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Des objets roulants non identifiés arrivent en ville

Solveig Courvoisier
Solveig
3 août 2016

Il y a 15 ans, qui aurait imaginé voir chaque jour des actifs en tailleur ou costume se rendre en trottinette au travail ?

Aujourd’hui, nombre d’objets roulants à peine identifiés circulent dans les villes. Quels sont ces nouveaux objets de la culture urbaine, entre jeu d’enfant et performance circassienne, qui prennent place sur nos trottoirs ? Un point sur les « engins de déplacement personnels », et leur inscription dans la ville de demain.

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Smart city et mobilités sans carbone

Dans la ville de demain, le vélo est roi. Les politiques d’aménagement promeuvent le déplacement doux et non polluant. A Paris par exemple, outre l’offre de services du Vélib’, il y a plus de 737,5 km de linéaires d’aménagements cyclables en 2014, en constante augmentation depuis 2004.

Or, ce sont la marche et les transports en commun que les Parisiens utilisent au quotidien. Selon la Ville, avec 4 millions de déplacements par jour, la marche représente plus d’un déplacement sur deux.

Et, même s’ils ne sont pas comptés par l’observatoire des déplacements à Paris, on voit apparaître de nouveaux engins qui permettent d’aller plus vite qu’à pied, sans devoir descendre sur la chaussée. Ludiques et portables, pratiques à combiner avec les transports en commun, ces nouveaux objets roulants conquièrent les trottoirs des grandes agglomérations.

Motoriser pour faciliter l’usage quotidien

Equipées de freins, pliables, solides, des gammes de trottinettes pour adultes ont été développées. Si l’Usine Nouvelle en parlait déjà en 2000, le fondateur de l’enseigne Mobility Urban constate en 2014  qu’un virage s’est produit dans leurs ventes fin 2013.

Tout comme les vélos, et même les rollers, les trottinettes peuvent désormais bénéficier d’une assistance électrique. Diminuant l’effort au démarrage et en côte, la motorisation facilite leur utilisation au quotidien, hors cadre sportif.

Tout cela pose quelques questions juridiques. Pour être considéré comme « non motorisé » par la législation, un véhicule ne doit pas dépasser les 25km/h. S’il est bridé à 6km/h, ses usagers sont soumis aux règles du code de la route relatives aux piétons, comme le rappelle le constructeur Ninebot. Car rouler sur la chaussée demande une homologation, et entraîne des conséquences techniques et d’équipement (équipement de sécurité, immatriculation, assurance…). Le vélo est une exception autorisée et réglementée.

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Les Rocketskates, les rollers à assistance électrique nouvelle génération

Gyro-pode, -skate ou -roue : une rencontre entre invention et usages

A l’origine, deux événements ont permis de développer de nouveaux « engins de déplacement personnel » : l’invention d’un système de stabilisation gyroscopique, et la baisse de coût des moteurs sans balais (brushless). Le premier permet de contrôler la mise en marche, l’arrêt, et la vitesse du moteur en jouant sur un déséquilibre physique. Le second est un type de moteur électrique fiable, à durée de vie longue, peu encombrant ou sonore.

Inventé par Dean Kalen, le système gyroscopique a été utilisé par Segway à partir de 2002. Mais l’engin n’a pas trouvé son marché dans le grand public. Coûteux et encombrant, son usage s’est cantonné aux domaines professionnels (gardiennage, police) et de loisirs (visite de sites touristiques).

A Noël 2015, en revanche, les ventes de gyroscates ont été un succès public. Le gyroskate (aussi désigné par « smartboard », ou « hoverboard », en référence au film Retour Vers le Futur 2), contrairement à un skateboard, permet à son utilisateur de rester de face, pieds côte à côte sur de petites plateformes, montées sur deux roues.

Commercialisée en 2011 d’abord par la marque Solowheel, la mono-roue (ou gyro-roue) fonctionne aussi avec un système gyroscopique. Sa conception en fait un engin très transportable : Une roue centrale, sur laquelle sont fixées deux marchepieds escamotables, et sans guidon. La meilleure publicité du produit, comme le rappelle le JDD, est celle faite par les usagers : quand on aperçoit un utilisateur en train de rouler sur cette drôle de machine, on est surpris et séduit.

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Le futur du déplacement en ville ?

Entre solutions contre les bouchons et culture pop urbaine, les « engins de déplacement personnel » sont-ils un phénomène de mode, ou le futur des déplacements dans la ville ?

Le «plan d’action pour les mobilités actives » (dans la smart city), fait le lien, dans sa 10ème mesure, entre la question de « l’adaptation de la société au vieillissement », et le besoin d’un nouveau partage de l’espace de circulation entre « piétons, cycles, et autres utilisateurs », dont les fameux « engins de déplacement personnel ».

Or les besoins utilisateurs sont très différents : déplacements « chaînés » des femmes dans la ville; questions sur l’accessibilité des équipements et transports, lien entre problèmes d’insertion sociale et modes de déplacement. Comment inclure enfin les personnes atteintes de handicaps mentaux, psychiques ou cognitifs, les personnes âgées, les enfants dans l’espace public de la ville de demain ?

Pour que ces outils servent la mobilité de chacun, le design pour tous de ces engins doit être une bonne pratique de conception, ainsi que la régulation pour permette à tous les usagers de la voirie de se déplacer sans obstacle, et en sécurité.


Solveig Courvoisier
Ecrit par
Solveig Courvoisier
Passée des sciences humaines à l’innovation par des opportunités liées à l'économie numérique, je détecte des fils conducteurs dans les mutations sociétales. Facilitatrice, j'aide le passage à l’action en aidant à créer des collectifs constitués autour d’un objectif commun.
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