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Siri a-t-il un avenir ?

Sébastien Louradour
Sébastien
5 septembre 2016

Siri, l’assistant vocal d’Apple fête ses 5 ans. Globalement peu utilisé et concurrencé par Google et Amazon, l’assistant, qui avait pourtant fait sensation à son lancement, peut-il rebondir ? A la veille de la prochaine keynote d’Apple, retour sur ce service qui devrait à nouveau faire parler de lui.

Je ne sais pas pour vous, mais l’utilisation la plus intensive que je fais de Siri est de programmer le minuteur pour ne pas oublier les spaghettis sur le feu. En même temps, c’est pratique, pas besoin d’aller sur l’application, il suffit juste de lui demander. En plus, la requête est assez facile à comprendre. Pour le reste, j’ai tout abandonné, faire une recherche Google relève du challenge et écrire un SMS, honnêtement, je préfère le dicter lorsque je suis sur iMessage.

A ce stade, on pourrait collectivement faire la liste de tous les griefs, et les envoyer à Apple pour qu’il arrête le massacre et qu’il mette fin à un produit qui, il faut bien l’avouer, est franchement décevant. Google a bien fait la même chose avec ses Google Glass, en estimant qu’il n’y avait pas de marchés pour elles.

Pour autant, il se joue depuis quelques temps un concours entre les géants de la tech pour parvenir à proposer le meilleur assistant personnel. Preuve que Siri n’est pas un produit sans avenir, preuve aussi que Siri n’est peut-être pas allé dans la bonne direction.

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Siri au bureau

Alexa, presque un membre de la famille

Dans la liste des assistants personnels qui cartonnent, voici Alexa, créée par Amazon fin 2014. Plus précisément, Alexa est la voix émise par une petite tour (Amazon Echo) que l’on met chez soi, dans son salon par exemple, et qui peut réaliser de nombreuses tâches très pratiques. La première chose qu’Alexa sait très bien faire est d’améliorer l’expérience des adhérents au programme Amazon Prime. Cet abonnement permet notamment de bénéficier d’un service de musique en streaming, d’un accès aux e-books, du stockage de ses photos sur le cloud, et bien sûr d’accéder à ce qu’Amazon fait de plus spectaculaire : la livraison en moins de deux jours. Ainsi, la tour Echo qui fait également office d’enceinte peut jouer l’ensemble de la musique proposée par Amazon sur simple commande vocale mais également réaliser ses achats sur Amazon et lire des e-books.

Mais Amazon ne se contente pas de pousser son offre premium. On peut grâce à Alexa écouter la musique de ses autres abonnements (Spotify, Pandora, etc.), commander un Uber, gérer ses appareils électriques connectés dans la maison… et régler le minuteur pour ne pas oublier de sortir le poulet du four, ouf !

Sortir du gadget

Amazon l’a bien compris, pour devenir un assistant personnel qui fonctionne, il faut proposer de vrais services en simplifiant les usages quotidiens. Dans cet esprit, Alexa peut, par exemple, réaliser des transferts d’argents entre comptes pour les clients de la banque Capital One.

En s’ouvrant aux développeurs et aux autres applications, les concurrents d’Apple prennent en effet une longueur d’avance considérable sur Siri. Google, qui a annoncé au cours de sa dernière conférence Google I/O, vouloir lancer Google Assistant, a par exemple largement ouvert son service aux développeurs.

La seconde force des bons assistants personnels est leur intelligence et leur capacité à apprendre à nous connaître. Là-dessus, Google pourrait bien créer la sensation. Promis pour cet automne, son assistant personnel va arriver avec des quantités astronomiques de données déjà accumulées et analysées grâce à son moteur de recherche, mais également Google Maps, Google Photos, etc.

Ainsi, Google Home, la copie presque conforme d’Amazon Echo, pourrait dès son lancement se faire une place de choix dans le nouveau marché des tours musicales intelligentes.

Comment sauver le soldat Siri ?

Siri doit pouvoir faire mieux que simplement répondre à des questions, il doit savoir faire des choses. Pour cela, Apple s’est ouvert aux développeurs pour anticiper le lancement prochain d’iOS 10. Présenté en juin, SiriKit permet à des acteurs tiers de développer des services autour de la messagerie, des appels, de la recherche de photos, de la commande de chauffeurs, du paiement mobile, de l’entraînement physique et de la gestion des musiques et vidéos. De quoi permettre à Apple de présenter un Siri bien plus engageant au cours de sa prochaine keynote qui aura lieu le 7 septembre.

Siri doit aussi être plus intelligent, et donc suivre davantage la stratégie de collecte de données et de machine learning de Google. Pas évident de concurrencer Google sur ce terrain, d’autant plus que la firme de Mountain View a annoncé avoir pris une gigantesque avance en matière d’intelligence artificielle. Parmi les autres acteurs ayant pris de l’avance, la startup Viv, dont l’un des dirigeants est le co-créateur de Siri. Cet assistant personnel est capable de gérer des commandes complexes en sachant notamment retenir les questions précédentes grâce à un système de machine learning très abouti.

Chatbots ou assistants à reconnaissance vocale ?

Les assistants personnels fonctionnant sur reconnaissance vocale souffrent pour autant d’une faille technologique : la qualité médiocre des micros qui n’a pas évolué depuis 2012. Ils ont du mal à bien séparer la voix qui émet une requête des autres voix et bruits environnants. Si bien que même si les recherches en matière de reconnaissance vocale et d’intelligence artificielle progressent de façon vertigineuse, les Siri et autres consœurs doivent toujours composer avec un léger problème de surdité.

Aussi, dans cette course effrénée à l’intelligence artificielle, la question que l’on peut désormais se poser est de savoir si la bataille sera remportée par les chatbots (cf. Penny, Allo, Messenger) ou les assistants à reconnaissance vocale. Les premiers ayant l’avantage certain d’avoir simplement à lire du texte, il ne leur reste désormais plus qu’à savoir correctement lire les phrases.


Sébastien Louradour
Ecrit par
Sébastien Louradour
Rédacteur en chef de Yellow Vision, je décrypte les dernières tendances, essaye d'écouter les signaux faibles et de rendre l'ensemble compréhensible pour tous. Contactez-moi, j'échangerai avec plaisir !

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