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Qui est l’empire Softbank ?

LD
Lilas
11 mars 2019

Softbank est une multinationale japonaise, devenue au fil des années incontournable et influente dans le monde tech. Comment s’est établi son empire ? Yellow vous explique tout.

Quel est le point commun entre l’entreprise de robotique Boston Dynamics, la licorne Slack, le géant chinois Alibaba, l’étoile montante Wework et les services de mobilité Uber et Didi ? Toutes ces entreprises sont détenues à quelques % par le conglomérat d’origine japonaise Softbank.

Première idée reçue : non, ne vous méprenez pas, Softbank n’est pas une banque. Fondée en 1981 par Masayoshi Son, Softbank signifie “Bank of Softwares”, rappelant l’activité de l’entreprise de ses débuts : la distribution de logiciels pour PC. C’est dans les années 1990, après des investissements d’infrastructure internet, qu’elle devient la troisième compagnie de télécoms au Japon. Aujourd’hui, Softbank investit et/ou rachète une quantité d’entreprises et se rêve en leader de la singularité.

Une publicité pour les services télécom de Softbank
Une publicité pour les services télécom de Softbank

Une force de frappe sans précédents

En à peine quelques décennies, le groupe Softbank a opéré sa mue. Le groupe a construit une partie de sa fortune grâce à la vente de logiciels pour PC, puis est devenu un acteur majeur du secteur des télécommunications japonais. Rapidement, il effectue des investissements auprès de futurs géants d’internet, comme Alibaba en Chine, que peu d’observateurs et d’investisseurs à l’époque connaissent. En 2015, Softbank fait une entrée remarquée en Occident  en investissant dans la firme de nano-microprocesseurs ARM-Holdings. Aujourd’hui, le groupe s’est structuré et a créé un fonds de capital-risque de près de 93 milliards de dollars, appelé le Vision Fund, dont une partie est financée par l’Arabie Saoudite.

Ce dernier regroupe un portfolio d’investissements chargé de parachever la singularité technologique, une hypothèse selon laquelle l’intelligence artificielle et la robotique feront évoluer notre société en profondeur. Depuis sa création, le Vision Fund investit dans les technologies de pointe (de la firme robotique Boston Dynamics, vendue par Alphabet, à la solution de bureau Slack, en passant par Grab, Uber ou encore Didi, les leaders VTC en Asie du Sud-Est, Occident et en Chine). Outre les investissements dans les technologies de pointe, Softbank fait aussi des paris là où on l’attend moins, comme dans l’immobilier. C’est ainsi que fin 2018, le fonds a investi dans l’assurance habitation Lemonade, auprès du géant américain WeWork. Le fonds est une source de fascination et de crainte chez les investisseurs en capital-risque rivaux, car sa force de frappe est telle qu’il a le potentiel de former des gagnants et des perdants dans n’importe quel marché où il décide d’entrer.

Masayoshi Son annonce la création du Vision Fund
Masayoshi Son annonce la création du Vision Fund

Une vision à très long-terme

Mais SoftBank ne sera pas le prochain Google, le prochain Apple ou le prochain Microsoft : son fondateur ne croit pas qu’une seule marque ou qu’un business model pourra parvenir à la singularité. Il est persuadé que ce résultat sera rendu possible grâce à une stratégie qu’il nomme celle du “cluster of number ones“, soit un écosystème d’entreprises d’intelligence artificielle financées par SoftBank, couvrant tous les secteurs, de la santé au transport en passant par la robotique. Une diversité qui soutient le portefeuille de placements du Vision Fund. Wired rapporte que déjà, lors d’une conférence en 2017, le fondateur exprimait sa vision : “Nous voulons former une coalition de camarades entrepreneurs partageant les mêmes idées. Une révolution ne peut jamais se réaliser avec le pouvoir d’un seul.

Image extraite du film Ghost in the Shell (2018)
Image extraite du film Ghost in the Shell (2018)

Dettes et folie des grandeurs

Mais la folie des grandeurs de Softbank ne va t-elle pas pas devoir un jour se confronter à la réalité ? Les journalistes de TechCrunch penchent pour cette hypothèse. En effet, en compilant les hauts et les bas du groupe en 2018, le magazine tech rend compte de nombreuses dettes qui risquent de peser sur son futur développement. Même si avec 93 milliards d’euros de dotation et le soutien (un peu embarrassant) de l’Arabie Saoudite, il y a de la marge. Et qui sait, d’ici quinze ans, le groupe Softbank aura opéré totalement sa mutation et aura emprunté les traits de Hanka Robotics, cette fameuse corporation qui a engendré des robots super intelligents qu’ils deviennent incontrolables, comme l’imaginait déjà aux débuts des années 90 le manga Ghost in the Shell….

 

Pour en savoir plus :
Comment Softbank a mangé le monde (Wired – en anglais)
Résumons une année de hauts et de bas pour Softbank (TechCrunch – en anglais)


LD
Ecrit par
Lilas D
Journaliste, chercheuse et consultante. Depuis Berlin, j'écris sur les enjeux sociétaux des technologies et questionne le futur que nous sommes en train de construire.
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