Simplifiez-vous l'innovation

#astuce
catégories

#astuce
partage

#astuce
liens internes

voisinage-numérique-économie-partage

Quand le numérique renforce les liens de voisinage

Ariane
Ariane
5 mai 2017

Le numérique est souvent accusé d’isoler les individus. Et si au contraire il nous permettait de conjuguer réseaux sociaux et interactions humaines de proximité ?

L’une des premières mesures de la bonne santé d’une société, d’un quartier, c’est ce que les sociologues appellent le lien social, c’est-à-dire le degré ressenti d’appartenance d’une personne à une communauté de voisinage, son intégration à un réseau où circulent les informations, où l’on est connu et reconnu. L’intensité des liens n’a pas besoin d’être forte pour que les effets bénéfiques se fassent sentir : un « bonjour » du voisin croisé régulièrement sur le trottoir, un signe du facteur, et tous ces moments où l’on « parle pour ne rien dire » sont en réalité loin d’être triviaux.

Les regroupements ponctuels

La partie de notre vie sociale la plus évidemment transformée et portée par le digital est probablement celle des rencontres ponctuelles : l’agenda des sorties culturelles, le programme du cinéma, les flash mobs et autres manifestations artistiques, politiques, protestations. Le digital, et en particulier les réseaux sociaux, sont loués pour leur rôle agrégateur autour de grands événements qui nous font nous retrouver, occasionnellement.

Le renforcement des échanges sur une base territoriale

Les conversations numériques jouent aussi un rôle structurant et créateur de lien social à plus long terme, dans notre vie associative, en particulier sur la base d’une géographie commune. Ces formes de sociabilités à l’échelle du voisinage ne sont pas nouvelles, mais elles peuvent être dynamisées et organisées grâce aux Google Groups, Newsletters, ou tout simplement aux listes de diffusion qui nous tiennent au courant de ce qui se passe autour de nous : amicales laïques, groupes sportifs, initiatives des municipalités.

Certains sites s’organisent d’ailleurs exclusivement autour de ce principe. Sur le territoire américain, le site Nextdoor.com  (la compagnie est basée à San Francisco) est un réseau social privé auquel participe déjà la moitié de tous les quartiers américains. Les inscriptions se font en fonction de l’adresse. On se retrouve donc entre voisins pour partager les bons plans bricolage, signaler un vide-grenier, mais aussi pour se faire-part des initiatives de la vie publique et politique locale. Depuis 2014, les services de proximité (station de pompier, police, mairie etc.) ont accès aux messages qui concernent leur juridiction, et peuvent en retour diffuser des informations utiles pour les voisins concernés. Le site Smiile (anciennement Mon p’tit voisinage) fournit un service équivalent dans l’hexagone, et ne cache pas ses visées d’expansion européenne.

smiile

Des liens organisés sur la base d’intérêts communs

A côté de ces forums de quartier qui organisent les liens sur une base territoriale, le numérique nous aide à nous regrouper sur la base d’affinité et d’intérêts partagés. Le site Meetup est une grande plate-forme de groupes de personnes qui partagent des intérêts communs et souhaitent se retrouver pour les partager. Il y a des « Meetups » pour que les passionnés d’une langue se retrouvent dans un café pour la pratiquer, pour apprendre à programmer, pour aller faire des randonnées à vélo. Tout un chacun peut créer un groupe qui apparaîtra alors sur la plate-forme et auquel les personnes intéressées peuvent s’inscrire.

Sur un modèle similaire, le numérique facilite l’organisation de groupes qui ont des besoins spécifiques (autour d’un handicap par exemple) et aide à organiser la sociabilité des minorités (l’équivalent du bar gay). Le numérique peut aussi aider à mettre en valeur et partager les ressources locales. Les fablabs sont des ateliers à vocation coopérative qui mettent à disposition du public des outils qu’il serait trop onéreux pour chacun de posséder de manière individuelle, comme des imprimantes 3D, des lasers haute précision, des outils pour le travail du bois ou l’électronique – sur le modèle florissant des hackerspaces américains.  Le rôle du numérique y est essentiel car l’organisation de la communauté, la définition des règles et responsabilités de chacun, et le partage de l’information passent par une plate-forme numérique, le plus souvent sous forme de « wiki ». Le numérique permet la constitution d’une sorte de carte digitale permettant à chacun de repérer puis fréquenter les groupes qui l’intéresse, facilitant ainsi les échanges.

De nouveaux business models fondés sur la confiance

La floraison de startups qui cherchent à être le Uber de X, où X se décline en une multitude de services (du co-voiturage au baby-sitting), repose sur un renouvellement solide des liens de confiance. Après tout, AirBNB a commencé parce des colocataires qui avaient du mal à boucler leur fin de mois proposaient à des inconnus de venir dormir chez eux, sur un matelas gonflable, en l’échange d’une modique somme alors que tous les hôtels de San Francisco étaient pleins ou hors de prix.

L’introduction de la dimension marchande ne semble rien gâcher, bien au contraire, et les utilisateurs sont heureux de pouvoir faire des affaires… entre voisins.


Ariane
Ecrit par
Ariane Zambiras

Partagez cet article

Partager
Commentaires (1)

Les commentaires sont fermés.

  1. Hélène de OpenLoge (75020 dit :

    Hello !
    Je fais partie du réseau de conciergeries locales OpenLoge.
    Organisée autour d’un coordinateur local (vivant dans le quartier), la conciergerie met en relation voisins particuliers et auto-entrepreneurs proposant des services comme Bricolage, check-in Airbnb, ménage,… avec les autres voisins ayant besoin de ces services.
    Déjà 18 conciergeries existantes et bien d’autres à venir !
    Par ici : http://www.OpenLoge.fr

S’inscrire
à la newsletter