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Enfin comprendre le rôle des Venture Capital de la Silicon Valley

Sébastien Louradour
Sébastien
31 juillet 2017

Le succès de la Silicon Valley repose sur des talents, une volonté d’être en rupture avec le modèle établi et… de l’argent, beaucoup d’argent.

Les fonds de Venture Capital (VC, ou capital risque en Français) sont des fonds d’investissement dont le rôle est de parier dans des startups encore jeunes dont le potentiel à venir est considéré comme prometteur. Certains fonds VC de la Silicon Valley ont gagné une réputation mondiale en ayant habilement investi il y a 10 ans dans des jeunes pousses telles que Facebook ou Airbnb.

Petite piqûre de rappel : qu’est-ce qu’un fonds VC ?

Il existe des dizaines de fonds VC dans la Silicon Valley. Ces derniers jouent un rôle clé dans l’écosystème d’innovation de la région car ce sont eux qui “prennent le risque” d’injecter du cash dans les jeunes startups afin qu’elles puissent investir, recruter et croître à la vitesse d’une…startup. Les fonds VC sont généralement montés par des pionniers du monde de la tech ou des spécialistes reconnus de secteurs d’activité. Les dirigeants de fonds VC (les General Partners) peuvent injecter des ressources personnelles, mais cela reste négligeable (autour d’1 à 2% pour les grands fonds) au regard des sommes qu’ils lèvent pour créer leur portfolio de startups. Pour se financer, les fonds VC se tournent généralement vers des entités gérant d’importantes sommes d’argent mais réalisant des investissements peu risqués et à long terme : fondations, family offices, fonds de pension, sociétés d’assurance, etc. Ces derniers investissent généralement dans des fonds VCs sur une période de 5 à 7 ans.

Au cours de cette période, les VCs construisent un portfolio de startups qu’ils vont accompagner en leur donnant les moyens de grossir et devenir suffisamment attractives pour être finalement rachetées ou entrer en bourse. Cette dernière étape, que l’on appelle l'”exit” permet au fonds VC de récupérer sa mise de départ multiplié par la valeur acquise par la startup. Le cash récolté permet ensuite d’être reversé au fonds VC et aux investisseurs initiaux.

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Prise de participation dans la startup et prise de décision

La Silicon Valley adorant vanter les success stories du monde des startups, on pourrait a priori penser que faire tourner un fonds VC ou investir dedans est le début de la roue de la fortune. La réalité est moins flatteuse. Sur un portefeuille de, admettons, 30 startups, le fonds VC doit maximiser son gain potentiel et gérer le risque associé à l’échec de startups dans lesquelles il a investit. Pour accompagner ses startups à réussir, les fonds VC vont identifier différentes stratégies de croissance. Cela peut se matérialiser par un abondement en cash pour recruter rapidement des talents, et développer sa solution avant même que la startup ne génère de revenus. Lorsque la startup commence à gagner en maturité, les VCs peuvent, grâce à leurs réseaux, les accompagner à monter des opération d’acquisitions pour gagner rapidement en volume et s’étendre géographiquement.

Disposer d’un puissant réseau est un aspect fondamental du succès des VCs les plus influents. Des personnalités comme Peter Thiel, Marc Andreesen, ou Benedict Evans, font la pluie et le beau temps de la Silicon Valley et sont également les influents General Partners (GP) de fonds VC. Mais des GP, moins célèbres mais experts de leurs secteurs et ultra-connectés, peuvent s’avérer être aussi efficaces pour accompagner des startups à décoller.

Vous l’aurez compris, les startups financées disposent de sommes faciles à dépenser mais la contrepartie repose dans le fait que les VCs disposent d’un droit de regard parfois très conséquent dans le fonctionnement de la startup.

Du financement en Seed à la Series F

A chaque investissement fait dans une startup, les VCs prennent en effet une part de capital de la startup. On appelle cela un round. Le premier round est appelé Seed (en référence à la graine que l’on plante), viennent ensuite les Series A, B, C et ainsi de suite jusqu’à ce que la startup finisse par être rachetée ou entrer en bourse. De manière générale, un VC peut prendre entre 10% et 25% du capital en Seed, et le capital va ainsi se diluer au fur et à mesure des rounds entre les fondateurs et les nouveaux entrants qui viennent financer la startup. La part de contrôle des fondateurs se réduit donc à chaque round, si bien que ces derniers prennent clairement le risque de totalement perdre le contrôle de leur startup. Dernier exemple en date, le départ de Travis Kalanick, le fondateur et CEO d’Uber, poussé à la porte par les investisseurs.

Gérer un portefeuille d’investissements et parier sur leurs succès à venir

Avoir du flair est une vertu incontestable dans le métier de VC, avoir des gros coups de bol aussi. Et puis il y a ceux qui cumulent les deux. De nombreux indicateurs permettent de connaître le succès des investissements des VCs. D’un point de vue strictement financier les “exits” (littéralement les sorties des startups du portefeuille d’investissements) permettent aux VCs de récupérer l’argent investi initialement, une généreuse plus value en plus. Les exits peuvent prendre plusieurs formes :

  • L'”IPO” (Initial Public Offering pour Entrée en bourse) représente la voix royale. Prenons l’exemple de Snap Inc. (la maison mère de Snapchat) qui a réalisé son IPO en début d’année. Le tout premier investisseur de la startup, Lightspeed Venture Partners, avait misé au total 8 millions de dollars. L’IPO lui a permis de détenir en actif 82 millions d’actions soit la somme théorique d’1 milliard de dollars compte tenu du coût de l’action actuel (2 milliards le jour de l’IPO). Pas mal donc.
  • L’acquisition, plus commune, n’en reste pas moins intéressante. Andreessen Horowitz a par exemple empoché 78 millions de dollars à la suite du rachat d’Instagram par Facebook. Un chèque correct lorsque l’on sait que l’investissement initial dans la startup était de 250 000 dollars…

Maximiser sa capacité de gain : 3/4 des startups financées par des VC échouent

Parmi les fonds les plus prestigieux, on retrouve les smart money VCs, comprendre les fonds de capital risque plaçant le mieux leurs investissements. Selon CBInsights, 17 des 24 smart money VCs sont basés dans la Silicon Valley. Parmi eux, on compte les prestigieux fonds Andreessen Horowitz, ou Accel Partners.

Autre façon de hiérarchiser : classer les fonds VCs en fonction de leurs investissements dans les startups aujourd’hui devenues des licornes, c’est à dires des startups dont la valeur est évaluée à plus d’un milliard de dollars. Il s’agit d’une façon d’évaluer les actifs d’un fonds VC mais également sa capacité à avoir pris des risques et à avoir eu le bon move. Dans ce domaine, brillent des fonds VCs tels que SV Angel, spécialisé en financement de jeunes pousses (Seed), qui dispose de 23 licornes dans son portefeuille.

Pour autant, la plupart des startups échouent. Le Wall Street estime que c’est le cas de 3/4 des startups financées par des VCs. En réalité ce chiffre est une moyenne va dépendre du secteur d’activité comme de la réputation du fonds.

Au delà du côté hype associé au fonds VC, se joue donc en réalité un métier de gestion d’actifs financiers dont les équilibres sont précaires et où les succès célébrés cachent souvent de nombreux échecs. D’un autre côté, la Silicon Valley n’aurait probablement jamais existé sans eux


Sébastien Louradour
Ecrit par
Sébastien Louradour
Rédacteur en chef de Yellow Vision, je décrypte les dernières tendances, essaye d'écouter les signaux faibles et de rendre l'ensemble compréhensible pour tous. Contactez-moi, j'échangerai avec plaisir !

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