Simplifiez-vous l'innovation

#astuce
catégories

#astuce
partage

#astuce
liens internes

Cover

WeWork : les clés du succès de l’empire du coworking

LD
Lilas
30 mars 2018

Valorisé 20 milliards de dollars sept ans à peine après sa création, il semblerait que rien n’arrête WeWork.

WeWork est une entreprise de coworking qui met à disposition des bureaux partagés pour startups, indépendants et grands groupes, créée en 2010 par Adam Neumann et Miguel McKelvey. En août 2017, le groupe WeWork revendiquait une présence dans une cinquantaine de villes et 16 pays, pour un total de plus de 260 espaces de travail partagés à travers le monde. La même année, le géant japonais Softbank y a investi 4,4 milliards de dollars, portant la valorisation de l’entreprise à près de 20 milliards de dollars.

WeWork est devenu le leader mondial du coworking en un rien de temps, et il semblerait que rien n’arrête l’expansion de cette licorne. Ambition 2018 ? Compter 400 édifices dans le monde entier. Quels sont les secrets de sa réussite et les défis qui attendent l’entreprise ?

inside

Une espace de travail et une communauté

Dès l’annonce de l’investissement de Softbank en mai 2017, les langues se sont déliées. Parmi les voix critiques, celle de Scott Galloway, professeur de marketing à New York University, qui dénonce une survalorisation : “Cela voudrait dire que chaque utilisateur des espaces WeWork vaut 550,000 dollars. Si on fait le calcul, cela veut dire que l’étage que loue WeWork est plus cher que l’édifice qui héberge WeWork. Pour les fins connaisseurs de la scène tech, ces survalorisations sont légion. Mais si celle-ci surprend, c’est parce qu’on n’attendait pas cela d’une entreprise de bureaux partagés…

Quel est donc le secret de la réussite du roi du coworking ? D’abord, un positionnement opportun. Pourtant née à New York, l’entreprise a très vite su capter les codes et l’état d’esprit de la Silicon Valley. Comme le résume La Tribune, “contrairement à ses concurrents, WeWork ne se définit pas comme une société de services, mais comme une entreprise technologique. Ainsi, elle ne loue pas seulement des bureaux partagés, mais une ‘plateforme communautaire mondiale’, à laquelle se ‘connectent’ les entrepreneurs, les créateurs, les travailleurs indépendants, les PME et les grands groupes.” Ainsi, le modèle de l’entreprise est de s’adresser à la fois aux travailleurs indépendants très qualifiés (qu’ils soient développeurs freelance, “digital nomades” ou entrepreneurs) et aux grands groupes, qui veulent avoir accès à ce réservoir qualifié et attirer des talents plus jeunes. L’un des WeWork parisiens, situé dans SoPi (33 rue Lafayette), compte parmi ses 2 400 membres Thales ou encore Casino. Aux États-Unis, ce sont Microsoft, General Electric ou encore Facebook qui louent des bureaux pour certains de leurs salariés. L’avantage : un engagement de long terme que des start-ups ou entrepreneurs ne peuvent pas garantir.

Miser sur un parc immobilier attractif

Toujours selon La Tribune, “35% des utilisateurs de WeWork appartiennent à une PME de plus de 15 salariés. 14% font partie d’un grand groupe de plus de 500 salariés. Le reste sont des indépendants.” Partout où s’installe WeWork, l’entreprise propose une offre extrêmement compétitive et de qualité. En tant que membre, on gagne l’accès à un réseau international d’espaces de travail. C’est pourquoi WeWork pense ses bureaux comme des “espaces de vie”, à la fois pratiques et confortables. Cafés et boissons y sont servis gratuitement à volonté. Et les membres peuvent bénéficier des installations communes et de lieux dont l’architecture impressionne, comme le décrit Challenges : que ce soit un bâtiment historique ou un immeuble au design léché, WeWork réaménage l’édifice du sol au plafond. En 2016, un document interne avait fuité, qui rendait compte de pertes colossales (385 millions de dollars, contre un chiffre d’affaires de 585 millions de dollars), liées aux investissements immobiliers nécessaires pour construire l’ambition internationale du géant. Depuis un an, il est en effet parti à la conquête de l’Asie : Corée du Sud, Japon et Chine. Sur ce continent, We Work doit faire face à la concurrence locale, et particulièrement à l’offensive du géant chinois Urwork, à l’offre d’hébergement analogue.

Une offre globalisée pour l’entrepreneur nomade

Pour réduire les coûts de son expansion, WeWork a notamment décidé de faire des économies d’échelle. Aux États-Unis, certains de ces espaces de travail se sont ainsi diversifiés en proposant des locations d’appartements meublés de courte durée, appelés We Live. Rise by We est l’espace gym et bien-être de la compagnie, et le projet dernier-né We Grow, lui, est une école maternelle privée située à New York, au siège du groupe. Par ailleurs, l’entreprise a relancé au début du mois de mars 2018 son programme d’accélération dédié aux jeunes pousses, We Work Labs. Ces choix stratégiques montrent que l’entreprise mise de plus en plus sur une offre clef en mains pour une génération de travailleurs connectés et mobiles. Et le succès ne semble pas près de s’arrêter. Selon un rapport appelé “L’espace de travail flexible”, rédigé par la firme de consulting Colliers International, les espaces de coworking maintiendront une croissance de 30% par an et 30% des bureaux seront partagés en 2030. De quoi donner à WeWork et à sa holding We des ailes…  


LD
Ecrit par
Lilas D
Journaliste, chercheuse et consultante. Depuis Berlin, j'écris sur les enjeux sociétaux des technologies et questionne le futur que nous sommes en train de construire.
Partager
Commentaires (0)

Merci de poster votre commentaires

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

S’inscrire
à la newsletter