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Quel transhumaniste êtes-vous ?

Philothée
Philothée
28 janvier 2019

Cyborg ou transespèce, soucieux d’acquérir de nouveaux sens ou de vivre pour toujours : quel transhumaniste êtes-vous ?

L’humain de demain sera augmenté, connecté, mais aussi en meilleure santé. Il vivra plus longtemps et ne cessera de faire la nique à la mort. C’est du moins ce qu’espèrent les transhumanistes, qui veulent mettre les progrès technologiques au service de nos corps pour les arracher à ce qui les rend fragiles, périssables… et humains. Du cyborg à l’amortalité en passant par le transpécisme, voici un petit glossaire du futur de l’humanité.

Le Terminator est un faux cyborg, et un vrai robot humanoïde

Transhumanisme

Commençons par le concept qui chapeaute un peu tous les autres. Le site IA Transhumanisme le définit comme “une approche interdisciplinaire qui nous amène à comprendre et à évaluer les avenues qui nous permettront de surmonter nos limites biologiques par les progrès technologiques.”  Surmonter les limites biologiques, cela veut notamment dire permettre aux gens de vivre “plus longtemps et en santé tout en augmentant leurs capacités intellectuelles, physiques et émotionnelles.” Dans son livre To Be a Machine, Mark O’Connell montre que cette ambition de s’affranchir de nos pauvres limites physiques est un projet quasi-religieux, ou plutôt un abandon de la religion au profit de la technologie mais avec le même but : faire reculer le spectre de la mort éternelle.

Pour rendre la typologie plus précise, le photographe britannique David Vintiner, qui suit cette sous-culture depuis quelques années, les divise en trois grandes catégories : ceux qui veulent prolonger la durée de la vie, ceux qui utilisent des implants comme une forme de body art, et ceux qui ambitionnent de transformer la condition humaine de manière permanente.

Amortalité

Il n’est pas superflu ici de préciser que certains transhumanistes n’aiment pas entendre parler d’immortalité, qui est un concept métaphysique, comme l’explique le site Transhumanistes. “Or, ici, le but est on ne peut plus concret : ralentir le vieillissement humain, et pourquoi pas, à terme, le stopper complètement, voire le rendre réversible. Nous préférons donc parler d’amortalité, ou d’allongement radical de la durée de vie en bonne santé.” Cette absence de mort est un horizon déjà poursuivi par Calico, une filiale de Google/Alphabet, dont l’objectif est de combattre le vieillissement et les maladies qui y sont liées, ou par la fondation SENS, co-créée par Aubrey de Grey pour appliquer la médecine régénérative au vieillissement.

Cyborg

Le cyborg est l’incarnation du rêve transhumaniste : un être humain qui a reçu des greffes de parties électroniques ou mécaniques. Le terme, contraction de cybernetic organism, est apparu dans les années 1960, aux débuts de l’exploration spatiale. Il a été popularisé par les scientifiques Manfred Clynes et Nathan S. Kline, qui imaginaient alors un humain “amélioré” capable de survivre dans un environnement extraterrestre. Mais le tout premier cyborg autoproclamé “date” de 1998 : cette année-là, le professeur américain Kevin Warwick implante sous sa peau une puce qui lui permet d’ouvrir les portes et allumer les lumières automatiquement. En 2002, il met au point l’implant Braingate, avec lequel il contrôle les mouvements d’une main bionique et communique “télépathiquement” avec sa femme, elle aussi munie d’un implant.

Aujourd’hui, les cyborgs sont partout. Un article du Guardian mentionne James Young, qui a gagné un bras bionique suite à un accident lui ayant coûté son bras et sa jambe ; Rob Spence, surnommé “Eyeborg”, qui a installé une caméra à la place de l’oeil qu’il a perdu étant enfant ; Neil Harbisson, qui s’est implanté une antenne lui permettant d’“entendre” les couleurs, lui qui voit tout en nuances de gris ; Tiana Sinclair, qui peut contrôler des drones par la pensée. Et puis, comme le dit l’anthropologue Amber Case, nos smartphones font déjà de nous tous des cyborgs, des humains augmentés à une interface près de la fusion avec la machine. Ça tombe bien : pour Elon Musk, nous devons tous devenir cyborgs si nous ne voulons pas être asservis par l’intelligence artificielle.

Transpécisme

Si les efforts transhumanistes se concentrent beaucoup sur le fait d’améliorer la condition humaine, certains y voient carrément une manière de la dépasser et d’entrer en communion avec d’autres espèces. C’est le cas de Neil Harbisson, l’artiste qui entend les couleurs. Son antenne lui permet en effet de “ressentir” des couleurs que les humains ne perçoivent normalement pas, comme les infrarouges et les ultraviolets. “Si je vois beaucoup d’abeilles aller vers une fleur, je comprends pourquoi parce que je vois qu’il y a un très haut niveau d’ultraviolet sur cette fleur”, explique-t-il au Guardian. Cette connexion avec les abeilles a changé jusqu’à sa manière de se concevoir : “Je me définis comme transespèce parce que la définition de l’être humain ne suffit plus à me contenir.”

Le transpécisme sera certainement l’un des modes de développement du transhumanisme, dans lequel il ne s’agira pas uniquement d’augmenter nos sens mais d’en créer de nouveaux, que nous aurons en commun avec d’autres animaux. C’est un peu le terrain de jeu du collectif allemand the Constitute, qui a mis au point le casque Eyesect pour permettre à quiconque le porte de voir le monde comme le voient un caméléon ou un cheval. Sans aller jusqu’à implanter un nouvel organe, le projet interroge les limites de nos perceptions humaines. Pour Neil Harbisson, l’enjeu n’est pas uniquement artistique ou philosophique : il touche aussi à la survie de notre espèce sur une planète malmenée par l’activité humaine. “Si nous avions tous la vision de nuit, par exemple, nous n’aurions plus besoin de lumière artificielle le soir. Nous n’aurions plus besoin d’éclairer nos villes. Plus nous aurons de sens différents, moins nous consommerons d’énergie.” Voilà un horizon qui peut peut-être réconcilier transhumanistes et écolos.


Philothée
Ecrit par
Philothée Gaymard
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