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Voiture connectée : état des lieux

Mickael Guerin
Mickael
26 septembre 2017

Les voitures connectées sont l’avenir. Face aux risques de sécurité et de piratage, doit-on raisonnablement les conduire ?

Lors d’un COMDEX (Computer Dealer’s Exhibition, un salon informatique annuel qui s’est tenu de 1979 à Las Vegas) Bill Gates aurait déclaré: « Si General Motors avait integré les avancées technologiques aussi rapidement que l’industrie informatique, nous conduirions tous des voitures qui couteraient 200 dollars et qui consommeraient 1 litre au 100 km.» Ce à quoi GM aurait répondu  « Ce qu’a dit Bill Gates est exact. Mais qui voudrait d’une voiture qui se crash deux fois par jour ? ».

“If GM had kept up with the technology like the computer industry has, we would all be driving $25.00 cars that got 1,000 miles to the gallon.”
“If GM had kept up with the technology like the computer industry has, we would all be driving $25.00 cars that got 1,000 miles to the gallon.”

Désormais, les ingénieurs informaticiens sont très fortement impliqués dans la conception de nouvelles voitures. Et celles-ci possèdent jusqu’à une centaine d’unités de contrôle électronique dotées de microprocesseurs. Les constructeurs automobiles éliminent de plus en plus les liens mécaniques entre le conducteur et les roues ou le moteur. Les véhicules modernes accélèrent, débrayent et embrayent, contrôlent la stabilité, même parfois freinent via ces ordinateurs qui se agissent dans certaines situations dangereuses et manipulent la façon dont nous conduisons. En théorie, même les fonctions critiques pourraient être un jour sans fil, pour économiser du poids ou diminuer les coûts de production. Que dire alors des véhicules potentiellement entièrement autonomes ?

Voici quatre raisons pour lesquelles tout cela peut conduire à de vrais risques et pourquoi il faut prendre cette tendance très au sérieux:

1 – Les véhicules peuvent être piratés

Le logiciel qui exploite une voiture moderne peut avoir cent millions de lignes de code dans son logiciel – plus qu’un avion de combat moderne, un avion de ligne ou un système d’exploitation tel que Windows ou Mac OS. La probabilité de bugs et de vulnérabilités est très élevée – même si les ingénieurs logiciels ont fait de la sécurité des véhicules une priorité lors du développement, ce qui n’est pas toujours le cas. De nombreuses études ont montre les différentes vulnérabilités des logiciels de voitures, comme les Jeeps piratées. BMW a par exemple du corriger son système Connected-Drive car il laissait un accès à la climatisation et aux serrures de la voiture.

En outre, ce ne sont pas seulement des fonctions de confort, comme la climatisation ou l’auto-radio dont nous devrions nous préoccuper. Il est maintenant techniquement possible de pirater la direction, le freinage, etc., car la sécurité des logiciels dans les voitures reste aléatoire et sommaire.

2 – Il n’y a pratiquement pas d’option sûre

Un sénateur américain a estimé que pratiquement toutes les nouvelles voitures connectées ont des problèmes de sécurité informatique: systèmes d’alerte de collision avec contrôle de vitesse adaptatif, freinage d’urgence autonome, surveillance des points aveugles, ordinateur de bord. Et rien ne s’oppose à ce qu’un malware se déclenche à l’allumage du véhicule, réclamant 500€ pour reprendre son contrôle…

3 – Les voitures connectées vont être partout très bientôt.

Tout le monde sera potentiellement concerné: même si vous ne possédez pas une voiture connectée, si vous conduisez (ou même simplement marchez) dans une zone peuplée, vous serez entouré de véhicules connectés. Selon le cabinet Gartner, d’ici 2020, il y aura 250 millions de voitures sur les routes du monde.

4 – Il n’y a pas beaucoup d’information sur la sécurité informatique des véhicules.

Le côté positif, c’est que de nombreuses questions de sécurité peuvent être réglées relativement facilement. La mauvaise nouvelle est que cela se fait soit lentement, soit pas du tout. Les fabricants automobiles manquent encore d’expérience dans le traitement des logiciels malveillants et du piratage. Ils apprennent, mais les progrès sont encore trop lents, ce qui est difficilement acceptable et assez irresponsable en période de révolution informatique.

Il y a les constructeurs automobiles et puis il y a Tesla

Fut un temps où l’industrie automobile se résumait à la Rust Belt des États Unis dont la ville de Detroit a longtemps été le porte étendard. la Silicon Valley a su construire un acteur de poids sur les ruines de la crise des subprimes : Tesla.

En mettant l’effort tant sur le software que sur la technologie automobile, Tesla a conçu des véhicules dont les capacités hardware sont dissociées des capacités software. Explication : Tesla a conçu des véhicules self-driving ready, ce qui signifie que toute Tesla commercialisée aujourd’hui dispose de l’équipement mécanique et technologique pour être autonome mais que le software n’est pas encore prêt. Dans quelques années ces mêmes véhicules pourront disposer de la mise à jour à distance de leur voiture et disposer d’un véhicule autonome sans avoir à en racheter un nouveau. Cette capacité à mettre à jour le système d’exploitation des véhicules à distance représente également un gage supplémentaire de sécurité dans la mesure ou une faille de sécurité peut être corrigée en un temps record sans avoir à emmener son véhicule au garage…

Le futur : le vehicule as a service

L’industrie du logiciel a appris à fournir des mises à jour fréquentes pour corriger les problèmes de vulnérabilités. L’industrie automobile traditionnelle commence à peine, mais certains acteurs ont su anticiper ce que l’on pourrait appeler la vague de vehicule as a service. Tesla en a ete le precurseur, suivi désormais par les constructeurs historiques. Espérons que le secteur automobile saura maintenant rattraper le retard pris (10 ans selon certains spécialistes) face à Tesla..


Mickael Guerin
Ecrit par
Mickael Guerin

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