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Le guide de vos vacances durables

Philothée
Philothée
23 juillet 2018

Nous sommes nombreux à faire des efforts toute l’année pour réduire notre empreinte environnementale… et à oublier que nos vacances aussi pèsent assez lourd dans la balance. Heureusement, il existe des start-ups et des innovations qui rendent le tourisme plus durable.

Selon une étude publiée au mois de mai 2018 dans la revue Nature par des chercheurs de multiples nationalités, le tourisme représente 8% des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial. C’est une augmentation considérable par rapport aux 5% qu’estimait l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) : de 1,3 milliard de tonnes de CO2 par an, contre 3,9 milliards aujourd’hui. L’une des causes de cet accroissement, comme le souligne le magazine Novethic, est que le tourisme a progressé de 7% en 2017, et devrait encore croître de 4% en 2018. De plus, les chercheurs n’ont pas pris en compte les seuls transports dans leurs calculs, mais toute la chaîne de valeur du tourisme : hébergement, alimentation, souvenirs de vacances, etc.

Les auteurs ne cachent pas leur inquiétude : “L’augmentation rapide de la demande touristique dépasse la décarbonisation de la technologie liée au tourisme. Nous prévoyons qu’en raison de son intensité élevée en carbone et de sa croissance continue, le tourisme constituera une part croissante des émissions mondiales de gaz à effet de serre.” Ils préconisent de mettre en place une taxe carbone  ce qui a déjà été fait par plusieurs pays après les Accords de Paris.

Mais il est important aussi de donner aux touristes eux-mêmes les moyens d’améliorer leur impact. Aujourd’hui encore, si l’on veut voyager de manière responsable, il est difficile de savoir comment s’y prendre. Heureusement, toute une série de start-ups et d’innovations entendent rendre le tourisme durable  dans tous les sens du terme  plus facile et plus accessible. Depuis 2017, le tourisme durable a même son propre incubateur, le Slow Tourisme Lab, dans l’Aube.

2017 a été désignée par les Nations Unies "année du tourisme durable"

Des agences de voyages responsables

Les premières à s’être lancées sur le créneau sont des agences de voyage d’un genre nouveau, qui mettent en avant leurs liens avec des opérateurs locaux pour garantir un voyage responsable environnementalement et socialement. C’est ce que propose Evaneos avec ses “voyages solidaires”, qui assurent plus de retombées économiques pour les populations locales. Evaneos sélectionne ses agences partenaires sur place selon des critères précis, comme le  respect de l’environnement, l’engagement social et l’implication dans des initiatives locales. Même principe pour Pandora, spécialisée dans les pays d’Asie du Sud-Est, qui par-dessus le marché reverse jusqu’à 100€ de chaque séjour à des projets solidaires choisis par les clients. Nosy, créé par une malgache et une française, développe son catalogue autour des îles (Madagascar, Cap Vert, Sri Lanka, Islande, Groenland, îles bretonnes et du Ponant). Là aussi, 3% du montant de chaque voyage va directement à des associations de conservation durable ou de développement communautaire. La jeune agence de voyages a par ailleurs un positionnement très environnemental, en privilégiant des modes de transport doux comme le vélo, la pirogue ou le voilier et, au-delà du voyage, en s’engageant à gérer de manière raisonnée ses consommations internes, ses politiques d’achats et le choix de ses prestataires touristiques. Notons encore l’existence de France is Fun, qui comme son nom l’indique se concentre sur les voyages en France, là aussi avec une approche très locale qui garantit le respect des écosystèmes et des populations.

Des app pour dénicher les solutions solidaires

Pour ceux qui ne sont pas très agences et voyages organisés, il existe aussi des ressources pour planifier soi-même ses vacances responsables. C’est le cas de Fair Trip, “the sustainable travel app”, qui fonctionne comme un guide collaboratif du tourisme durable, sur lequel dénicher et partager des adresses “locales et authentiques”. L’idée étant de promouvoir un tourisme qui enrichit l’écosystème local plutôt que de l’appauvrir. C’est aussi le positionnement de Voy’agir : faciliter l’accès à l’information pour aider les voyageurs soucieux de leur impact à planifier leurs vacances en accord avec leurs valeurs. La start-up écrit sur son site : “On parle beaucoup du tourisme durable pour protéger notre planète (…) mais avant toute chose, nous pensons que le tourisme durable est un outil pour la paix universelle. Lorsqu’un voyage est réalisé dans le respect de l’autre et de son environnement (voyage responsable), lorsque le tourisme répond aux attentes économiques, environnementales et sociales d’une société (tourisme durable), voyages et tourisme deviennent média de sensibilisation des voyageurs et des populations locales.”

Et il n’y a pas forcément besoin d’aller au bout du monde pour ça. La plateforme Fairbooking, par exemple, se veut être une alternative aux grandes centrales de réservation d’hôtels et d’hébergement, pour aider les hôteliers à se passer d’intermédiaires et ainsi préserver l’emploi et leur bonne santé économique.

Apprendre à compenser son empreinte carbone

Enfin, ceux qui veulent réduire leur empreinte carbone peuvent faire le choix de la compenser, en finançant des projets de réduction de carbone. Quelques compagnies aériennes, comme Ryanair ou Brussels Airlines, proposent déjà à leurs clients de payer un petit montant supplémentaire pour compenser leur empreinte. Mais comme le souligne la RTBF, il n’est pas toujours facile de savoir où va cet argent et ce qu’il finance exactement. Une autre solution est donc de calculer soi-même la quantité de gaz à effet de serre émis (par exemple sur le site Greentripper), puis d’établir un coût de compensation en euros, et de reverser cette somme à un projet de réduction de gaz à effet de serre. “Et enfin, il faut contrôler le suivi du projet afin d’être sûr que l’argent a bien servi à ‘gagner du CO2’”, rappelle la RTBF. C’est donc encore un peu compliqué, mais gageons que cela deviendra plus simple dans les années qui viennent. La start-up française Inuk est ainsi en train de développer une application qui permettra de compenser les émissions de ses trajets en voiture et en avion (mais aussi d’autres activités du quotidien) en finançant la production d’énergie solaire.

Au mois de novembre dernier, plusieurs des start-ups citées se sont réunies sur Twitter pour discuter ensemble de ce tourisme d’un nouveau genre. Elles écrivaient notamment : “Le tourisme durable permet de repenser les usages et de reconnecter le voyageur avec son environnement. En bref, c’est une alternative innovante au tourisme ‘classique’ pour mieux consommer. On se demande même s’il faut le considérer comme une innovation tant cela devrait être une norme.”


Philothée
Ecrit par
Philothée Gaymard
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