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L’innovation pour la survie des mers et océans

Jean Pierre Fourcade
Jean Pierre
26 mars 2018

Loin d’être imaginaire, les gyres océaniques de déchets sont malheureusement une réalité dramatique dont il est nécessaire d’en prendre conscience et de soutenir les organisations dont les projets visent à débarrasser les océans du plastique.

Ce n’est malheureusement plus un secret pour personne, nos océans sont envahis par des déchets constitués par les 20 millions de tonnes de déchets annuels provenant des continents et issus de l’activité humaine.

Dans tous les océans qui couvrent 70,8% de la surface de la planète, les déchets plastiques de polymères augmentent ces dernières années à un rythme effrayant. Ce sont près de 8 millions de tonnes de plastiques qui s’y déversent chaque année. Au fur et à mesure que les plastiques se dégradent, ils se fragmentent pour devenir de plus en plus petits et ces minuscules fragments de plastique entrent désormais dans notre chaîne alimentaire. Ces différentes sortes de polymères que l’on retrouve comme dans les sacs plastiques vont mettre entre un siècle et 1000 ans pour se dégrader. Une étude, menée par la fondation Ellen Mc Arthur, estime qu’il pourrait y avoir plus de matières plastiques que de poissons (en poids) dans l’océan d’ici 2050.

Les gyres océaniques de déchets envahissent les mers et océans.

Un « gyre » est un tourbillon lié à un système de vents et de courants marins, circulants dans les océans et provoqués par la force de Coriolis. Ce mouvement circulaire, à l’image d’un vortex, attire les déchets flottants et principalement les particules de plastique. Au final, tous ces débris se regroupent au centre des gyres qui sont de grandes zones d’eau calme et stationnaire pour se retrouver piégés et se décomposer lentement en une sorte de soupe de plastiques.

Désormais, tous les océans abritent de nombreux gyres, les cinq principaux et considérés comme des continents, sont le gyre de l’Atlantique Nord, le gyre de l’Atlantique Sud, le gyre du Pacifique Nord, le gyre du Pacifique Sud et le gyre L’Océanie. La célèbre zone de déchets de l’océan Pacifique Nord est appelée le « Great Pacific Garbage Patch » ou la zone d’ordures du Grand Pacifique ou encore le septième continent. Elle a été découverte par le navigateur américain  océanographe Charles Moore en 1997 alors qu’il naviguait d’Hawaï vers le sud de la Californie en prétendant être tombé sur une zone de plastique à perte de vue.

Ces Îles de déchets deviendront-elles des pays à part entière ?

L’ONG Plastic Oceans Foundation a lancé, début septembre 2017, une campagne pour dénoncer l’impact de la pollution dans les océans et notamment sur la zone de déchets équivalente à 6 fois la taille de la France flottant dans l’océan Pacifique Nord. L’ONG en s’associant au site britannique LadBible, spécialisé dans les médias numériques, souhaite à travers ce projet que ce « septième continent de plastique » soit reconnu comme le 196e état officiel dans le monde car il dispose bien d’un territoire et de frontières nécessaires à la création d’un pays.

Les partisans de la cause sont invités à s’inscrire en tant que citoyens des îles Trash dans le cadre d’une pétition en ligne , qui sera ensuite soumise au secrétaire général de l’ONU António Guterres. C’est Al Gore, ancien vice-président américain reconverti dans la défense de l’environnement qui en est le « premier citoyen » et prête ainsi son image à cette campagne.

The Ocean Cleanup développe des technologies innovantes pour débarrasser les océans des déchets plastiques.

Fondé en 2013 par un jeune néerlandais Boyan Slat, alors âgé de 18 ans, The Ocean Cleanup développe une technologie avancée pour extraire, prévenir et intercepter la pollution plastique dans les océans. Leur objectif est d’initier le plus grand nettoyage de l’histoire d’ici 2018 et pendant une période de cinq ans.

