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Vers une vie éternelle digitale

Jean Pierre Fourcade
Jean Pierre
5 décembre 2017

Il devient désormais possible d’atteindre l’éternité numérique grâce à l’activité croissante de notre activité en réseau. Et, certainement, d’ici quelques années, une majorité des personnes décédées seront dotées d’une identité numérique post-mortem.

Depuis l’existence d’internet et des réseaux sociaux, chaque jour, nous partageons notre vie à travers des conversations et des publications qui constituent une énorme quantité de données numériques personnelles. Alors que chaque minute trois personnes inscrites sur Facebook décèdent, le devenir de toutes ces données interroge de plus en plus les citoyens et c’est sans doute pourquoi la mortalité numérique n’existe pas vraiment sur le net qui serait ainsi devenu le plus grand cimetière de la planète.

Organiser sa mort numérique

Le droit à la mort numérique, désormais défini par la loi française sur la république numérique, permet d’organiser les modalités post mortem de la conservation ou l’effacement des données personnelles numériques après un décès. Ce droit est défini dans l’article 40-1 de la loi relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés.

Dans le cas du choix de l’effacement des comptes par la famille d’un défunt, la CNIL recense les possibilités et donne sur son site internet, les conseils nécessaires pour entamer une procédure de signalement de décès à un site internet ou à un réseau social.

Dans le cas de la conservation des données et grâce au développement récent de nouvelles technologies et de l’intelligence artificielle, de nombreuses start-ups proposent de nouveaux modes innovants d’exposition permettant de faire vivre son identité post mortem de multiples façons qu’elles soient numériques mais pas seulement. L’objectif dans bien des cas pour ces start-ups est d’entretenir de manière innovante le souvenir du défunt.

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Le premier réseau social des immortels

Prolonger sa vie virtuelle après la mort, c’est désormais possible grâce au numérique et aux nouvelles technologies.

C’est bien le concept proposé par la Start-up française GrantWill qui se définit comme « le premier réseau social des immortels ». Le principe de cette application est pouvoir stocker de son vivant tout un ensemble de données à destination de son entourage comme des photos, des vidéos, des données administratives, des mots de passe qui seront dévoilés post mortem à des dates précises.  Au moment de l’inscription, il est nécessaire de désigner dix « anges gardiens » qui devront se charger personnellement de contacter le site GrantWill pour prévenir du décès de l’inscrit et ainsi débloquer ses contenus numériques.

Créer un avatar éternel à son image

La start-up Eternime, fondée en 2014 par Marius Ursache, chercheur au MIT, propose de créer le premier réseau post mortem d’avatars personnels basée l’intelligence artificielle.

Le principe d’Eternime est, dès l’inscription sur le site internet (en version bêta), de préserver l’ensemble des activités en ligne comme les discussions sur les réseaux sociaux, les photos et les e-mails. Toutes ces données seront stockées pour l’éternité et  analysées afin de  créer un avatar intelligent qui ressemble en tout point à la personne inscrite. Cet avatar vivra pour toujours en émulant la personnalité du défunt et pourra interagir avec la famille et les amis après le décès.

Elever son clone numérique qui vous survivra

Voici Replika, une application de type chatbot sur smartphone, disponible depuis début 2017, qui vous propose de créer son clone numérique qui au décès de son utilisateur pourra continuer à converser avec son entourage.

Le principe de cette intelligence artificielle est de questionner sans relâche afin de collecter le maximum d’informations sur la vie de son interlocuteur afin de constituer un ensemble de données personnelles aussi complet que possible.  (Voir l’article de Lilas sur Yellow Vision).

Planifiez l’envoi de cadeaux même après votre décès

La start-up MyTrustedWill,  basée  à Istanbul en Turquie, a créé une plateforme web multi-services qui permet aux défunts de rester en contact avec leurs familles et proches par de nombreux services. Cette plateforme permet aux utilisateurs inscrits de pré-enregistrer des appels téléphoniques, d’envoyer des SMS, e-mails, vidéos, télécharger des documents et même envoyer des cadeaux comme des jouets pour les enfants ou encore des voyages.

Choisissez l’espace cosmique comme dernière demeure

Si vous choisissez la crémation plutôt que l’inhumation ce qui est de plus en plus plébiscité par les Français, vous pourriez alors être intéressé par les services proposés par la start-up Elysium Space qui organise l’envoi dans l’espace de quelques grammes de cendres de personnes décédées.

La start-up Elysium Space, basé à San Francisco et composée d’anciens membres du personnel de la NASA et d’experts funéraires, se décrit comme une entreprise de «vols spatiaux commémoratifs». Chaque client, qui s’inscrit sur le site internet, reçoit alors un kit contenant une capsule pour récupérer les restes incinérés du défunt qui sera ensuite renvoyé à Elysium Space et placé dans le vaisseau spatial. La famille et les amis pourront suivre la progression du vaisseau spatial avec une application Apple iOS ou Google Android.

Cependant, depuis 2008, en France, la législation encadre et réglemente strictement la pratique de la dispersion des cendres funéraires et de ce fait, les cendres ont le statut de corps à part entière. Néanmoins la start-up montpelliéraine Poussières d’étoile  propose depuis 2014 à ses clients d’expédier la totalité des cendres d’un défunt dans la haute stratosphère, à 35 kilomètres de hauteur considéré comme le proche espace. Pour ce faire, ils utilisent un ballon stratosphérique gonflé à l’hélium, un composé d’arbre 100% biodégradable, identique à ceux qu’utilise Météo France.

Le mind-uploading,  une ultime étape pour la sauvegarde de sa conscience.

Le téléchargement de la conscience (le minduploading) n’est pas vraiment encore pour demain. Cependant depuis quelques années, des laboratoires de recherche à travers le monde planchent sur le sujet à l’image du programme européen Human Brain Project, à Lausanne, qui cherche à modéliser un cerveau artificiel. Ces recherches scientifiques, si elles aboutissaient, représenteraient l’étape ultime de la sauvegarde de notre conscience pour l’éternité qui pourrait alors être préservée dans un corps artificiel synthétique ou bien même virtuel…


Jean Pierre Fourcade
Ecrit par
Jean Pierre Fourcade
A la frontière entre l’information, la recherche et le développement, ma mission est de surveiller l’évolution des technologies dans des domaines bien déterminés mais aussi au-delà. Je suis très souvent connecté sur de nombreux réseaux pour alimenter ma soif de connaissances par mes explorations dans le nouveau monde du numérique.
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Commentaires (2)

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  1. Franck Hourdeau dit :

    Trés interréssant ! Peut-on reprendre cet article dans notre revue Collector édité par Mediaprism l’Agence de la branche numérique de La Poste ?

    • Bonjour Franck, bien sûr ! N’oubliez pas de nous citer et d’insérer le lien qui va vers notre page, nos articles sont fait pour être partagés !

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