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Les start-ups championnes du développement durable

Philothée
Philothée
1 octobre 2018

De plus en plus de start-ups mettent les Objectifs de développement durable définis par les Nations Unies au cœur de leur raison d’être.

En 2015, les Nations Unies ont défini 17 Objectifs de développement durable (ODD) pour la planète et l’humanité, à atteindre d’ici 2030. L’ambition est grande : éradiquer la pauvreté, protéger la planète et garantir la prospérité pour tous. Pour y parvenir, les Nations Unies appellent donc chacun à faire leur part : “les gouvernements, le secteur privé, la société civile et les personnes comme vous”. Dans le secteur privé, de nombreuses entreprises ont commencé à mettre leurs politiques de RSE en perspective avec ces Objectifs. Mais de plus en plus de start-ups en font carrément leur raison d’être.

Un hackathon aux neuf coins du monde

Signe de cette tendance, de nombreux appels à projets, hackathons et autres bourses ont fleuri ces trois dernières années. En avril 2017, la UN SDG Action Campaign (l’organisme chargé par le Secrétaire général des Nations Unies de contribuer à l’atteinte des Objectifs) a ainsi lancé une compétition internationale pour détecter les start-ups qui proposent des solutions pertinentes aux défis de développement durable. Dans neuf villes du monde, plus de 800 personnes ont participé à un hackathon de 48 heures pour imaginer des réponses à trois des ODD : l’objectif 9 (Industrie, innovation et infrastructure), le 10 (Inégalités réduites) et le 12 (Consommation et production responsables). Neuf startups ont ensuite été invitées à présenter leur idée au siège des Nations Unies à New York, et trois d’entre elles ont été choisies pour bénéficier de l’accompagnement et du soutien de l’ONU.

L’une des gagnantes vient d’Inde et propose des tablettes en Braille, qui permettent aux personnes aveugles de communiquer plus facilement et en utilisant moins de papier. La deuxième, Niskala, veut rendre les festivals et cérémonies religieuses de Bali plus écolo, en réduisant les déchets et encourageant l’utilisation de matériaux biodégradables. La troisième, eQuality, est londonienne et permet aux consommateurs, en scannant les code-barres des produits de supermarché avec leur smartphone, d’en savoir plus sur les pratiques sociales et environnementales des marques. Et le reste des finalistes montre bien qu’il y a mille et une manières d’innover pour le développement durable : offrir une app qui facilite l’accès aux infos sur le transport local à Lagos (Smart Transit) ; connecter les fermiers locaux et les consommateurs sans intermédiaires (Lettuce Grow, Lisbonne) ; mettre en relation des réfugiés avec de potentiels employeurs pré-sélectionnés pour leurs pratiques justes et honnêtes (Jardim Digital, Rio de Janeiro).

Les gagnants du hackathon présentent leurs idées aux Nations Unies. Source : @InfluxTrust sur Twitter

Des “solutions locales pour un désordre global

Les entreprises de la Silicon Valley sont souvent pointées du doigt pour leur “solutionnisme technologique”, selon l’expression du chercheur Evgeny Morozov, qui réfute l’idée selon laquelle il existerait “une ‘application’ comme réponse simple et immédiate à tous les enjeux sociétaux” et à “nos problèmes individuels.” Si l’on veut que la technologie et l’innovation contribuent à l’atteinte des ODD, il est donc particulièrement important de chercher des solutions ancrées dans des problématiques locales et qui ne se contentent pas d’apporter des réponses cosmétiques.

Heureusement, l’innovation fleurit partout, et pas que dans la Silicon Valley ou dans les pays occidentaux. Depuis 2002, le Prix SEED, décerné par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), récompense les start-ups innovantes et respectueuses de l’environnement dans les pays en développement. Comme l’affirme Achim Steiner, administrateur du PNUD, “les modèles commerciaux écologiques ont un rôle énorme à jouer dans la réalisation des objectifs de développement durable.”

En 2017, l’édition africaine du prix (il existe également en Amérique du Sud et en Asie) a ainsi récompensé quinze lauréats dans les domaines de l’agriculture, de la gestion des déchets, de l’énergie, de la fabrication, de la conservation de la biodiversité et du tourisme. Exemples : “des sacs à base de fibres de bananier au Kenya, des bancs d’école fabriqués à partir de déchets plastiques au Burkina Faso, de meilleurs moyens de subsistance pour les producteurs de café et des gorilles de montagne en sécurité en Ouganda”, explique le site du PNUD. L’édition 2018 de SEED est dans les tuyaux, avec un appel à projets ouvert jusqu’aux 10 et 17 septembre selon les pays.

Place aux jeunes

Enfin, pour répondre aux problèmes du monde, il faut aussi compter sur les idées de ceux qui le dirigeront demain. C’est le positionnement de la Young Sustainable Impact (YSI) Conference, dont la seconde édition a eu lieu à Stockholm en août 2017. “Il y a un potentiel énorme pour aider les jeunes à faire quelque chose de concret, à créer quelque chose qui aie un impact réel sur le monde”, explique à Fast Company Didrik Strøhm, le directeur de l’innovation de YSI. L’idée, lancée par un entrepreneur norvégien de 19 ans appelé Maiuran Loganathan, est de rassembler 25 innovateurs de moins de 25 ans venus de partout dans le monde pour les faire travailler en équipe à la résolution de problèmes globaux. Après avoir répondu à une série de questions sur leurs centres d’intérêt, les innovateurs ont été répartis en cinq équipes et ont travaillé à distance pendant cinq mois, avant de passer deux semaines ensemble à Stockholm pour affiner leurs idées. Résultat : une équipe travaille aujourd’hui sur un filtre à eau peu cher ; une autre s’attaque aux inégalités dans l’accès des jeunes aux services de santé mentale ; la troisième développe un système de “tracking” des épidémies et maladies ; une quatrième équipe utilise des caméras thermiques pour mesurer la déperdition de chaleur des bâtiments et savoir comment la réduire ; et la dernière repose sur la blockchain et l’internet des objets pour réduire le gaspillage alimentaire.

Les jeunes gens formidables de Young Sustainable Impact

Pour les organisateurs, l’idée est de laisser la créativité de ces jeunes s’exprimer, mais aussi de leur donner les moyens de la faire naître “dans la vraie vie”. “Nous essayons de bâtir un pont entre ces jeunes qui sont déterminés et passionnés et ont énormément de potentiel et les entreprises qui ont beaucoup d’expérience et peuvent les guider”, explique Didrik Strøhm. C’est, incidemment, l’idée derrière une toute récente plateforme néerlandaise baptisée fetch, dont l’objectif est de “matcher” de grandes entreprises avec des start-ups qui contribuent à l’atteinte des ODD. “L’idée derrière fetch est de créer une plateforme numérique globale où les membres peuvent chercher des innovations qui sont alignées avec leurs objectifs sur les sujets de développement durable et les ODD”, explique sa fondatrice Alison Azaria à Triple Pundit. De quoi permettre aux start-ups de trouver leurs marchés, et aux entreprises d’identifier les bons partenaires avec qui travailler pour contribuer à l’atteinte des ODD. Comme le disent les Nations Unies, le développement durable, c’est l’affaire de tous.


Philothée
Ecrit par
Philothée Gaymard
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