Le concept principal derrière The Ocean Cleanup est de laisser les courants marins faire le travail. Le système de collecte autonome et passif de l’Ocean Cleanup est composé d’un flotteur avec des filets solides en profondeur qui concentre les débris et les amène à un système de collecte.  Cette installation d’une longueur d’une longueur de 2 kilomètres en forme de U canalise le plastique flottant jusqu’à un point central. Le plastique concentré peut ensuite être extrait et expédié à terre pour être recyclé en produits durables.

Les poubelles de la startup Seabin Project dépolluent les ports et les marinas

Andrew Turton et Peter Ceglinksi, deux Australiens passionnés par la mer, ont décidé de remédier à la pollution marine. Ces adeptes du surf ont mis au point “The Seabin Project“, une poubelle automatisée capable d’aspirer les déchets flottants dans les eaux des ports de plaisance ou les marinas.

La poubelle immergée est reliée à une pompe électrique qui crée un courant pour attirer les déchets flottants à la surface de l’eau. Elle a également le potentiel de collecter certaines des huiles et des polluants flottant à la surface de l’eau. Les Seabins capturent environ 1,5 kilogramme par jour dans un rayon de cinquante mètres et comme elle peut fonctionner 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 ce qui correspond à une collecte potentielle d’une demi tonne de déchets par an. Le sac de récupération peut contenir environ une vingtaine de kilos de déchets.

Le succès de ce projet a permis depuis sa mise sur le marché fin 2017, l’installation de centaines de ses poubelles flottantes dans les marinas et les ports du monde entier et également en France.

Simon Bernard prépare son tour du monde avec son catamaran «Plastic Odyssey» propulsé par les déchets plastiques

Simon Bernard et Alexandre Déchelotte, deux copains diplômés de l’Ecole Nationale Supérieure Maritime (ENSM), sont les fondateurs de Plastic Odyssey.  Leur ambition consiste à traiter le problème de la pollution plastique des océans à la source. Le projet consistera en une expédition maritime de trois ans autour du monde avec des nombreuses escales dans les ports des pays émergent pour éduquer, développer et partager des solutions open sources de recyclages du plastique sous toutes ses formes.

Cette expédition devrait débuter fin 2019 à bord d’un catamaran de 25 mètres qui sera construit à la Rochelle et dont la particularité est d’être propulsé grâce aux déchets plastiques non recyclables. Ces déchets plastiques récoltés sont triés, broyés, fondus, puis transformés en carburant dans une unité de pyrolyse. Cette dernière est actuellement développée en collaboration avec le partenaire technique SARPI, filiale de Véolia. Il suffit de 60 kilos de plastique transformés par pyrolyse pour obtenir 60 litres de carburant

Ce véritable atelier flottant de recyclage et de valorisation de déchets sera équiper d’une dizaine de machines Low-Tech permettant par exemple la création d’objet ou la production de bobines de filament pour les imprimantes 3D.

Plastic Odyssey, présent au labpostal 2018, est toujours à la recherche de partenaires. Entreprises ou particuliers, il est possible de soutenir le projet en utilisant Lilo la plateforme de financement de projets sociaux et environnementaux.


Jean Pierre Fourcade
Ecrit par
Jean Pierre Fourcade
A la frontière entre l’information, la recherche et le développement, ma mission est de surveiller l’évolution des technologies dans des domaines bien déterminés mais aussi au-delà. Je suis très souvent connecté sur de nombreux réseaux pour alimenter ma soif de connaissances par mes explorations dans le nouveau monde du numérique.
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Commentaires (1)

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  1. PARMENTIER dit :

    A l’origine est le plastique jeté à terre, à Paris, Issy les Moulineaux ou Saint Nazaire, en pleine campagne ou sur la plage.
    Chaque déchet laissé à terre est un futur déchet maritime (océanique). Les fleuves vont à la mer…
    Eduquons les enfants à ne pas jeter (car jeter est le premier geste d’incivilité) et …
    RA-MA-SSONS
    Aucun morceau de plastique ne doit nous échapper
    Si à chacune de vos sorties dans la rue vous ramassez 3 ou 4 plastiques (sacs – emballage…) vous aurez endigué en partie la prolifération
    Je m’engage à le faire, cela fera école par mimétisme, voire par mode.

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