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Quel statut pour les travailleurs de l’économie du partage ?

Ariane
Ariane
22 novembre 2016

Le procès perdu d’Uber au Royaume-Uni ouvre à nouveau l’épineux sujet du statut de ses conducteurs : salariés ? Indépendants ? A moins qu’une troisième voie ne soit possible…

Uber n’en est plus à son premier procès perdu. La compagnie tech la plus valorisée au monde est bien connue pour son habitude de « d’abord innover, ensuite réguler ». Le dernier échec judiciaire en date pour le disrupteur de la Silicon Valley a eu lieu au Royaume-Uni.

Au cœur du débat : les Uber, Delivroo etc. sont-ils des employeurs au sens traditionnel du terme, ou  bien des intermédiaires qui mettent en relation des travailleurs indépendants (conducteurs) et des clients (passagers) ?

La décision qui vient d’être rendue par un tribunal de Londres ne concerne que deux conducteurs, mais elle pourrait avoir un impact pour les dizaines de milliers de personnes concernées par le statut des travailleurs de la nouvelle économie. Le tribunal a considéré que les conducteurs d’Uber ne sont pas des travailleurs indépendants, et qu’à ce titre, Uber doit leur garantir le salaire minimum en vigueur dans le pays. L’entreprise a annoncé qu’elle va faire appel de la décision.

uber

Droits et libertés des conducteurs Uber

La réponse d’Uber est qu’il s’agit d’une compagnie technologique délivrant une plateforme de partage, et pas une compagnie de transport. Uber se défend en invoquant l’exemple des personnes qui font du commerce en ligne et qui ne demandent pas pour autant à Ebay des jours de congé ou des allocations chômage.

Réciproquement, les adversaires d’Uber répondent que les conducteurs ne sont pas libres de définir eux-mêmes leur niveau de rémunération, ce qu’ils pourraient faire s’ils travaillaient réellement en freelance.

La question ne se pose pas seulement au Royaume-Uni. Uber a fait face à des actions en justice dans plusieurs Etats aux Etats-Unis, en France, toujours avec le même type de questionnement autour du statut de ses « employés ».

La défense d’Uber

Pour les compagnies comme Uber, les avantages d’une main d’œuvre « indépendante » plutôt « qu’employée » sont évidents : pas de charges sociales couteuses, et une main d’œuvre élastique aux besoins de l’entreprise grâce à la facilité de recrutement/licenciement. A cela j’ajoute l’investissement récent de la compagnie dans les véhicules autonomes Uber lance ses premiers véhicules autonomes qui ne joue pas en la faveur de ses conducteurs.

Pour autant, Uber explique que plus des deux-tiers des personnes qui entament les démarches pour devenir chauffeur le font grâce à une invitation reçue de la part d’un ami qui leur recommande de se lancer dans cette activité. Autre argument mis en avant par Uber,  le résultat d’un sondage réalisé auprès de ses conducteurs : 73% disent qu’ils préfèrent un travail flexible sans protection sociale plutôt qu’un poste aux heures de bureau habituelles avec une protection.

Une troisième voie ?

Comment trancher la question du statut des travailleurs des plateformes d’échange ? Une des pistes évoquées est la création d’une nouvelle catégorie, celle de « travailleur semi-indépendant » (dependent contractor) qui permettrait d’obtenir une partie des protections sociales des salariés – salaire minimum et heures supplémentaires – tout en gardant la flexibilité des horaires de travail.   Mais le changement viendra peut-être du marché lui-même : une nouvelle compagnie (Juno, lancée par le fondateur de Viber) est en train d’essayer d’inciter les meilleurs conducteurs d’Uber à abandonner la plateforme pour rejoindre Juno qui leur propose justement … le statut de salarié !


Ariane
Ecrit par
Ariane Zambiras
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