaire, est un secteur désormais bien ancré aux États-Unis et qui commence à se structurer en France.

La Food Tech, selon la définition du cabinet de conseil spécialisé DigitalFoodLab, se comprend comme “l’ensemble des entrepreneurs et des startups du domaine alimentaire (de la production au consommateur final) qui innovent sur les produits, la distribution, le marché ou le modèle économique.” 

Le secteur est aujourd’hui en plein boom. Aux États-Unis, entre 2010 et 2016, plus de 400 startups ont levé 8 milliards de dollars dans le domaine. La France, pays de la gastronomie, commence doucement à structurer un secteur en expansion encore un peu timide.

Food tech, des innovations poussent

Les plus gros acteurs de la food tech, ceux qui sont capables de faire des levées de fonds spectaculaires, sont principalement des sociétés de livraison de repas comme Foodora, Uber-Eats, Deliveroo ou Frichti. En France, elles représentent 40% du secteur, selon une étude de DigitalFoodLab sur la food tech en France de 2013 à 2017. Mais ce n’est que la “partie émergée de l’iceberg”, estime Jérôme Zlatoff, responsable innovation à l’Institut supérieur d’agriculture et d’agroalimentaire (Isara) et référent de la food tech lyonnaise, interrogé par Les Échos. La food tech, ça concerne “tous les maillons de la chaîne de valeur (…) : agriculture, viticulture, transformation, distribution et consommation”, liste le quotidien économique.

L’étude de DigitalFoodLab distingue six grandes catégories : AgTech (agriculture assistée par les outils numériques), FoodScience (transformation alimentaire et création de nouveaux produits), FoodService (réinvention des services de la restauration), Coaching (nutrition personnalisée notamment grâce à l’IA), Media (information du consommateur) et enfin Delivery & retail (e-commerce, livraison de nourriture, etc.). Notons que la Global Foodtech Map de Crowdfooding en dénombre dix, si cela vous intéresse d’aller plus loin.

Pour achever de se convaincre de cette diversité, il n’y a qu’à consulter la liste des 25 entreprises (américaines) les plus prometteuses de la food tech, citées par le magazine spécialisé The Spoon. Parmi elles, on trouve le mug Ember qui maintient les boissons chaudes à la température idéale de dégustation, la petite machine Nima qui peut détecter la présence d’allergènes dans n’importe quel aliment, Beyond Meat qui fait des steaks végétaux ressemblant à s’y méprendre à de la viande ou, dans la même veine, Perfect Day qui utilise des levures artificielles pour fabriquer du “lait sans vache” génétiquement identique au “vrai” lait de vache. Dans la liste, il y a aussi le géant Deliveroo, dont le projet de cuisine-relais Editions s’appuie sur les données des utilisateurs pour combler l’offre dans les zones peu riches en restaurants : ses “Roobox”, des containers mobiles où la nourriture se prépare, apporte aux consommateurs excentrés exactement ce dont ils ont envie. Mentionnons enfin Pilotworks, qui aide les start-ups de la food tech à se lancer en leur donnant accès à des infrastructures et ressources partagées (cuisine, réseau, mentors, etc.).

La France un peu en retard

En France en revanche, le secteur accuse un léger retard. Certes, on a quelques startups qui connaissent déjà un joli succès, comme Frichti ou La Ruche qui dit oui !, qui facilite l’accès aux producteurs en circuit court. Toujours selon l’étude DigitalFood Lab, il existe 472 startups food tech en France. Elles ont collectivement levé 317 millions d’euros depuis 2013, avec une multiplication par trois des montants investis entre 2015 et 2016.

Mais entre 2014 et 2016, la France, pourtant pays de gastronomie, ne représentait toujours qu’1,13% des investissements mondiaux dans le secteur de la food tech. Et comme l’explique à Infos Dijon Xavier Boidevézi, secrétaire national de l’écosystème Foodtech, “ce qui nous manque encore, c’est qu’on n’a pas de startup qui a explosé au point de se revendre une très grosse somme, comme c’est le cas aux États-Unis régulièrement.” L’une des explications avancées est le caractère débutant de la food tech tricolore : “le phénomène étant récent, ces startups manquent de maturité face aux attentes des investisseurs”, analyse Jérôme Zlatoff. La carence relationnelle entre startups et grands groupes de l’industrie agroalimentaire est aussi pointée du doigt : dans ce secteur comme dans les autres, l’innovation ne pourra réellement se développer que si les nouveaux entrants trouvent des débouchés commerciaux stables.

Prendre “encore plus de risques”

C’est la raison pour laquelle le dialogue entre ces acteurs est aujourd’hui au coeur des actions de l’écosystème de la Food Tech à la française. C’est l’un des objectifs revendiqués de Food Use Tech, un événement dédié à la “révolution de l’AgTech et de la Food Tech”, dont la deuxième édition s’est tenue à Dijon les 20 et 21 septembre 2018. Les keynotes, tables rondes et ateliers sont notamment là pour faire “débattre des startups à la pointe de l’innovation avec des entreprises leaders de l’agroalimentaire, pour réinventer le secteur à l’ère du numérique.” À Lyon, autre ville leader du sujet (avec Dijon, Paris-Rungis et Tours, c’est l’une des quatre villes choisies pour constituer le réseau national des Cités de la gastronomie), on voit fleurir les initiatives pour structurer le secteur, comme le racontent Les Échos. En mai 2016, le fonds local Angelor a ainsi lancé un véhicule d’investissement spécialisé, Angels for Food.

Mais pour tirer son épingle du jeu, la food tech française devra aussi se montrer plus audacieuse, comme le suggère Bpifrance : “les pays leaders de la FoodTech poussent activement des sujets sur lesquels la France est moins en rupture, tel que les nouveaux types d’emballages, les protéines alternatives, les substituts de repas, la robotique appliquée à la restauration, etc. De manière générale, on pourrait attendre de l’écosystème France qu’il prenne, sur certains sujets en rupture, encore plus de risques.” Le défi est lancé.

Pour aller plus loin :


Philothée
Ecrit par
Philothée Gaymard
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