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Ces startups qui accompagnent les freelancers

LD
Lilas
2 novembre 2017

Automatisation des tâches, télétravail et freelancing : il paraît que le monde du travail est en train de changer, celui de l’accompagnement aussi.

Aux États-Unis, 35 % de la population active travaille en freelance ; en France, selon les statistiques officielles, on compte 2,8 millions d’indépendants (14 millions si on compte ceux qui arrondissent leurs fins de mois avec le régime indépendant selon Mc Kinsey). Cette catégorie rassemble une population active hétérogène puisqu’elle englobe les professions libérales, les exploitants agricoles ou encore les patrons de l’industrie, du commerce ou des services, mais aussi les chauffeurs VTC, les développeurs informatiques et celles et ceux qu’on appelle les digital nomades.

Selon un rapport du Haut Conseil pour le financement de la protection sociale (HCFiPS) datant de février 2017, sur ces 2 millions de travailleurs indépendants, on compte désormais 1 million d’auto-entrepreneurs et près de 200 000 travailleurs affiliés aux plateformes collaboratives.” Tablant sur l’automatisation d’une majorité  des emplois mais aussi sur un désengagement de l’État-providence, médias, bloggers et experts, dès les années 2010, ont annoncé la massification de ce statut d’ici 2030. D’ailleurs, selon un sondage réalisé par l’IFOP,  “14,3 millions de Français en activité se déclarent prêts à devenir indépendants si des mesures politiques favorables sont mises en place.” Alors si le monde du travail de demain se conforme aux prédictions et fait de presque tous les actifs des (auto-)entrepreneurs, quelles garanties sociales leur seront-elles proposées ? Certaines start-ups s’emploient déjà à trouver la réponse. Tour d’horizon.

L’assurance santé connectée

Depuis quelques années, les complémentaires santé spécialement dédiées aux freelances ont fleuri en France. Ces mutuelles connectées proposent ainsi des remboursements des frais médicaux pour les travailleurs, dont la seule cotisation à la sécurité sociale (par l’intermédiaire du RSI) ne suffit souvent pas à couvrir correctement pépins graves de santé, soins dentaires ou frais d’hospitalisation. Dans le rayon assurance santé, la jeune pousse Alan s’est taillée une place de choix. La mutuelle et start-up, qui a réussi une levée de fonds de 12 millions d’euros en 2016, s’est d’abord lancée auprès des entreprises, afin que celles-ci puissent offrir une couverture complémentaire à leurs salariés. Depuis peu, elle offre ces services de complémentaire santé aux indépendants. Dès que vous vous inscrivez, Alan calcule, selon votre âge et votre revenu moyen, votre cotisation mensuelle. La vraie innovation ? L’expérience utilisateur. Vous pouvez correspondre avec votre mutuelle directement via l’app en scannant des documents, tout comme résilier votre abonnement quand vous le souhaitez. Votre police est garantie pour un an sans changement. En plus de cela, l’application propose une intégration avec d’autres plateformes telles que Doctolib, permettant de réserver un rendez-vous chez le médecin plus rapidement et sans file d’attente.

_Alan

Mutualiser des ressources

Wemind propose aussi une complémentaire santé, et bien plus encore… Lancée en 2016 par Mikael Uzan et Hind Elidrissi, Wemind est une plateforme parisienne qui voit gros. Son objectif ? Offrir les mêmes garanties aux freelancers qu’aux salariés d’entreprises : protection santé, couverture juridique, garantie logement et comité d’entreprise. La plateforme fonctionne sur un principe communautaire :  freelances et entrepreneurs se regroupent pour s’entraider, ce qui leur permet de bénéficier d’un pouvoir de négociation. Cette mutualisation des risques passe par la cotisation à un pot commun qui est administré et géré par la plateforme. Le point fort de ce système, c’est qu’il fait de cette véritable “mutualisation” une force pour les différents freelances inscrits sur Wemind en leur offrant des garanties inégalées. Ainsi, Wemind propose à tous les cotisants une assistance juridique en cas de problème avec l’URSSAF ou se porte garant pour la location de bien immobilier. Plus important, en cas d’arrêt maladie, Wemind garantit le maintien de vos revenus à 100% jusqu’à 3 jours en cas d’accident et 15 jours en cas de maladie.

Se former tout au long de la carrière

Enfin, un autre problème rencontré lorsqu’on est indépendant, c’est la difficulté à se former et actualiser ses compétences tout au long de sa carrière. Or, alors que le cabinet Wagepoint estimait en 2015 que 60% des jobs de 2030 n’existent pas actuellement, il faut dès aujourd’hui être ouvert à des carrières non linéaires où l’on apprend constamment. Les indépendants peuvent déjà actualiser leurs compétences grâce à des Moocs. Mais la start-up Switch Collective va plus loin, en encourageant les “switchs”, ou changement de carrière, grâce à un programme court de formation. Quant au réseau d’indépendants Mangrove, il part d’un constat : être freelance permet de jongler entre plusieurs activités, et le pouvoir de la communauté peut aider à les faire fructifier. En faisant partie de la communauté, chaque membre de Mangrove doit s’entretenir chaque semaine 10 à 15 minutes pour lui donner des conseils sur sa carrière professionnelle. Enfin, des sessions collectives sont aussi organisées afin de permettre à celles et ceux qui le souhaitent de trouver de nouvelles inspirations pour leurs projets personnels.

Plateformes vs. État ?

Si le travail indépendant se massifie comme on le prédit, l’accompagner sera plus qu’une opportunité pour les start-ups de tout poil : ce sera une vraie question de société. L’État Providence accuse déjà un certain retard numérique pour accompagner les nouveaux travailleurs. Si ces start-ups ont le mérite d’apporter des solutions concrètes et vont même jusqu’à redéfinir la notion de carrière ou de formation grâce au numérique, il n’en demeure pas moins que l’État va être très attendu pour établir l’universalité de ces services afin qu’ils ne soient pas accessibles qu’aux indépendants qui ont les revenus pour le faire. Les indépendants seront sans doute fixés début 2018 quand le gouvernement Macron s’emparera de la réforme de l’assurance chômage et de l’assurance maladie pour leur régime… À voir, donc, si le législateur fera un pas vers un futur pour tous — ou pas.


LD
Ecrit par
Lilas D
Journaliste, chercheuse et consultante. Depuis Berlin, j'écris sur les enjeux sociétaux des technologies et questionne le futur que nous sommes en train de construire.
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