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Revolut, start-up Fintech invincible ?

LD
Lilas
20 avril 2018

Depuis 4 ans, Revolut, la fine fleur de la fintech mondiale, poursuit son irrésistible et fulgurante ascension… Mais quelles sont les clefs de sa réussite ?

Invincible Revolut ? La startup qui se rêve licorne est en tête de la course sans merci que se livrent les banques digitales. En février 2018, son fondateur, Nicolay Storonsky, annonçait avec sa poker face habituelle que son service totalisait 1.5 millions d’utilisateurs et parvenait déjà à l’équilibre — contrairement à tous ses concurrents. Tous les mois ou presque, la start-up lance un nouveau produit (carte virtuelle éphémère, trading de crypto-monnaies, etc.) pragmatique et qui répond aux besoins formulés par sa communauté.

Surnommée par la presse spécialisée le “digital challenger” des banques traditionnelles, Revolut a un pouvoir d’attraction très fort sur les investisseurs. Après un tour de table réussi de 66 millions de dollars auprès des firmes VCs Index Ventures et Balderton Capital en 2017, puis un nouveau round qui quadruple sa valorisation, la start-up ne cache pas ses ambitions interstellaires. Quels sont donc les ressorts de cette machine qui semble inarrêtable ?

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Ceci n’est pas une banque

Revolut veut être une alternative aux banques sans pour autant être une banque : la start-up ne permet pas de faire d’emprunts et n’autorise ni découverts ni épargne. Le concept : proposer un compte bancaire en ligne assorti d’une ribambelle de services, sans aucun frais. Le compte Revolut est ainsi adossé à une carte bancaire livrée gratuitement. Les transferts bancaires sont gratuits dans 25 devises et les paiements et retraits à l’étranger ne génèrent pas de frais supplémentaires, ce qui en fait le compagnon de route idéal des voyageurs et travailleurs nomades. Depuis 2017, Revolut propose ses services pour les particuliers et les entreprises. Enfin en décembre dernier, Revolut a annoncé la possibilité de faire du trading de crypto-monnaies pour ses utilisateurs premium, qui payent leur abonnement en moyenne 6 euros par mois.

Aujourd’hui, la start-up, basée à Londres, compte 1,7 millions d’utilisateurs, et en gagnerait 6000 à 8000 de plus chaque jour. De quoi faire des envieux… Surtout quand on sait que cette croissance vertigineuse s’appuie uniquement sur le bouche à oreille. Pour autant, cela ne veut pas dire que ces utilisateurs sont captifs et ne se laisseront pas tenter par d’autres services bancaires. Dans cet environnement ultra-compétitif, Revolut cultive sa singularité en ne lésinant pas sur les nouveautés qu’elle propose.

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No bullshit

Et pour sans arrêt étonner et satisfaire ses clients, Nikolay Storonsky est cash envers ses employés. Dans les locaux de Revolut, pas de baby-foot ou de salon de massage : “l’espace est fonctionnel et les salariés travaillent calmement à leurs bureaux”, note un journaliste du Financial Times qui les a visités. “Je ne vois pas comment un équilibre entre vie professionnelle et vie privée peut vous aider à créer votre start-up”, lui explique candidement Storonsky. Revolut, qui compte désormais 350 employés après une période de croissance rapide, a dû se séparer l’an dernier de son Chief Operating Officer, de son vice-président des services aux entreprises et du responsable des paiements : un turnover qui s’explique en partie par des conditions de travail particulièrement exigeantes. Sur le site Glassdoor, qui rassemble les avis de salariés sur les organisations dans lesquelles ils travaillent, tous les témoignages concernant Revolut admirent la vision de la start-up mais critiquent la pression qu’ils doivent soutenir. Pour Storonsky, c’est pourtant la seule manière de percer : “Soit vous êtes à fond, vous êtes très concentré sur votre projet et vous passez du temps dessus, soit vous avez peu de chances de survivre.”  Et si l’on peut critiquer l’éthique du travail de Revolut, on reconnaîtra à Storonsky une qualité : celle d“’un no-bullshit” absolu qui tranche avec les sourires techno-béats dont le milieu start-up est coutumier. Il suffit de relire notre compte-rendu du plateau de Tech Crunch Disrupt en octobre dernier pour se rendre compte de la différence de style entre Storonsky et ses concurrents : c’est Jafar au pays des Télétubbies.

Prochains défis

Comme Revolut ne chôme pas, on risque fort d’en entendre parler encore longtemps. D’abord parce qu’en novembre 2017, elle a entamé les procédures pour obtenir la licence qui lui permettra de devenir une banque européenne. Ce changement radical va sans doute propulser Revolut dans la cour des grands, en lui permettant de recruter plus de clients. Pour autant, il y a fort à parier que le changement d’echelle ne se fera pas sans heurts. Quels services vont-ils devenir payants ? Comment la plateforme pourra-t-elle traiter un volume de transactions encore plus important ?  En attendant cette nouvelle ère, Revolut a déjà lancé de nouvelles fonctionnalités. Parmi elles, les cartes virtuelles à usage unique, qui permettent aux utilisateurs de faire des achats en ligne sans se soucier des risques de fraude. Revolut va également généraliser son service de micro-épargne, surnommé “Vaults” par la communauté, qui permet d’arrondir les transactions à l’euro supérieur et d’épargner la différence, ou bien d’investir automatiquement la somme dans les crypto-monnaies.

Mais outre son éthique de travail et son approche résolument innovante, ce qui porte Revolut face à ses compétiteurs, c’est sa vision. Récemment, son CTO déclarait qu’en 2030 nous vivrions dans une société sans cash : un futur que Revolut s’emploie activement à réaliser.


LD
Ecrit par
Lilas D
Journaliste, chercheuse et consultante. Depuis Berlin, j'écris sur les enjeux sociétaux des technologies et questionne le futur que nous sommes en train de construire.
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