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Pourquoi la mobilité devient un service

Philothée
Philothée
11 février 2019

Alors que les offres de mobilité en ville se multiplient, il devient indispensable de les faire dialoguer entre elles pour créer un service complètement intégré.

Que la mobilité soit un service, ce n’est pas nouveau. Les transports en commun et le train sont des services publics ; la plupart des vélos en libre-service mis en place par les municipalités existent dans le cadre d’une délégation de service public. Mais la mobilité, surtout dans les villes, c’est aussi de plus en plus d’offres privées, comme les vélos, les trottinettes ou les scooters en free-floating. L’avantage de cette multiplication des offres, c’est qu’il est de plus en plus facile pour ceux qui vivent et travaillent en ville de se passer de voiture pour leurs déplacements quotidiens. L’inconvénient, c’est qu’il faut encore avoir autant d’abonnements que de services utilisés : un Parisien peut ainsi cumuler un pass Navigo, un abonnement Vélib, un compte Lime ou Bird et l’application Cityscoot — à quoi s’ajoutent souvent les services de VTC ou de taxi.

C’est là que le concept de mobility as a service (MaaS) entre en scène : “C’est le Graal du voyageur!”, comme le dit à France 24 Marie-Claude Dupuis, directrice de l’innovation à la RATP. “C’est la mise à sa disposition sur son smartphone d’une offre de mobilité multimodale, de porte à porte, personnalisée, et fluide.”

Une nouvelle “UX” de la mobilité

Les pays scandinaves sont les pionniers de cette récente tendance. En Suède, UbiGo a commencé à proposer une plateforme MaaS dès 2013. Depuis 2016, les habitants d’Helsinki (puis d’Anvers et de Birmingham) utilisent Whim, une application qui leur permet de choisir le mode de transport le plus adapté (que ce soit en train, en taxi, en bus, en vélo ou en voiture en libre-service, ou une combinaison de tout ça) et, surtout, de tout payer de manière centralisée. Whim fonctionne soit comme un abonnement mensuel tout compris, soit comme un service payant à la demande. L’objectif est aussi simple qu’ambitieux : faciliter l’intermodalité au point de rendre inutile la voiture en ville. Sampo Hietanen, le PDG de MaaS Global, qui développe Whim, explique à Deloitte : “Nous voulons prouver que nous pouvons apporter un service supérieur à la voiture. Ou du moins comparable. Nous voulons montrer que c’est ce que les gens veulent, et pas simplement que nous pouvons le faire.”

Comme le cabinet de conseil l’écrit dans son rapport intitulé “The rise of Mobility as a Service”, le fait de combiner des services de transport publics et privés en mettant l’utilisateur au centre de toute l’expérience constitue “un grand écart par rapport à là où en sont la plupart des villes aujourd’hui, et par rapport à la façon dont la mobilité a été proposée jusqu’à maintenant.”

MaaS écolo

Au-delà de l’aspect pratique, le MaaS a un objectif très clair : favoriser le développement massif d’une mobilité urbaine durable et écologique, dont les émissions de gaz à effet de serre soient considérablement réduites. C’est notamment pour cela qu’en France, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a lancé en septembre 2018 un appel à projets “destiné à financer des projets de développement et d’expérimentation de mobilité servicielle de type MaaS” — ouvert jusqu’au 12 mars 2019. L’objectif, pour l’Ademe, est à la fois de structurer l’offre territoriale de mobility as a service, d’évaluer sa réplicabilité et d’identifier les freins à son développement.

Car s’il existe déjà des offres MaaS en France (notamment à Mulhouse, Rennes, Saint-Étienne, Orléans ou Montargis, rapporte France 24), l’agence estime qu’il reste encore à trouver “un modèle économique viable et acceptable, avec une adaptation aux besoins des territoires et des usagers dans leur diversité, tout en garantissant l’ouverture et la gestion de données.” Avant l’été, la ministre des Transports Élisabeth Borne a d’ailleurs annoncé que l’ouverture de l’accès aux données en temps réel des services de transport — indispensable pour les solutions MaaS — figurerait dans la loi d’orientation des mobilités (LOM). Objectif : que ces services se développent partout en France d’ici 2021. “Tout l’enjeu, c’est qu’on sorte de l’effet pop corn, où l’on voit plein de choses intéressantes, pour arriver à une dynamique dans laquelle on arrive à déployer plus massivement toutes ces innovations”, observe-t-elle auprès de France 24. “On voudrait arriver à un modèle de MaaS à la française dans lequel on fait quand même le choix de donner la main à nos autorités organisatrices, plutôt qu’à Google” : pour que la mobilité reste, autant que possible, un service public.


Philothée
Ecrit par
Philothée Gaymard
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