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Mais à quoi sert la voiture connectée ?

LD
Lilas
27 avril 2018

La voiture connectée arrive… Mais que ferons-nous vraiment avec toute cette technologie embarquée ?

Hier objets de science-fiction, aujourd’hui les voitures connectées sont une réalité (contrairement aux voitures autonomes, qui devront sans doute attendre 2020 pour être déployées en Europe). L’arrivée de ces véhicules connectés et semi-autonomes est attendue avec impatience : selon un rapport du cabinet de consulting Price Waterhouse Coopers publié en 2016, les ventes de voitures connectées “sont estimées à 156 milliards de dollars en 2022”. Encore réservé à une élite, ce véhicule se démocratisera dans les années à venir : le même rapport parie sur un développement du marché de grande consommation dans les cinq ans à venir, atteignant “un taux de croissance annuel de 24,3?%”.

La croissance des ventes de véhicules entraînera une croissance mécanique des marchés d’applications de Big Data, de cybersécurité et d’IoT dédiés à ce nouvel habitacle. Le cabinet de consulting et d’innovation Accenture a réalisé une étude comparative entre plusieurs pays pour savoir quels services les conducteurs et leurs passagers attendaient dans la voiture connectée : des services de navigation plus performants arrivent en première position, suivi par les services d’info-divertissement. Pour offrir les meilleurs services à bord, constructeurs et entreprises de technologie rivalisent d’ingéniosité pour transformer les usages traditionnels de la voiture en une expérience de mobilité intelligente et contextuelle.
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Samsung-cockpit

Cockpit connecté

Dans ce nouveau véhicule, le conducteur est aux commandes d’un véritable centre de contrôle, nommé le digital cockpit ou cockpit connecté. Il n’y a qu’à jeter un coup d’oeil au prototype de Samsung, présenté au CES de Las Vegas l’année dernière, pour rêver. Vous pouvez non seulement surveiller la route, orienter votre trajet, mais aussi modifier l’ambiance lumineuse de l’habitacle, demander à l’assistant vocal de mettre votre musique préférée ou mieux de vous dire ce qu’il y a dans votre frigo avant de passer acheter quelques provisions supplémentaires. Centre névralgique de la voiture connectée, ce cockpit utilisera la profusions de données émanant de la voiture pour prévenir de la survenue du moindre problème. Mais surtout, il utilisera tout un tas de données personnelles émanant des préférences de conduite ou des trajets effectués, ainsi que d’autres sources d’informations  extérieures (comme ici le frigo intelligent). L’échange de données en temps réel entre le véhicule, l’utilisateur et son environnement dessine de nouveaux services qu’il faudra inventer. Et les possibles sont vastes : le véhicule connecté devra être capable de dialoguer et interagir avec des infrastructures routières ou encore des installations urbaines (commerces de proximité ou places de parking).

La course aux services

Avec la voiture connectée, un nouveau paradigme voit le jour : l’automobile n’est plus jugée sur le nombre de chevaux qu’elle a sous le capot. Le consommateur jettera son dévolu sur celle qui lui offrira des services adaptés à son style de vie. Google n’a évidemment pas chômé : non content d’avoir déjà lancé les tests de ses voitures autonomes, la firme a aussi développé un système embarqué nommé Android Auto. Apple, de son côté, l’a baptisé CarPlay. Aux côtés des constructeurs, les firmes de hardware telles que Nvidia ou Qualcomm, ou encore le géant coréen Samsung se sont aussi lancés, tout comme le pure player Tesla et Baidu (le Google chinois). En partenariat avec ces acteurs, les équipementiers automobiles optent pour des stratégies permettant de bénéficier de savoir-faire et d’expertises externes. Ainsi, Toyota s’est allié avec Intel et Ericsson pour créer un centre dédié aux services Big Data consacrées aux voitures, et le constructeur américain Ford a créé le Transportation Mobility Cloud, un dispositif open-source permettant non seulement de mieux connecter conducteurs, voitures et services mais aussi d’obtenir des données sur la pollution ou le trafic.

La voiture connectée : nouveau smartphone ?

Mais ce qui est peut-être le plus intéressant, c’est qu’Amazon a déjà signé à tour de bras des accords avec les constructeurs Nissan, Mitsubishi et Mercedes-Benz pour offrir une compatibilité à bord avec Alexa, l’assistant personnel made by Amazon. Dans l’habitacle, la force d’un géant comme Amazon permettra au conducteur d’interagir avec les services d’e-commerce, mais aussi d’importer son compte s’il dispose de l’enceinte connectée Amazon Echo à la maison. Cela lui permettra d’accéder à une ribambelle de services personnels, d’informations et de divertissement qui feront de sa voiture une deuxième maison. Car c’est bien cela dont il s’agit : faire de la voiture une nouvel espace personnel, dans lequel toutes nos préférences sont rassemblées et une interface vocale permet de manière intuitive de s’adapter à notre humeur, notre destination ou encore au trafic que l’on rencontre. La voiture connectée change radicalement la route, en inventant une expérience de mobilité où informations contextuelles et services personnels cohabitent avec des renseignements quantitatifs sur le véhicule, sa tenue de route, sa trajectoire ou son équipement. En cela, la voiture connectée deviendra certainement un nouveau smartphone, une extension de nous-mêmes, un assistant de vie quotidienne.


LD
Ecrit par
Lilas D
Journaliste, chercheuse et consultante. Depuis Berlin, j'écris sur les enjeux sociétaux des technologies et questionne le futur que nous sommes en train de construire.
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