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Où en est la technologie de traduction simultanée ?

Philothée
Philothée
24 septembre 2018

Il y a à peu près un an et demi, nous vous parlions des oreillettes de traduction simultanée, un secteur qui, avec la sortie successive des Pilot Smart de Waverly Labs et des Google Pixel Buds, était alors en plein boom. Où en est-on aujourd’hui ? La traduction simultanée fait-elle enfin partie du quotidien des voyageurs ?

Vous avez sûrement déjà connu ça : être dans un pays étranger dont vous maîtrisez mal ou pas la langue, devoir demander un renseignement à quelqu’un dans la rue… et sortir votre téléphone pour tapoter votre question dans Google Translate. Cette approche n’est pas mauvaise, mais elle a l’inconvénient de prendre du temps (il faut taper votre question, attendre la traduction, la faire lire à votre interlocuteur, et rebelote dans l’autre sens), d’être parfois imprécise (j’ai une fois cru qu’un monsieur polonais avec qui je “discutais” dans le train me disait qu’il avait fait de la prison, ce qui l’a fait beaucoup rire), de ne pas fonctionner avec tout le monde (le même monsieur polonais avait eu besoin d’un peu de coaching pour apprendre à utiliser l’application que j’avais dû télécharger sur son téléphone) et de ne pas être accessible quand on n’a pas de WiFi. Bref, ce n’est pas idéal.

Raison pour laquelle les engins de traduction simultanée, le plus souvent des oreillettes, écouteurs ou “pods”, font à ce point rêver : comme dans The Hitchhiker’s Guide to the Galaxy, il suffirait d’introduire dans son oreille un petit appareil (moins dégoûtant que le poisson jaune du film, on vous rassure) pour comprendre n’importe quelle langue instantanément.

Une profusion d’écouteurs-traducteurs

C’est ce que promettent depuis 2017 les Pilot Smart (qui traduisent une quinzaine de langues), les Pixel Buds (qui en traduisent 40 mais ont l’énorme défaut de n’être compatibles qu’avec les smartphones Pixel 1 ou 2 de Google) ou encore MyManu Click (disponible en 29 langues, et également pour des conversations de groupe). Cette année, le petit nouveau s’appelle Dash Pro, proposé par l’entreprise hambourgeoise Bragi : comme les autres, ce sont des écouteurs sans fil qui, en plus d’une foule d’applications, permettent de traduire instantanément une conversation dans une centaine de langues (!). Dash Pro s’appuie sur sa propre app de traduction, iTranslate.

Quels que soient les écouteurs utilisés, généralement, le processus est le suivant : vous parlez, votre téléphone traduit, et la personne peut lire le texte. Elle répond en parlant dans le téléphone, et vos oreillettes traduisent directement ce qu’elle vous dit. C’est bluffant, mais le processus reste à peu près le même : vous utilisez une app installée sur un smartphone, avec toute une série d’étapes à suivre. Et si votre interlocuteur n’est pas équipé de “pods”, la traduction n’est simultanée que pour vous.

La télécommande qui traduit

C’est pour cela que certains décident de se passer carrément d’écouteurs, de téléphone et même de WiFi. En juin 2017, l’entreprise japonaise Logbar a lancé un petit gadget assez bluffant baptisé ili : un boîtier blanc de la taille d’une petite télécommande, dans laquelle vous parlez (en anglais uniquement) et qui traduit oralement et en 0.2 secondes ce que vous venez de dire en japonais, mandarin ou espagnol (plus de langues devraient être rajoutées au fil du temps).

Le positionnement d’ili est intéressant car, contrairement aux écouteurs couplés à des app qui peuvent traduire tout et n’importe quoi dans des dizaines de langues, il se concentre sur ce dont on a vraiment besoin quand on voyage : pouvoir poser des questions simples à n’importe qui dans la rue. Ili fonctionne offline grâce à une bibliothèque pré-enregistrée de questions relatives au voyage ; il traduit à l’oral pour pouvoir “discuter” avec les gens en les regardant, plutôt que de devoir être rivé sur un écran de téléphone. Et, plus surprenant, il ne fonctionne que dans un sens : ce que répondent les passants en japonais, en mandarin ou en espagnol n’est pas traduit par le boîtier. Le CEO de Logbar, Takuro Yoshida, explique qu’une première version d’ili fonctionnait dans les deux sens, mais que les voyageurs ne s’en servaient pas car cela prenait trop de temps et que les gens à qui ils parlaient avaient tendance à faire des phrases trop longues et difficiles à traduire. Ili encourage donc à poser des questions courtes et, pour comprendre la réponse, à faire comme tous les voyageurs déconnectés : se parler avec les mains. Après tout, ça ne marche pas trop mal.


Philothée
Ecrit par
Philothée Gaymard
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